«Je prie pour Sonpére à tous les soirs. Je passe par la Sainte Vierge : c’est une mère, alors elle comprend bien ces choses-là.»
– Gren’Ma
Prier
14 mai 2009Au clair de la lune
9 juin 2008L’envie d’écrire me surprend comme l’envie de fumer, sauf que l’envie de fumer est plus forte. Alors je parle à la lune au lieu de parler à mon clavier. (Je devrais peut-être arrêter de fumer.)
(fumage 101 pour non-fumeurs)
(Aspire) Elle a l’air d’un croissant au beurre;
(Expire) Il y a peu, elle était ronde, femme enceinte de bonheur.
(Aspire) Courte inspiration, passe une idée;
(Expire) Dans un souffle, elle s’envole en fumée.
(Aspire) Le voisin a sorti son équipement;
(Expire) Ses plantes tournoient joyeusement.
(Et ainsi de suite, vous n’êtes pas des caves!)
La p’tite No-Mi jolie a quitté pour la banlieue;
Remplacée par une dame voilée fuyant notre bonjour comme notre Dieu.
Boumba promène son fier-toutou;
Boumbette, la jambe dans une botte-attelle, itou.
Ramama doit certainement dormir;
Car Tipiti, dans son sommeil, soupire.
J’aurais envie de mettre une boîte à fleurs sur la rambarde.
Beau projet.
(Éteindre la cigarette)
Et la lune poursuit son régime bipolaire au rythme de la vie qui suit son cours.
Bonjour à vous tous! Je me suis ennuyée!
Je me souviens
21 avril 2008- Je me souviens d’avoir lu hier un livre dont le titre est Je me souviens d’avoirs cherché oxymoron dans le dictionnaire.
- Je me souviens du lit à 4 étages au chalet de ski de ma copine. J’avais celui du haut!
- Je me souviens qu’en troisième du primaire, notre toilette a débordé, et que Marie, ma copine en visite, m’a dit que c’était peut-être un coeur de pomme qui obstruait le passage. Lorsque le plombier a plongé ses outils dans la toilette, il y a trouvé un coeur de pomme. J’ai trouvé Marie très intelligente d’avoir deviné que c’était un coeur de pomme.
- Je me souviens que Sonpére laissait toujours ses pantalons, ses boxers et ses bas en tas au pied du lit, comme s’il voulait les enfiler au matin. Je me souviens qu’après 7 jours, il y avait 7 tas à mettre dans la lessiveuse.
- Je me souviens d’avoir eu un coloc qui nous énervait, Boumba et moi, parce qu’au lieu de rincer son rasoir entre chaque séquence, il donnait des coups sur l’évier pour le vider. Il était infirmier. Il se levait à 6 heures du matin.
- Je me souviens qu’en réponse à une question concernant les plantes, Ti-Brin m’a dit cette phrase célèbre : «Tout ce qui mange chie.»
- Je me souviens du tourne-disque et du petit truc en plastique qu’on devait mettre au milieu lorsqu’on jouait un 45 tours.
- Je me souviens que dans les années 80, Ramaman portait un foulard roulé et noué en bandeau-à-la-Rambo sur le front.
- Je me souviens qu’en secondaire 3, j’ai prêté mes souliers à Julie parce qu’elle avait oublié les siens dans l’autobus en venant à l’école le matin. Le même jour, au retour de l’école, elle a oublié mes souliers dans l’autobus.
- Je me souviens qu’à 5 ans, m’étant coupé la joue, j’avais une grosse cicatrice et que le médecin disait que j’aurais peut-être besoin d’une chirurgie plastique. Je le croyais.
- Je me souviens que Boumba me disait que j’allais avoir une joue en plastique. Je le croyais.
- Je me souviens que l’infirmière qui m’a recousu la joue avait le même prénom que moi, et que c’est ainsi que j’ai compris que nous ne changions pas de prénom devenus adultes.
- Je me souviens de la bouteille-ouvre-bouteille de Miller.
- Je me souviens d’avoir fait exploser une enveloppe de ketchup sur mes pantalons blancs, ainsi que sur ceux de Boumba, juste avant d’aller à la messe. J’ai été punie.
- Je me souviens d’avoir voulu faire bouillir de l’eau et de m’être dit que le rond de la cuisinière ne savait pas ce qu’on y mettait, alors l’eau pouvait être chaude ou froide… le temps serait le même.
- Je me souviens qu’en 1994, mon copain et moi avons pris «une pause» plutôt que de rompre. Il est maintenant marié et a deux enfants. La pause dure toujours.
- Je me souviens des croque-oignons au McDonald’s.
- Je me souviens que mon surnom était Bidule, et qu’à la fête du Canada, un clown répondant au nom de Bidule était venu me parler. J’ai pleuré.
- Je me souviens des voiliers de 1984 et du poncho en plastique jaune du genre k-way que tout le monde avait.
- Je me souviens qu’en quatrième année, ma prof s’appelait Carmelle et qu’elle était toujours fâchée. Elle m’avait engueulée parce que j’avais oublié mon Nouveau Testament, et m’avait prêté le sien «parce que la charité est chrétienne.»
- Je me souviens d’avoir mâchouillé les lacets de mon gant de baseball. Ça goûte salé.
Ramaman et la bonne nouvelle
4 octobre 2007Amis pauvres et québécois-canadiens (pour les autres, désolée : ce «faux bénéfice» ne s’applique qu’ici… avez-vous un équivalent?), à vos bourses!
Ramaman se fait un devoir d’être l’oiseau de bonheur du chèque prévu mais oublié. Elle n’a jamais sauté un rappel, elle n’a jamais annoncé en retard.
Le chèque de retour de TPS sera déposé demain, 5 octobre.
Dépensez les taxes que payez d’emblée!
(Et, par la bande, payez à nouveau les taxes…)
Accommodements raisonnables
23 septembre 2007Ils sont mes voisins. Ils sont les amis de Tipiti. Ils sont mes collègues.
Aujourd’hui, au feu rouge, j’observe les passagers de la voisine-voiture. Musulmans. La femme me regarde, et je sens son insistance : «Allez, honnêtement, que penses-tu de moi, ainsi voilée?»
Ce que j’en pense, ce que j’en pense… Là, tu m’en colles une!
Le regard un peu frondeur, tout comme j’ai pu l’envoyer lorsque, adolescente, je portais des pantalons en vinyle argent. «Vas-y, amuse-toi si tu l’oses! Je te lancerai un de ces regards de dédain…!»
La Commission Bouchard-Taylor se penche présentement sur les accommodements reliés aux différences culturelles. De quelle couleur? De quelle saveur? Et bla, et bla. Penchez-vous, que je vous botte le derrière!
J’avoue ne jamais avoir réfléchi à la nécessité de statuer sur l’état culturel, la couleur ou les téléromans regardés par les gens que je croise…
Parce que, pour moi, la différence culturelle est partout, même au sein de la sacro-sainte société québécoise. Monlion est un sale punk qui rock ses minous, Boumba est un geek qui vit dans un monde virtuel, Boumbette respire l’art, Sonpére suit les codes militaires, Tipiti est dans la lune, je suis unelionne, Ramaman se couche à 18h30… Parlons-en, de la diversité culturelle! Vive le pâté chinois!
Paraît que MamandeMonlion, elle ne mettait pas de maïs dans son pâté chinois. Monlion a été renversé de sa chaise, lorsqu’il a croisé pour la première fois le maïs dans celui de son ami. N’ayant jamais connu autre chose que le pâté-chinois-sans-maïs, il a considéré comme «différente» cette nouvelle présentation, et s’y est accommodé. Il n’a pas pour autant créé une Commission Monlion sur l’accommodement!
Et puis, depuis cette maudite Commission, j’accorde une attention à des différences qui me laissaient indifférente pour cause de non-différence, parce que je vois ces regards qui me questionnent : «Toi, que penses-tu de mon voile?»
Ce que j’en pense, ce que j’en pense… T’as pas une autre question que celle-là?
En fait, cette satanée Commission a éveillé le sentiment de différence chez ceux qui, comme moi, n’en voyaient pas vraiment. Et ce sentiment est de surcroît signifié et mis en lumière par ceux qui sont théoriquement «accommodés».
Car maintenant, je vois la différence. Maintenant, ces gens dont les pratiques religieuses, le code vestimentaire et le choix de mode de vie sont questionnés en pleine Commission vivent avec un sentiment de paranoïa : le sentiment que tout le monde parle d’eux, au souper, à la télé, à la radio, dans l’auto…
Et je me questionne à mon tour. Cette Commission n’a-t-elle pas comme unique effet que de nous faire TOUS sentir différents?
Avec du ketchup?
Ou de la moutarde!
Oignons…
Tranche de pain beurrée!
Ce que j’en pense, ce que j’en pense… Tu veux vraiment savoir?
Porte ton voile tant que tu veux…
Mais laisse-moi porter mes ailes delionne.
Publié par Lalionne
Publié par Lalionne
Publié par Lalionne