Mistress L. et le harem

16 août 2007

Dans son article publié sur le blogue Géniale Suzanne, Mistress L affirme ceci :

« Ouaip!  Plus j’y réfléchis, plus je me demande comment une femme adulte normalement constituée, brillante, « funny », « open », qui sait ce qu’elle veut pas (vous aurez remarqué la nuance!), etc., peut se contenter d’un seul homme dans sa vie..? – Mistress L.

Je ne connais pas Mistress L., mais je mettrais ma main qu’elle est début trentaine. Car c’est à cet âge que les femmes ont ce mode de pensée. Elles sortent souvent de leurs amours de jeune femme (que certaines ont eus nombreux), elles goûtent enfin à la liberté (personnelle, financière, sociale), et se découvrent une passion pour le surprenez-moi.

Elles arborent souvent le regard sardonique de la femme qui en a vu d’autres : «cause toujours, petit mec.» Le fait est que, début trentaine, nous finissons ENFIN par réaliser que nos petits rêves de princesses étaient… des rêves. Le prince charmant est différent. La grande désillusion.

(Pour plus de précisions sur cette théorie, il nous faudrait évidemment l’opinion du Maître ès Psy (maîtresses psy), à savoir Poisson.)

Évidemment, je généralise. Mais le fait est que ces collectionneuses de mecs (j’en étais) se trahissent souvent au matin : elles font le lit alors que l’amant est sous la douche et/ou rangent les verres de la veille et/ou font une dernière vérification avant de quitter pour s’assurer qu’elles n’ont rien oublié.

« Elle aura beau lutter, pensa Élias tristement, elle aura beau coucher avec des tas d’hommes différents et pratiquer l’échangisme, un jour elle se mariera et aura des enfants, elle croira à la fidélité et condamnera les jeunes femmes qui ressembleront à ce qu’elle a été. » — On s’habitue aux fins du monde / Martin Page (2005)

Bah… il exagère un peu, le mec, mais le fond y est. Le harem, bien que très plaisant pour son côté toujours-plaisir, fait son temps. Parce que l’amour n’y est pas, parce que l’on s’ennuie plus rapidement avec un corps qu’avec une émotion. À tout prendre, il n’est pas rare que l’un des amants croie tomber amoureux de l’autre : l’émotion est le piment de la relation.

« Toutes les qualités recherchées chez le mâle ne peuvent quand même pas se retrouver à l’intérieur (ou à l’extérieur) d’une seule de ces petites bêtes voyons!!! » — Mistress L.

Jusqu’à tout récemment, je pensais comme toi, Mistress L. Ma liste de Ce que je ne veux pas chez un mâle faisait 3 pages.

Puis Unlion m’a prouvé ceci : il y a plusieurs hommes dans un homme. Il suffit de trouver celui qui convient aux multiples femmes que nous sommes : la maîtresse exigeante, l’adolescente blessée, la petite rêveuse, la mère impatiente, la travailleuse acharnée du vendredi après-midi, la paresseuse du lundi soir, la fille du party du jeudi, etc.

« À quand le droit d’avoir plus d’un homme pour une seule femme??? Hein? À quand??? Sommes-nous trop exigeantes? » –Mistress L.

Yoy que NON!

Exigez, vous recevrez : Monlion est devenu un harem à lui tout seul, mon harem personnel. Il me COMPLÈTE bien.


Monlion, enfin!

1 août 2007

Suzanne m’avait demandé de parler de Monlion. Jusqu’à tout dernièrement, je croyais l’avoir fait, le décrivant au fil de mes billets, dévoilant peu à peu sa personnalité par mes mots. Puis, Monlion, a lu sa description dans la section «Qui est?…»

Il m’a dit : «C’est l’fun, la section où tu décris tout le monde. Moi, je suis une comparaison de tout ce monde.» J’ai compris que j’avais eu tout faux, même s’il avait trouvé sa description amusante.

Je suis certaine qu’il avait compris l’idée du pâté chinois en lui, mais mon amoureux n’est pas comme l’un ou comme l’autre… Monlion est LElion! Et, conséquemment, il mérite certainement mieux que d’être décrit par comparaison.

Alors, le voici, tel que je le vois présentement…

Monlion est comme un météorologue : il prévoit une chose, un événement, mais il faudra attendre le lendemain pour voir s’il cela aura effectivement lieu. Pas qu’il soit grand parleur, petit faiseur, pas qu’il soit procrastinateur. Simplement, pour Monlion, prévoir n’est pas planifier… Prévoir, c’est rêver ce qui pourrait arriver. Certains rêves se réalisent, d’autres demeurent des utopies.

Son amour est attentionné, même s’il le nie par ses propos ou ses gestes. Il oubliera peut-être de vous proposer un verre d’eau s’il va s’en chercher un, mais il vous apportera une friandise à la place. Romantique comme je l’aime, son amour passe par les petits gestes au quotidien, et non par une grande scène toute préparée.

Monlion est exigeant, mais prévenant. À l’instar de son BMX qu’il soigne méticuleusement et posément après une torture au fil de ses sauts, il vous demandera de surpasser vos limites pour ensuite vous traiter aux petits oignons.

«Si ça ne fait pas mal, c’est que tu n’as pas poussé assez fort.» — Monlion

Il est aussi un centre d’appel service après-vente. Patiemment, il répond à tous ceux qui l’appellent pour savoir comment faire cuire un blé d’inde, vider une laveuse qui ne fonctionne plus, réparer un ordinateur qui ne répond plus.

(«T’es en Windows?
Boot pis reboot s’en vont en bateau.
Boot tombe à l’eau
…Qui qui reste?») — Monlion

Mon sale punk, c’est aussi un punk virtuel. Pas loin du socialiste, il s’est fait le porte-étendard de Linux, brandissant son Tux et prêchant l’Open Source et le logiciel libre.

Mon chevalier binaire monte aux barricades (entendre ici les paravents corporatifs) dès qu’il le peut, affichant ses couleurs Debianesques et s’écroulant devant l’idiotie humaine. L’illogique dans le domaine de la logique dépasse la logique de mon guerrier, cela le tue comme autant de petites morts sporadiques de l’âme.

Un chevalier binaire ne se repose jamais vraiment : il monte la garde. Derrière son écran de veille, Monlion fonctionne toujours. Armé de son BlackBerry, il surveille la nuit ses serveurs Linux, ses protégés. Quiconque y posera le doigt sera puni par la loi!

Il a la fougue de la jeunesse (bande de pervers… je ne parle pas uniquement de la chambre à coucher!) et la sagesse de l’homme adulte. Il est capable de rendre nos partys-à-deux-du-jeudi plus trippants qu’un party à vingt, tout comme de discuter d’hypothèque.

Ce que j’aime plus que tout, c’est qu’il RÉFLÉCHIT. Et avant d’agir, qui plus est! Et si par malheur il ne l’a pas fait avant, il réfléchira après, mesurant et évaluant les coûts et bénéfices de ses gestes, assumant l’entière responsabilité des résultats. Du coup, j’ai confiance en son jugement, j’ai confiance en lui. Ce qui nous évite une relation où les situations fâcheuses seraient à l’ordre du jour…     

Et puis, enfin, il est facile à vivre. Il ne s’en fait pas avec des pécadilles, ne remâche pas éternellement une idée malvenue, n’anticipe pas un malheur qui n’arrivera peut-être jamais.

«Dans la vie, j’veux pas m’casser l’cul.» — Monlion

La liste est encore très longue… évidemment. J’ai coupé court, parce que déjà, je me demande si vous avez lu jusqu’à la fin. Mais s’il n’est qu’une seule chose à retenir, c’est ceci : Je l’aime.


Le beige de l’économie, partie 1

11 juin 2007

Je semble négliger mon blogue… Manque de temps, manque d’inspiration? Lalionne ne manque jamais d’inspiration. Seulement, Lalionne doit se taire en ce moment. Disons seulement que ces vieilles sagas qui étaient miennes semblent maintenant choses révolues…

De fait, maintenant, je peux vous raconter les vieilles histoires (du moins, celles qui concernent ceux qui ne lisent pas Lalionne…) Alors, pour vous, une vieille histoire, qui remonte à la nuit des temps, et qui avait fait se marrer l’amie Suzanne!

Titre : Le beige de l’économie

Mise en scène : Je travaille à la bibliothèque. Un client se pointe, jamais vu, jamais entendu parler. Il s’assoit sur mon admirachaise (la chaise en face de mon bureau, nommée ainsi par Frankie baby.) ET IL DÉBALLE! Le chien, la famille, le travail… Son pedigree en 10 minutes, je ne te raconte pas. Hmmm hmmm et oui, oui! de ma part.

Il est drôle, il me plaît : c’est un économiste! Les économistes, ce sont des rêveurs qui se justifient au moyen des chiffres. Pelleteur de nuages, bienvenue chez l’idéaliste!

Je le laisse pelleter, il me creuse un chemin, se retourne de temps en temps pour voir si je le suis. Je pense, donc je suis!

Malgré tout, un peu étourdie, je ne vois pas le coup de pelle : une invitation à souper, en bonne et due forme, avec agenda et réservation. J’accepte, parce que j’ai le cœur immédiat.

Une semaine passe, puis une autre. Un économiste, ça prévoit, ça prévaut : le rendez-vous a été pris deux semaines à l’avance. Or, chaque jour qui passe ajoute au poids de la future rencontre. C’est qu’un estie-d’économiste, s’il n’est pas doté d’un brin d’esprit pop culture, est d’un ennui mortel. La mort au quotidien, annonçant la mort véritable. Des petites interdictions de vivre que la mort vous offre par le biais d’un pelleteur de nuages qui se croit enfin vivre.

Le veille de l’événement, l’économiste prévaut toujours : «Où est-ce que je réserve?» En trois copies, il se met même lui-même en copie conforme (copie conforme de lui-même! Trop, c’est trop…), signe-en-haut-signe-en-bas, je viens d’authentifier mon testament.

JE NE VEUX PLUS Y ALLER!

Je prévois, je prévaux, comme un estie-d’économiste-à-la-con : une longue soirée, dans un resto au service d’une lenteur toute calculée (comme le reste, d’ailleurs), à m’ennuyer à mourir et à regretter que cette maudite admirachaise n’ait pas cassé en deux au bon moment. Le Bon Dieu, des fois, il pourrait pas offrir une avance sur salaire???

Je m’imagine, en train d’imaginer qu’une maison lui tombe sur la tête, comme dans le Magicien d’Oz. Je m’imagine, en train d’imaginer…

«19 heures?», qu’il me dit. Pfff.

Au point où j’en suis rendue, on pourrait pas faire ça tout de suite? Ici, right now, devant la maudite machine à café que j’ai évitée depuis deux semaines pour ne pas avoir à te croiser (avoir su que la machine à café me ferait un coup pareil la veille de l’événement!). Allez, tue-moi maintenant, qu’on en finisse!

«J’ai hâte à demain…» (On s’en doutait, tortionnaire!)


Les araignées

24 mai 2007

Comme chacun le sait, Suzanne et moi sommes unies par des toilettes.

Depuis que j’ai créé mon blogue, Suzanne a débuté le sien. De fait, par le biais de ce blogue, je découvre une autre Suzanne : une douceur, une émotivité beaucoup plus grande que ce que les toilettes peuvent déclancher en elle. Comme une odeur de…

Par contre, elle a des araignées dans le plafond. Elle est présentement en pleine étude afin de vérifier si elle a, justement, des araignées au plafond. Au demeurant, l’acte de se questionner sur un blogue concernant les araignées fait déjà office de preuve…

Visitez son blogue!

Géniale Suzanne


Le débit contrôlé, partie 3 (la fin… commencez donc à la partie 1!)

14 mai 2007

(Encore pour Suzanne)

Attention! Il s’agit de la fin de l’histoire…

Toujours le 2 février…
J’imaginais un nouvel employé, tout frais sorti du collège, qui entrerait pour sa première journée, et qui, tout au long de sa carrière,

(Il aurait fait une technique en administration. Bien apprécié, il serait passé professionnel, puis petit frame, et aurait terminé V-P. Outre le mystère de la toilette à débit d’eau contrôlé, sa seule déception professionnelle aurait été de ne jamais parvenir au poste de PDG.)

tout au long de sa carrière, dis-je, se serait interrogé sur les toilettes à débit d’eau contrôlé. Même parvenu au poste de vice-président, il n’aurait jamais su.

Et puis, je l’imaginais prendre sa retraite. Et je l’imaginais encore, à genoux dans son parterre de fleurs devant son cottage en banlieue bourgeoise, n’avoir pour seul regret professionnel, outre le poste de PDG, de n’avoir jamais su percer le mystère des toilettes à débit d’eau contrôlé.

Mais non…

Je les ai laissées, les nouvelles affiches!

Tout nouvel employé pourra donc prendre sa retraite l’esprit tranquille, dans 35 ans (sans pénalité), afin de s’occuper de ses rhododendrons sans inquiétude.

Ce que disaient ces affiches?

Toilettes à d’ébit d’eau contrôlé

Pour un meilleur fonctionnement,
veuillez tenir la chasse d’eau plus longtemps.

Sanitairement vôtre…