Il avait hâte d’y aller.
Il était inscrit depuis le mois de mai. Depuis le mois de mai, il nous cassait les pieds avec son camp multi-sports. Il avait tellement hâte!
«Je vais faire du trampoline, du soccer, du golf, des arts martiaux… Il faut que je bouge tout l’été, parce que je dois être en forme!»
Il a attendu. Tout l’été, il a attendu cette semaine. Chaque percée de soleil le voyait sortir, jouer au soccer, au basket-ball… il nageait à tous les jours.
Enfin, au dernier dimanche venu, il avait mal au ventre. Trop excité. S’endormir lui a pris des heures.
Le lundi, je suis allée avec lui au camp.
Anxieux.
Et s’il n’y avait pas d’ami intéressant? Et si…
J’ai attendu avec lui, bien qu’un service de surveillance pour tipitis comme lui soit en fonction. Ensemble, nous avons exploré les lieux. En bonnelionne, j’ai pensé que de connaître le territoire pouvait le rassurer.
À 9h00, je l’ai vu prendre son sac, puis sa cantine, inspirer bien fort, puis suivre son groupe.
Un groupe de 8-11 ans.
Intérieurement, j’ai pensé que c’était une drôle de façon de coupler les jeunes, de couper les groupes. 11 ans, c’est vieux. 8 ans, c’est bébé.
Je suis partie avec un mal de ventre, inquiète de penser qu’il pouvait ne pas aimer…
Le soir venu, mon Tipiti était tout content de sa journée. Il avait fait de l’auto-défense, de la natation, avait joué au ballon. Au souper, il nous a fait une démonstration de quelques prises d’auto-défense.
Puis…
- Tu sais, le garçon avec lequel tu as parlé, le grand de 11 ans, Olivier? Il était avec un ami plus vieux, d’un autre groupe. Son ami, il m’a dit : «Je vais te péter les dents, et ta mère ne te reconnaîtra plus.»
- QUOI????
- Puis il m’a dit : «Je vais t’encastrer les couilles dans la vitre.»
- Et toi, qu’as-tu fait?
- Je lui ai dit d’arrêter. Et je l’ai dit à son moniteur.
- Et qu’a dit le moniteur?
- Il m’a dit de l’ignorer, puis a dit à l’autre de ne plus dire ça.
Bravo pour les moniteurs!
Très inquiète en raison du manque d’action du moniteur, j’ai discuté des options avec mon Tipiti. Nous avons fait le tour du répertoire de gros mots de Sonpére, mais Tipiti ne voulait pas les utiliser. «Je ne veux pas dire de gros mots. Et je ne veux pas me battre. Je suis pacifique, moi!»
Inutile de dire que Lalionne n’a pas très bien dormi…