11 mai 2009
Je suis timide.
Bah, moi, timide?
Bah ouais. Malade de timidité. Ti-mi-di-té-ma-la-dive.
Tel un calepin Bob l’éponge, mon gros cerveau niaiseux catalogue en RCAA2, indexe plein texte et classifie en LC tous les petits événements qui vous semblent anodins, à vous, les pas timides. Une giga banque de données interne avec recherche intuitive et suggestions de lecture.
Depuis ma naissance.
J’ai dû être gênée le jour où j’ai poussé mon premier cri.
Depuis ce temps…
Réunion réunissant mon boss, mon amie collègue et son boss. Ils disent n’importe quoi, s’emplissent l’un et l’autre sans réaliser qu’ils se font emplir l’un et l’autre. Je me tais. Parce que plus tôt, j’ai pensé (rien que pensé) ouvrir la bouche pour répliquer.
J’en ai tremblé, j’ai manqué d’air, j’ai plaqué rouge. Mon coeur de pomme en compote sans sucre.
Comme des milliers d’autres, ce souvenir me reviendra en mémoire lors de la prochaine réunion pour me farder d’écarlate et accompagner l’orateur d’un halètement moulinet-à-compote-de-pommes. Et je me tairai encore. Une âme plus sensible que les autres aura peut-être compris que je n’étais pas en accord.
Si je n’étais pas timide, je rêverais de rencontrer Robert Lepage. N’est-il pas fantastique?
Si je n’étais pas si timide, je crierais même au génie comme tous les autres.
Je ne figerais pas. Je ne jouerais pas les blasées qui se retient de dire «t’es bon, on t’aime, j’aime ton travail…», parce que je n’aurais pas besoin de le lui dire : il est timide aussi. Entre timides, on se comprend. Sans mots. Sans ces mots, on pourrait discuter.
Si je n’étais pas timide, je rêverais de rencontrer Robert Lepage, et je n’aurais pas peur de gâcher mon rêve en raison de ma ti–mi-di-té.
Compote de pommes.
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Une lubie-llule, Une rêveuse, Une travailleuse, Unelionne | Tagué : bibliothécage, coeur de pomme, héros et modèles, patron, timidité |
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Publié par Lalionne
17 mai 2007
Sonpère est un artiste. Avec 6 mètres carrés de tissu et une brocheuse, il arrive à retaper un sofa.
Sonpère est savant. De toutes les personnes de ma vie, il est celui qui connaît le plus de jurons. Il arrive à faire descendre des saints que personne d’autre ne connaît.
Sonpère est patient. Il vous invitera à manger des crêpes pour déjeuner, et vous les mangerez à midi. (Interdiction de soupirer). «C’est long, mais ça va être ben faite.»
Sonpère est amusant. Ne vous surprenez pas de trouver de la pâte de grenouille chinoise dans votre crème glacée.
Sonpère a le coeur tendre. Il adopte tous les chiens en mal de propriétaire.
Sonpère est lucide. Il met en adoption dès le lendemain les chiens en mal de propriétaire.
Sonpère est propre. Il cire même le dessous de ses bottes.
Sonpère est ordonné. Il m’invite une fois par mois parce qu’il sait que je ferai le ménage de nos papiers communs.
Sonpère est juste et équitable. À prime abord, vous êtes tous des faux jetons. À vous de faire vos preuves par la suite!
Sonpère, Béru, pour notre Tipiti, tu es un héros. Pour moi, tu es le héros que je voulais lui donner.
Ta cote d’anniversaire : 10/10
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Une ex | Tagué : héros et modèles, Sonpére, Tipiti |
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Publié par Lalionne
12 mai 2007
La petite marchande de prose / Daniel Pennac
De loin, Pennac demeure mon favori. Son style d’écriture, ses longues parenthèses et ses personnages caractéristiques me font littéralement craquer.
Troisième de la série Malaussène, celui-ci est mon préféré. À mon avis, là où tout se met réellement en forme, parce que, comme Julie, nous réalisons l’ampleur de notre amour pour Benjamin. Sentiment subtil jusque là, l’attachement au porte-avions Benjamin devient nécessaire.
Quelques citations:
- Écoute, ou tu as envie de parler, ou tu as besoin de te taire, mais dans les deux cas, je te paye un canon. (p. 38)
- [...] il s’amène avec son sujet de conversation, comme on apporte son bifteck. (p. 50)
- Le pire, dans le pire, c’est l’attente du pire. (p. 62)
- Les couloirs des éditions du Talion sont encombrés de premières personnes du singulier qui n’écrivent que pour devenir des troisièmes personnes publiques. (p. 114)
- Savoir ce qu’un boulot rapporte, mais savoir aussi ce qu’il vous coûte. (p. 119)
- Oh! je sais, ça ne fera pas son bonheur [l'argent], mais ça lui évitera au moins de penser que l’argent fait le bonheur des autres. (p. 123)
- COUDRIER: Dites-moi, Thian, jusqu’où peut aller une femme quand elle a décidé de venger l’homme qu’elle aime?
VAN THIAN : …
COUDRIER : …
VAN THIAN : Au moins, oui. (p. 219)
- Quand la vie ne tient qu’à un fil, c’est fou le prix du fil! (p. 229)
- Les exécutions ont toujours lieu à l’aube, histoire de nous faucher une vie plus un jour. (p. 262)
- [...] ce sont nos certitudes qui nous ménagent les pires surprises! (p. 279)
- La vérité vient rarement des réponses que tu reçois, Thian, la vérité naît de l’enchaînement logique des questions que tu poses. (p. 309)
- Les mots, commes les armes, partent parfois tout seuls. (p. 319)
- Je ne suis pas un tueur, moi, répondit-elle, je ne résous pas les problèmes en les supprimant. (p. 362)
- La vie rend sage — la mort l’approuve. (p. 397)
- La vie n’est pas un roman, je sais… je sais. Mais il n’y a que le romanesque pour la rendre vivable. (p. 405: post-scriptum)
Sa cote : 10/10
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Publié par Lalionne