Une des tites-madames de Au-l’armée est vraiment vache.
(C’est la plus vache d’entre toutes.)
Une top vache, de qualité supérieure, qui mériterait tous les honneurs à la foire régionale et sa photo dans le journal agricole local : “Une grosse vache du coin mérite la palme des vaches.”
(Hors calibre.)
“J’aimerais remercier ma mère, qui m’a mise bas au monde et qui a fait de moi la pire vache que Au-l’armée ait jamais cernée dans un enclos à tites-madames qui broutent le carré de gazon.”
C’te vache, elle me regarde avec son air-de-boeuf-point-com et ne me sourit JAMAIS en retour des sourires que je lui lance. Pire, souvent, elle rit aux éclats, tourne ses yeux vers moi et cesse brusquement de rire. Sa bouche redescend en une ligne bien mince et définie. Le coup de grasse: la grosse me tourne le dos.
(Pfft. GROS CUL D’VACHE !)
J’avoue n’avoir jamais fait cet effet à quiconque, même à un ex! Ça me fait tout drôle…
(Mais au moins, détester cette grosse vache occupe mes soirées.)
Règle générale, les autres tites-madames sont plus hypocrites. Lorsque je les rencontre seules, elle sont plus gênées (ou moins?) et me font ce sourire, demi-sourire plutôt, crispé qui veut dire bonjour : les lèvres pincées aux commissures légèrement soulevées, mais pas suffisamment pour que les yeux sourient ou que les joues se se remplissent.
Néanmoins, elles ont la politesse de signifier qu’elles m’ont vue!
(Moi je dis que cette saleté de vache qui rumine leur a monté la tête.)
J’ai pensé mettre une pancarte sur la porte arrière, celle qui donne sur l’enclos. Une image de grosse vache qui fait “mouheuh” et qui a le regard vide à machouiller un brin d’herbe du carré de gazon.
Avec un signe d’interdit, un gros rond rouge avec la barre au milieu.
(Sur fond blanc.)
Et puis, elle est tellement vache qu’il vaut mieux ajouter l’inscription : “Interdit aux grosses vaches hors calibre.”
(Arial, Gras, 42 points)
Ce soir, donc, je fumais peinarde à l’avant de la maison, là où je n’ai pas à endurer sa face de ruminant, lorsqu’elle est passée.
Elle vient de vêler, la vache, et elle portait donc son veau en sac-porte-bébé.
Et comme tout ce qui mange chie, dixit Ti-Brin, elle transportait une lourde poubelle vers le dépôt.
Son veau braillait à tout rompre, elle peinait à avancer.
J’ai eu pitié.
(Pauvre femme.)
Parce que, potineuse malgré l’ostracisme, je sais que son époux est parti au même endroit que Sonpére.
Pauvre femme, qui doit tout faire seule, le bébé et les poubelles en bandoulière… Tipiti pourrait lui donner un coup de main? Il sait maintenant tondre la pelouse et il pourrait l’aider pour d’autres petites tâches?
(hmmm)
hmmmMeuuuh
Meuhhhh
Elle passe, me regarde, me fait le plus bel air de vache qu’elle n’ait jamais produit.
Meuuuuuuh
Meuh non! Oublie ça, grosse vache! Démerde-toi avec tes emmerdes, parce que je t’emmerde maintenant plus que jamais!
Je vais même dire au monde entier, par le biais d’Internet, que tu es une maudite grosse vache d’air bête.
(Les écrits restent.)
Publié par Lalionne
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