26
vingt-six
treize plus treize
2 douzaines, plus 2
pas un mois complet, pas même un cycle menstruel complet!
26, c’est le nombre de dodos avant le retour de Sonpére!
26
vingt-six
treize plus treize
2 douzaines, plus 2
pas un mois complet, pas même un cycle menstruel complet!
26, c’est le nombre de dodos avant le retour de Sonpére!
Sonpére est de retour… pour des vacances de 3 semaines.
Une amie de Sonpére m’a dit qu’elle partirait probablement pendant l’été pour remplacer les militaires en congé…
Vous saviez, vous, qu’à l’instar de toute administration qui se respecte, au-l’armée s’assure de remplacer les vacanciers?
Sonpére de retour, j’ai quitté mon enclos. Petit choc nerveux.
Larmes de joie de revoir Sonpére,
Larmes de tristesse de quitter mon Tipiti après 2 mois d’un-par-dessus-l’autre,
Larmes de soulagement de voir mon Tipiti retrouver Sonpére,
Larmes d’inquiétude de les imaginer renouer contact,
Larmes d’abandon dans les bras de Monlion…
Des larmes pour 2 mois.
J’en retiens quelques-unes… pour le prochain départ.
Ce n’est pas le nôtre.
“Salut, si tu regardes ou entends les nouvelles et que tu prends celle qui parle d’un Sonpére décédé en Afghanistan… Ce n’est pas le nôtre.”
“Je t’ai appelée avant que tu ne t’inquiètes : ce n’est pas le nôtre.”
Ce n’est pas le nôtre.
Mais ça aurait pu l’être.
Certes, je me réjouis plus que tous les autres que Sonpére soit sain et sauf… Mais il y a tout de même une famille qui pleure son Sonpére.
Je suis de tout coeur avec eux.
Parce que eux, tous ces Sonpére, ces maris-de-Au-l’armée,
qu’ils proviennent de n’importe où ou de nulle part;
qu’ils soient de notre côté ou du leur… ou d’un autre;
Tous, sont un peu les nôtres.
Ce n’est pas “le nôtre”,
Mais ce n’est pas “un autre”.
Une des tites-madames de Au-l’armée est vraiment vache.
(C’est la plus vache d’entre toutes.)
Une top vache, de qualité supérieure, qui mériterait tous les honneurs à la foire régionale et sa photo dans le journal agricole local : “Une grosse vache du coin mérite la palme des vaches.”
(Hors calibre.)
“J’aimerais remercier ma mère, qui m’a mise bas au monde et qui a fait de moi la pire vache que Au-l’armée ait jamais cernée dans un enclos à tites-madames qui broutent le carré de gazon.”
C’te vache, elle me regarde avec son air-de-boeuf-point-com et ne me sourit JAMAIS en retour des sourires que je lui lance. Pire, souvent, elle rit aux éclats, tourne ses yeux vers moi et cesse brusquement de rire. Sa bouche redescend en une ligne bien mince et définie. Le coup de grasse: la grosse me tourne le dos.
(Pfft. GROS CUL D’VACHE !)
J’avoue n’avoir jamais fait cet effet à quiconque, même à un ex! Ça me fait tout drôle…
(Mais au moins, détester cette grosse vache occupe mes soirées.)
Règle générale, les autres tites-madames sont plus hypocrites. Lorsque je les rencontre seules, elle sont plus gênées (ou moins?) et me font ce sourire, demi-sourire plutôt, crispé qui veut dire bonjour : les lèvres pincées aux commissures légèrement soulevées, mais pas suffisamment pour que les yeux sourient ou que les joues se se remplissent.
Néanmoins, elles ont la politesse de signifier qu’elles m’ont vue!
(Moi je dis que cette saleté de vache qui rumine leur a monté la tête.)
J’ai pensé mettre une pancarte sur la porte arrière, celle qui donne sur l’enclos. Une image de grosse vache qui fait “mouheuh” et qui a le regard vide à machouiller un brin d’herbe du carré de gazon.
Avec un signe d’interdit, un gros rond rouge avec la barre au milieu.
(Sur fond blanc.)
Et puis, elle est tellement vache qu’il vaut mieux ajouter l’inscription : “Interdit aux grosses vaches hors calibre.”
(Arial, Gras, 42 points)
Ce soir, donc, je fumais peinarde à l’avant de la maison, là où je n’ai pas à endurer sa face de ruminant, lorsqu’elle est passée.
Elle vient de vêler, la vache, et elle portait donc son veau en sac-porte-bébé.
Et comme tout ce qui mange chie, dixit Ti-Brin, elle transportait une lourde poubelle vers le dépôt.
Son veau braillait à tout rompre, elle peinait à avancer.
J’ai eu pitié.
(Pauvre femme.)
Parce que, potineuse malgré l’ostracisme, je sais que son époux est parti au même endroit que Sonpére.
Pauvre femme, qui doit tout faire seule, le bébé et les poubelles en bandoulière… Tipiti pourrait lui donner un coup de main? Il sait maintenant tondre la pelouse et il pourrait l’aider pour d’autres petites tâches?
(hmmm)
hmmmMeuuuh
Meuhhhh
Elle passe, me regarde, me fait le plus bel air de vache qu’elle n’ait jamais produit.
Meuuuuuuh
Meuh non! Oublie ça, grosse vache! Démerde-toi avec tes emmerdes, parce que je t’emmerde maintenant plus que jamais!
Je vais même dire au monde entier, par le biais d’Internet, que tu es une maudite grosse vache d’air bête.
(Les écrits restent.)
Dring
- Allo, Monlion! J’appelle pour me vanter!
- Allo, ma belle Poule. Je t’écoute!
- Aujourd’hui, c’était remise de diplômes dans la classe de Tipiti.
- À propos…?
- De livrets de lecture. Nommés du moins liseux au dévoreur. 30, 50 livrets… Il y en a même une qui en avait lu 80!
- Et…? Vante-toi, Malionne.
- Et… je cite sans y avoir été, ” Et le champion de la classe est…” Roulement de tambour.
- Tipiti!
- Ouais! Avec 85 livrets!
- Champion, Tipiti, bravo!
- Oui, et dis bravo à sa mère… C’est tout de même un peu grâce à moi! Qui c’est qui lui fait lire ses livrets?
- hmmm hmmm, Malionne.
- Quoi….
- …
- QUOI?
- Un. Tu sais très bien que tu n’as jamais eu à lui tordre le bras pour qu’il lise. Deux, tu n’oublierais pas “Bravo à Sonpére”? T’auras beau dire, il est aussi féru de lecture que toi…
- Ok, BRAVO À SONPÉRE. Mhmmpf Voilà, c’est dit. De toute façon, c’était IM-PLI-CITE.
- Plutôt, ouais!
- Mais n’empêche, une bibliothéceuse dont le fiston est champion de classe en lecture, c’est le comble du bonheur!