Reflet

6 juillet 2009

Lalionne a regardé Le Labyrinthe de Pan.

Plusieurs lui disaient depuis longtemps de le regarder, “vas-y, ça te ressemble tant!”, mais elle avait peur d’y voir ce que les autres y voyaient. Malgré l’orgueil léonin, Lalionne n’aime pas se regarder dans un miroir…

Rassemblant tout son courage, elle a tout de même regardé le film, effrayée par son propre reflet.

Coeur de pomme.

De l’autre côté du miroir, elle y a vu la cruauté du monde des adultes, les désirs inassouvis d’une enfant négligée et la peur, toujours, cette peur qui envahissait tout, même ses contes de fées.

Une réalité bien enfouie, loin dans ses souvenirs, dans le tiroir “Cauchemars, horreurs et autres pensées néfastes – NE PAS OUVRIR”, et qui d’un coup, a refait surface.

Ces gens qui me recommandent le film ne me connaissent qu’en tant qu’adulte. Qu’y reconnaissent-ils de moi? Je ne peux que présumer, mais je crois que c’est le côté “rêveur et conte de fées” du personnage principal.

Mais… Une adulte rêveuse qui croirait encore aux contes de fées? Oh là! Mais c’est vous, qui croyez aux contes de fées!

Le rêveur SAIT que les contes de fées n’existent pas. Sinon, pourquoi se réfugier dans les rêves?

Derrière chaque adulte qui vous semble avoir l’esprit trop rêveur se cache un enfant à qui on n’a pas laissé le temps de grandir…


Larmes

28 juin 2009

Sonpére est de retour… pour des vacances de 3 semaines.

Une amie de Sonpére m’a dit qu’elle partirait probablement pendant l’été pour remplacer les militaires en congé…

Vous saviez, vous, qu’à l’instar de toute administration qui se respecte, au-l’armée s’assure de remplacer les vacanciers?

Sonpére de retour, j’ai quitté mon enclos. Petit choc nerveux.

Larmes de joie de revoir Sonpére,
Larmes de tristesse de quitter mon Tipiti après 2 mois d’un-par-dessus-l’autre,
Larmes de soulagement de voir mon Tipiti retrouver Sonpére,
Larmes d’inquiétude de les imaginer renouer contact,
Larmes d’abandon dans les bras de Monlion…

Des larmes pour 2 mois.

J’en retiens quelques-unes… pour le prochain départ.


in?-Gratitude

15 juin 2009

Ce n’est pas le nôtre.

“Salut, si tu regardes ou entends les nouvelles et que tu prends celle qui parle d’un Sonpére décédé en Afghanistan… Ce n’est pas le nôtre.”

“Je t’ai appelée avant que tu ne t’inquiètes : ce n’est pas le nôtre.”

Ce n’est pas le nôtre.

Mais  ça aurait pu l’être.

Certes, je me réjouis plus que tous les autres que Sonpére soit sain et sauf… Mais il y a tout de même une famille qui pleure son Sonpére.

Je suis de tout coeur avec eux.

Parce que eux, tous ces Sonpére, ces maris-de-Au-l’armée,
qu’ils proviennent de n’importe où ou de nulle part;
qu’ils soient de notre côté ou du leur… ou d’un autre;
Tous, sont un peu les nôtres.

Ce n’est pas “le nôtre”,
Mais ce n’est pas “un autre”.


Tristesse passagère

3 juin 2009

Je ne suis pas dépressive, ni dans une situation irrécupérable. Néanmoins, et c’est le cas aujourd’hui, il m’arrive parfois de sombrer dans un état passager de tristesse et de mélancolie.

Sans vraiment désirer parvenir à identifier les raisons de mon lamentable statut, je me laisse doucement glisser dans cette ombre, bordée par l’impression nébuleuse que m’y lover quelques heures me soulagerait.

Sans combat, je m’abandonne donc à des pensées négatives, des idées noires, des scénarios catastrophes. Sadique et masochiste à la fois, je me raconte des histoires qui me torturent et me mettent dans un état pitoyable, mais je ne les empêche pas. Je les alimente.

Ray, ma psy, m’a demandé de cesser ce petit manège. Pourquoi?, que je lui ai demandé. Parce que ces pensée négatives t’empêchent d’être heureuse. Les psys voudraient toujours que l’on soit heureux. Selon eux, c’est leur boulot : permettre à l’être humain de se sentir mieux. Et pour être mieux, il FAUT être heureux!

Pauvre Ray!

Heureux… tout le temps? Sans pause café? J’ai seulement envie de pencher du côté obscur pour quelques heures et me prélasser dans la mélancolie, tu comprends?

Être mieux sans être tout à fait, à 100%, heureux… c’est impossible?

Et si, pour une fois, Ray admettait que la tristesse, la peur ou la colère sont partie intégrante de la vie, qu’elles sont nécessaires à la réalisation de l’être? Que les émotions négatives, même imaginaires, doivent également être vécues… et pleinement?

Tant pis pour la psy, je lui ai donné son bleu pour me complaire sans remords dans mes histoires.(Payer pour mentir à sa psy n’est pas un bon investissement. )

Et tant pis si certains me jugent inapte à la vie en société,  me croient dépression ou bipolaire, mais il m’arrive de broyer du noir, de me faire peur avec mes histoires inavouables, de me dire que la mort au quotidien aiderait la vie, de pleurer sans raison valable et de me prendre en pitié.

À ces juges, je dirai tout de même ceci :

  • Il y a les adolescentes qui écoutent une chanson triste en boucle pour mieux pleurer leur première peine d’amour
  • Il y a les films d’horreurs
  • Il y a les biographies best-seller de femmes battues, violées, vendues
  • Il y a Auschwitz sur la liste du patrimoine mondial de l’UNSECO
  • Il y a les sports extrêmes
  • Il y a Lalionne qui, par temps gris, se raconte des histoires de peur.

Corneille (le chanteur) complétera :

J’aimerai chaque haine comme si c’était la dernière

Pa la pa, pa!


Ciel de février

8 février 2009

Un ciel bleu Crayola 908, avec uniquement quelques nuages effilés, étirés… le peintre a oublié quelques endroits. Le soleil, enhardi par Février, s”amuse à faire des ombres chinoises sur l’écran blanc de la neige. Les arbres basculent en vagues successives, effectuant une danse folklorique en réponse au vent rageur.

Un beau dimanche.

Assise devant l’ordinateur de Monlion, observant par la fenêtre ce party naturel où l’Homme n’est invité qu’à titre d’observateur, je décroche aux trois mots : la branche du vieil arbre de la cour tente de battre son record à la corde à sauter.

Baisser les yeux, ne serait-ce qu’une seconde, descendre le regard d’un petit centimètre, et le retour sur terre serait fracassant. Horrifiant. Désolant.

Gâché, le paysage, par un homme que le Bon Dieu a dû oublier, ou laisser sur Terre pour permettre à plusieurs de gagner leur ciel.

Un ciel occulté par le cabanon, que le voisin a érigé si haut qu’il en dépasse sa maison. Un cabanon dont le deuxième étage est fenestré sur tous les côtés et sert de tour d’observation à son propriétaire pour épier les moindres gestes de l’entourage. Insatisfait de l’intérêt décroissant de ses voisins, il l’a ensuite transformé en phare : une lumière de Noël rouge  éclaire maintenant notre cuisine en permanence. Il veut que nous pensions qu’il s’agit d’une caméra.

Plus bas encore, la maison. Des objets ajoutés au fil du temps nous rappellent qu’il épie toujours, tout le temps, constamment.

Dans sa fenêtre (qui observe notre propre fenêtre), un carton sur lequel sont inscrites des injures, formulées à notre intention dans un mauvais français -ou dans un usage abusif de n’importe quelle langue. Partageant le même espace restreint, un sans-fil sur lequel il a inscrit «photos numériques» avec un feutre de mauvaise qualité doit théoriquement nous faire croire qu’il nous photographie grâce à sa ligne terrestre. Entre les deux, une autre lumière de Noël (jaune, cette fois), clignote nuit et jour dans notre cuisine.

Sur le mur extérieur, une fausse tête de chevreuil qui observe notre maison.

Sur son antenne, d’autres messages haineux, composés à partir de lettrage commercial.

Un triste décor, rappelant de tristes événements, rehaussé cet après-midi par une pelle traîneau qu’il a laissée sur son toît, n’ayant probablement pas eu le temps de terminer son travail cette nuit.

Parce que cet homme qui épie, qui injure, qui agresse, devrait être celui qu’on épie : profitant du système, il est l’heureux bénéficiaire d’une rente à vie de la CSST. Du coup, il construit et effectue l’entretien de sa maison la nuit, lorsque l’homme qui a la conscience tranquille dort sur ses deux oreilles.

Police, administration municipale, organismes gouvernementaux, tout a été tenté. Pourtant, il est toujours là et continue impunément à embêter ses voisins.

Comme tout le monde, au début, j’ai ri : quel homme sutpide!

Maintenant que nous ne sortons qu’à deux afin d’éviter de l’entendre frapper à sa fenêtre ou d’entendre les insultes qu’il nous crie du fond de sa cour, maintenant, je ne ris plus.

Maintenant que j’y pense, le ciel bleu crayola 908 est gris.

Mieux vaut changer de fenêtre ou regarder le décor imbécile de la télévision.