Vos nouvelles

1 juin 2007

Aujourd’hui, 1 juin 2007 :

  • Coco est à NY avec Bébé1 (Et vive la Princesse et son air frais!)
  • Poisson est un riche sans attaches
  • Boumba y Boumbette ont perdu Ruby le lézard dans les méandres de leur appartement
  • Sonpére marche forcément
  • Je quitte Gaétan et le Buffalo Pizza pour un futur vieux touriste riche qui m’emportera sur son vaisseau
  • Madame Bé quittera elle aussi l’édifice (Rififi!!!)
  • La mission I love You (port d’attache : Caracas) avec l’agent Bob a été avortée pour cause de taupe à l’interne
  • Soleil éclaire toujours son Pin et fait pousser une belle petite Rose
  • Le fermier vert croit que j’étais dans la classe des rejets au primaire
  • L’amour, Mon président de section, l’amouuuuur!
  • Caro est toujours aux oiseaux
  • Nos amis les pirates en salle seront-ils vraiment plus en danger? À lire sur Radio-Canada.ca
  • Bonne fête à Dupe, l’autre Akhénaton…
  • Devons-nous craindre une cyberguerre? Consultez à cet effet le commentaire de Tristan Péloquin sur son blogue
  • Ah pis… c’est la vente à 2$ chez Provigo

Tipiti et Maman…TIPITI a 6 ans! Bonne fête mon bébé!


Quand je suis devenue riche

26 mai 2007

Vendredi, j’ai réalisé que Monsieur Dufayel et l’orginal, Ramaman et le Feng shui avaient raison : j’ai sauté la barrière, j’ai saisi l’occasion au Tour de France, j’ai fait de la place dans mes armoires… Et mon nouvel emploi est entré par la grande porte.

Encore aujourd’hui, à l’ère de l’hyper-branché, de l’instantané, des conférences vidéo et des messageries directes, lorsque la bonne nouvelle s’exclame, on ne veut pas de ces bidules impersonnels.

Au 21e siècle, le téléphone qui sonne est une bonne nouvelle qui se trémousse.

On veut VIVRE sa bonne nouvelle, la signaler sur les boutons du téléphone, la répéter impatiemment dans sa tête à chaque sonnerie, la crier à l’interlocuteur avant de lui dire bonjour, et si possible, oublier de lui demander comment il va.

On voudrait la klaxonner à l’ancien ami à qui on ne parle plus (mais que l’on croise justement ce jour-là), la répéter sur tous les tons aux passants, et finalement la ressasser jusqu’à ce que l’on raccroche la ligne au nez de la dernière personne de notre carnet téléphonique (nous avions évidemment oublié de l’effacer de notre carnet pour cause de Guerre mondiale, celle-là!). Bref, on prendrait bien son porte-voix et ses panneaux d’homme-sandwich pour aller crier son avenir sur la rue!

Quand je suis devenue riche, j’ai tenté de vous appeler. Lorsque l’on a une bonne nouvelle, il n’y a personne pour l’entendre. Soit, j’ai jubilé toute seule, ou vous l’ai crié sur votre répondeur.

Au 21e siècle, les gens qui n’ont pas de répondeur sont des gens qui font patienter la nouvelle.

Vous ne perdez rien pour attendre, n’ayez crainte! Ma nouvelle sera simplement plus fignolée.

Mais… quand je suis devenue riche, mon Tipiti a réalisé que nous étions pauvres.

Nous sommes allés chez une copine de travail qui vit une vie parfaite en banlieue, mesurée à l’équerre, faite de bois teint, de maison quasi-dans-l’arbre et de Kirs d’après-midis sur le balcon géant.

Alors que nous étions seuls, j’ai demandé à Tipiti s’il aimait l’endroit. Il a répondu :

«Ils sont chanceux ; nous, on est pauvres.» — Tipiti

Et bien voilà. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre, il le réalise. Parce que Nous, on est PAUVRES. pauvre… en minuscules et pas de «s», parce qu’on n’a pas les moyens de se l’offrir.

Et même quand je suis devenue riche, vous savez bien que je ne veux pas lui offrir un monde de bois teint et d’équerre de banlieue!

Lui répondre quoi? Que l’argent ne fait pas le bonheur? Même si c’est vrai, il n’y croirait pas. À 6 ans, le bonheur, c’est de posséder une WII. Ouiiiii, une WII!

(Et ça se syndicalise, so-so-so-solidarité, ça découpe des images de Wii en guise de pancartes, ça fait du piquetage de l’autre côté du livre que l’on achève en préparant le souper ensoleillé, ça revendique, parents briseurs de grève «va te laver les mains», ça négocie une convention collective à un seul article intitulé WII et sans avantage en retour pour la partie patronale, ça argumente «Mais, Maman! Je vais te laisser jouer, des fois!»

… Lock-out «C’est l’heure d’aller au lit».)

Lui répondre quoi? Des mots, j’imagine. Seuls les mots arrivent à nous sortir d’un tel pétrin! Tipiti, ils ne sont pas chanceux!

«Apprendre la nuance. Ils sont riches ; nous, on est pauvres.» — Lalionne

Tipiti! Être riche permet uniquement de comprendre que ce n’est pas l’argent qui donne cet air de bonheur aux autres riches…

Mais être riche inquiète aussi. Garderai-je mon emploi? Mes amis m’aiment-ils parce que j’ai une WII? Suis-je en train de pourrir mon enfant? Comment être encore plus riche?

«Le sommeil inquiet est un sommeil de riche, moi, tout peut m’arriver [...]» — Le dictateur et le hamac / Daniel Pennac

Pourrai-je encore dormir sur mes deux oreilles? Aussi solidement, en étoile, en ronflant et en bavant, me permettant même la folie de la minute du matin?

(Vous savez, ce genre de minute où l’on se réveille 60 secondes avant que le réveil-matin ne sonne, où l’on replonge la tête dans l’oreiller en se comptant parmi les 5% d’élus sur Terre qui bénéficient encore d’une «grosse minute à dormir», qui pourrait, la minute, changer le cours de notre vie… On perpètre un vol d’une minute, à vol d’oiseau, un vol de banque à la volée, et l’on s’envole très loin, que l’on est bien, on engourdit, on n’entend plus… Zut, le réveil n’a pas sonné! On est en retard!)

Quand je suis devenue riche, je suis devenue moins soucieuse de mon quotidien (point.)

Mais quand je suis devenue riche, je suis devenue inquiète au quotidien (points de suspension…) 


Surnommés (Réponse à Poisson)

24 mai 2007

La majorité des visiteurs de ce site connaissent ma passion pour l’écriture. Or, j’ai fait lire dernièrement le début d’un roman en processus d’écriture à un ami.

Cet ami se questionnait sur la pertinence d’utiliser des surnoms pour mes personnages au lieu de leur donner un prénom.

Et bien, ami Poisson, voici un texte daté d’avant-question. Une réponse antidatée, mais qui représente encore ma façon de penser postdatée (le comble de l’orgueil… se citer soi-même!) :

Pourquoi avons-nous la fâcheuse habitude de toujours donner un petit nom aux gens que nous aimons? Leur prénom, pourtant, leur a été donné dès leur naissance par des gens qui les avaient attendus, chéris et aimés! Ne pourrions-nous pas nous contenter de conserver ce prénom, choisi avec soin, réfléchi, analysé et évalué? 

Mais non! Il faut leur donner un autre nom, un nom que nous avons choisi personnellement. Créer l’intimité. Pennac, dans Comme un roman décrit cette intimité par l’enfant qui apprend à écrire et qui réalise que ces lettres qu’il trace forment des syllabes, puis un mot, et que ce mot représente enfin une idée précise :

«Des petits ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C’est écrit là, devant ses yeux, mais c’est en lui que cela éclôt! Ce n’est pas une combinaison de syllabes, ce n’est pas un mot, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une maman, c’est sa maman à lui, une transmutation magique infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain – et à jamais! – cessé d’être eux-mêmes, de n’être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page […] p46-47

Nous procédons sensiblement de la même façon avec nos animaux domestiques : leur trouver un nom est la première chose que nous faisons, avant même de leur avoir présenté leur nouveau domicile. Entre autres, c’est la seule façon d’en faire l’éducation. De les domestiquer. Dans le cas d’un chien, il est recommandé de trouver un nom à deux syllabes, car l’animal parviendra à le reconnaître très rapidement. Je suis le maître et je t’aime, je te donne donc un nom que tu reconnaîtras à mon intonation et au timbre de ma voix, et auquel tu répondras. «Dodo! Viens ici! »

Et pourtant, à y regarder de plus près, nous débaptisons nos animaux domestiques de la même façon que nous débaptisons nos proches. Combien de chats ont un nom (Patte blanche, Pantoufle, Moquette) qui n’est jamais utilisé, au profit du sempiternel, mais très câlin Minou?. «Il est à qui le minou?» Une fois domestiqué, on l’apprivoise. Toutefois, lorsque Minou fait une bêtise, il redevient Patte blanche ou Pantoufle… Le pauvre Minou, tellement peu habitué à entendre son vrai nom, en vient à ne plus s’y reconnaître.

Idem pour les humains : lors de conflits dans le couple, le Gros loup, Minou, Chéri, Mon amour redevient un Robert Sauvé… (en un élan : robertsauvé! Indissociables, les prénoms et noms, en cas de frustration! Toi! Toi là, que j’identifie avec tous les noms qui figurent sur ton certificat de naissance, toi, robertsauvé, je suis très fâchée contre toi.) «Robertsauvé!!!! Tu m’avais dit huit heures!»

Est-ce à dire que le nom original ne sert qu’à déterminer l’appartenance et à faire l’éducation relationnelle, pour ensuite être remplacé par les jolis petits surnoms démontrant de façon claire l’affection et le statut de la relation? Nous sentons-nous dans l’obligation de donner un nouveau nom, une fois la relation bien établie, afin que l’être aimé ait un sentiment d’appartenance?

Domestiquons-nous nos amours, pour ensuite les apprivoiser réellement?

En somme, les surnoms sont pour moi une façon d’apprivoiser mes personnages, comme mes amis. Votre surnom représente tout ce que je vois en vous. C’est avec ce surnom que je vous imagine, que je vous aime… dans toute ma relativité.

Poisson, Coco, Sonpére, Boumba, Boumbette, Tipiti, Ti-Brin, Tappe-la-brouette, Ramaman, Flemmard, Coolap, Grominou, Frankie-Baby, Mom, Bob, Caro, Jack Bauer et tutti quanti… Pour moi, ces surnoms sont vos prénoms usuels, que j’ai choisis avec autant de soin que vos parents ont choisi l’autre…


Petit éloge de l’excès

23 mai 2007

Petit éloge de l’excès / Caryl Férey (2007)

eloge.jpgSi les petits pots et les meilleurs onguents n’ont pas toujours mon approbation, Petit éloge de l’excès fait exception. 3,95$ chez votre libraire indépendant, 144 pages pour votre cerveau récalcitrant.

Petit éloge de l’excès, ou selon Coco, Autobiographie d’une rouquine.

À prime abord, je l’avais acheté en pensant à Poisson, Maître ès excès (lire ce qui précède à voix haute, d’une traite), qui pratique l’art avec doigté, subtilité et méthode. Du titre principal aux sous-titres (Mort aux années quatre-vingt, Le monde est fou, La mort de ma vie…), tout pouvait porter à croire que j’allais y retrouver mon ami.

Et pourtant, ma lecture juste entamée, c’est Lalionne que j’y retrouve. D’emblée, l’auteur cite Raoul Vaneigem :

«Je ne rêve pas d’une révolution douce. Ma passion va à la violence du dépassement, à la violence d’une vie qui ne renonce à rien [...]»

Et puis… Ces petites assertions auxquelles on s’attache si rapidement :casimir.bmp

«J’ai grandi dans les années quatre-vingt et j’[emmerde] Casimir.»

«Petit j’étais vraiment nul : je ne connaissais pas Jacques Brel.»

Franchement, j’aime déjà. La cote temporaire de l’excès : 8/10


Lettre à Poisson

15 mai 2007

Bonjour Poisson,

Tu te souviens, notre histoire a commencé pas une lettre? Emballée, subjuguée par ta rencontre, je t’avais écrit une lettre, que j’avais même pris la peine de t’envoyer par la poste, avec timbre et tout…

Alors que je m’attendais à une réplique comme  : «Tu es folle?», tu m’avais laissée vivre ma folie. Tu y as même pris part, y ajoutant ta propre excentricité.

Puis, les écrits ont pris une large part dans notre liaison. Nous disions pratiquement plus que ce que nous vivions. J’aimais cette drôle d’union, faite de mots, de métaphores, de contradictions. Et maintenant que je dois te dire adieu, je ne trouve plus de mots… Peut-être ont-ils déjà tous été dits.

Quelle euphorie! Quelle joie, que de t’avoir eu dans ma vie! Élogieuse de la lettre du début à celle de la fin, je n’ai qu’une chose à dire : merci Poisson.

Merci, mon raffiné. 

Jamais fidèle, mais toujours loyale, je reste ici. Je t’aime beaucoup, et je demeure ton porte-avions : reviens me voir, ami Poisson, je naviguerai toujours dans tes eaux.

Lionne xxx

P.S. Qu’est-ce qu’on s’est marrés!