Pffft

9 juin 2009

Une des tites-madames de Au-l’armée est vraiment vache.

(C’est la plus vache d’entre toutes.)

Une top vache, de qualité supérieure, qui mériterait tous les honneurs à la foire régionale et sa photo dans le journal agricole local : “Une grosse vache du coin mérite la palme des vaches.”

(Hors calibre.)

“J’aimerais remercier ma mère, qui m’a mise bas au monde et qui a fait de moi la pire vache que Au-l’armée ait jamais cernée dans un enclos à tites-madames qui broutent le carré de gazon.”

C’te vache, elle me regarde avec son air-de-boeuf-point-com et ne me sourit JAMAIS en retour des sourires que je lui lance. Pire, souvent, elle rit aux éclats, tourne ses yeux vers moi et cesse brusquement de rire. Sa bouche redescend en une ligne bien mince et définie. Le coup de grasse: la grosse me tourne le dos.

(Pfft. GROS CUL D’VACHE !)

J’avoue n’avoir jamais fait cet effet à quiconque, même à un ex! Ça me fait tout drôle…

(Mais au moins, détester cette grosse vache occupe mes soirées.)

Règle générale, les autres tites-madames sont plus hypocrites. Lorsque je les rencontre seules, elle sont plus gênées (ou moins?) et me font ce sourire, demi-sourire plutôt, crispé qui veut dire bonjour : les lèvres pincées aux commissures légèrement soulevées, mais pas suffisamment pour que les yeux sourient ou que les joues se se remplissent.

Néanmoins, elles ont la politesse de signifier qu’elles m’ont vue!

(Moi je dis que cette saleté de vache qui rumine leur a monté la tête.)

J’ai pensé mettre une pancarte sur la porte arrière, celle qui donne sur l’enclos. Une image de grosse vache qui fait “mouheuh” et qui a le regard vide à machouiller un brin d’herbe du carré de gazon.

Avec un signe d’interdit, un gros rond rouge avec la barre au milieu.

(Sur fond blanc.)

Et puis, elle est tellement vache qu’il vaut mieux ajouter l’inscription : “Interdit aux grosses vaches hors calibre.”

(Arial, Gras, 42 points)

Ce soir, donc, je fumais peinarde à l’avant de la maison, là où je n’ai pas à endurer sa face de ruminant, lorsqu’elle est passée.

Elle vient de vêler, la vache, et elle portait donc son veau en sac-porte-bébé.

Et comme tout ce qui mange chie, dixit Ti-Brin, elle transportait une lourde poubelle vers le dépôt.

Son veau braillait à tout rompre, elle peinait à avancer.

J’ai eu pitié.

(Pauvre femme.)

Parce que, potineuse malgré l’ostracisme, je sais que son époux est parti au même endroit que Sonpére.

Pauvre femme, qui doit tout faire seule, le bébé et les poubelles en bandoulière… Tipiti pourrait lui donner un coup de main? Il sait maintenant tondre la pelouse et il pourrait l’aider pour d’autres petites tâches?

(hmmm)

hmmmMeuuuh

Meuhhhh

Elle passe, me regarde, me fait le plus bel air de vache qu’elle n’ait jamais produit.

Meuuuuuuh

Meuh non! Oublie ça, grosse vache! Démerde-toi avec tes emmerdes, parce que je t’emmerde maintenant plus que jamais!

Je vais même dire au monde entier, par le biais d’Internet, que tu es une maudite grosse vache d’air bête.

(Les écrits restent.)


À chacun sa routine

28 mai 2009

Aux environs de 20h00, c’est mon heure!

Je prépare du café.

La cafetière est devant la fenêtre.

Lundi, 19h53, il a fait le ménage de son 4*4 noir.

Mardi, 20h04, il a préparé le vélo de sa fillette.

Mercredi, 20h26, il a ciré ses bottes de au-l’armée.

Jeudi, 19h47, il a zigoné sous son 4*4 blanc.

Note à moi-même : vérifier télé-horaire; enquête habitudes télévisuelles de madame; émission entre 19h30 et 20h30; quotidienne.


Au l’armée militaire

2 mai 2009

Au l’armée militaire, comme dirait Tipiti, y publient un journal ici et là-bas. Comme ça, les petites madames qui s’ennuient de leurs époux lisent les mêmes nouvelles qu’eux.

Au l’armée militaire, les petites madames s’ennuient. Elles se rejoignent vers 18h00 sur le mini carré de gazon et jasent du vomi du p’tit dernier. Je fume et les écoute de loin.

«J’te jure, y’en avait partout! Charli-i-i-e, fais pas ça! [ndlr: parce qu'en plus, elles montent d'un octave, lorsqu'elles s'adressent à leur progéniture] Faque j’ai dû partir une brassée. Charlie, j’ai dit non! NON! Débarque de là! Mais tsé, avec les motons qui avaient pogné dans le tissu, fallait que j’rince avant! CHARLIE! Si tu m’écoutes pas, on rentre! Mais en rinçant, ça m’a donné le goût d’vomir. CHAR-LI-EUH! ok! C’est tout! On rentre! S’cuse-moi, j’te raconterai la suite plus tard… Elle est pas du monde, aujourd’hui!»

Et hop la petite madame qui s’ennuie #1 retourne chez elle. C’est à ce moment que la petite madame qui s’ennuie #2 (qui m’avait ignorée jusque-là) daigne me sourire. Je souris. Elle n’osera tout de même pas venir me jaser pipi-caca?

On dirait qu’elle hésite!

Je facilite sa prise de décision en me tournant pour éteindre ma cigarette dans le cendrier super-sonic que j’ai fabriqué.

Je me retourne à nouveau vers le mini carré de gazon : elle  n’y est plus. Ses 3 enfants non plus.

Quand même! Elle est désespérée, mais pas à ce point : je suis pas dans la gang! Pas mariée, et même séparée, avec un enfant qui se torche seul et un job à temps plein : elle ne voit sûrement pas ce que nous pourrions trouver d’intéressant à nous dire.

D’autres petites madames qui s’ennuient ont mis sur pied une association des conjointes de militaires. Évidemment, en tant qu’exe, je préjuge que je ne peux pas être membre de l’association. Pas plus que la grand-mère de la p’tite voisine, même si elle agit à titre de répondante pour l’enfant.

Bande de connes. Connes-jointes qui refusent l’accès aux autres.

Mais je les attends dans le détour! Même chicanée-séparée-divorcée-et-en-paix, la femme qui se reproduit avec un militaire est mariée avec au l’armée pour la vie!

Et là, et là,
quand la petite madame qui s’ennuie # 1627
aura divorcé à grands coups d’assiettes par la gueule,
et qu’elle devra continuer de s’occuper de son fils lors des absences du papa,
et qu’elle aura vraiment besoin d’aide parce qu’elle est seule,
mais qu’elle va se faire mettre dehors de l’association
pour cause de changement de titre nuptial…

À ce moment précis de son histoire, elle va comprendre.

Et je ne serai certainement pas là pour l’accueillir.