Carnior

15 juillet 2009

Elle a 22 ans.

Elle relate ses soirées endiablées, ses rencontres, ses nuits complètes de sexe …

Elle a l’assurance de la jeunesse, elle sait qu’elle plaît, elle sait ce qu’elle veut. Elle sait.

Une belle période d’insouciance, celle où la jeune fille croit que la chanson Dancing Queen a été jouée spécialement pour elle dans ce bar où elle dansait… (je sais, mon exemple est démodé)

En la lisant pour la première fois, je sens la jalousie qui pointe : quelle jeune femme libre et confiante!

Je n’ai jamais eu cette confiance qu’elle a, je ne me suis jamais sentie aussi libre, mais j’ai déjà été un peu elle. Je crois même maintenant me souvenir de prénoms masculins qu’elle avait volontairement oubliés.

Mais j’étais plus jeune. Et je ne bloguais pas.

À son âge,  j’en avais assez des virées dans les bars et je n’aspirais plus qu’à une chose : me reposer. À 22 ans, ma virée s’est faite à l’hosto. Je me sentais tellement vieille, j’étais si fatiguée! À 22 ans, je suis morte un peu. Elle est morte.

Mais à 22 ans…

À 22 ans, ma vie a changé de cap : je suis devenue enceinte jusqu’aux oreilles!

Depuis, je rajeunis.

Maintenant que mon 31e anniversaire arrive à grands pas, ça sent le shortcake aux fraises et le ballon prisonnier, et je ne suis plus fatiguée. Je vis.

Je me sens maintenant tellement jeune, plus jeune qu’à 22 ans.

A. Je n’ai pas 22 ans, DONC je ne relate pas mes activités nocturnes sur mon blogue.

B. Je n’ai pas 22 ans, CAR je ne relate pas mes activités nocturnes sur mon blogue.

C. Je n’ai pas 22 ans ET je ne relate pas mes activités nocturnes sur mon blogue.

Je n’ai plus 22 ans, et c’est tant mieux : à 22 ans, j’étais tellement vieille…

Maintenant que c’est clair, je retourne sans jalousie lire ses billets.


Pléonasme

27 mai 2009

En français, l’usage de la cédille ne se fait qu’avec le «c».

Or, lorsqu’on épelle un mot qui comprend une cédille, comme le mot «français»,  on fait ainsi :

f-r-a-n-C cédille-a-i-s

Cé-cédille…

Je me demande : du moment où l’on nomme la cédille, le cé épelé devant est-il nécessaire?

f-r-a-n-cédille-a-i-s.

voilà!


Ces petits riens

21 mai 2009

Assise dans mon véhicule devant le terrain de soccer, j’attends que les amis du bureau se présentent au rendez-vous qu’ils m’ont donné. 1 heure plus tard, je les croise dans le corridor de notre édifice et ils m’annoncent que la partie a été annulée.

Toujours assise dans mon véhicule, j’observe une dame qui élimine les petits cailloux de son entrée d’asphalte à l’aide du boyau d’arrosage. J’entends à la radio qu’on annonce pour ce soir une pluie torrentielle accompagnée de vents violents. Au mieux, la pluie aurait pu faire le travail à sa place. Au pire, elle devra recommencer après la pluie et les vents.

L’homme arrive avec son nouveau pick-up rutilant. Il habite en ville. Il fait 10 km sur le boulevard pour se rendre au travail, 10 pour en revenir. Il n’a pas de chalet, pas de terre à bois, pas d’ami qui déménage, pas de roulotte à traîner. Sa femme me dit : «Il en voulait un depuis tellement longtemps, alors il s’est gâté.» Elle me fait un clin d’oeil complice, du genre j’ai-cédé-à-son-caprice.

Il est adossé au poteau sur lequel se trouve le cendrier. Il parle, me raconte sa fin de semaine, fume, pompe et pompe. Il termine son discours en laissant tomber le mégot à ses pieds. Il quitte.

La direction nous fait parvenir un courriel. Les points importants sont mis en évidence par l’usage du bleu électrique ET du soulignement… sans hyperlien.

Parfois, je me demande si certains croient qu’ils sont si importants que leur monde est à part.


Réponse à Val

20 mai 2009

Très chère Val,

Pour un Québécois, une brosse équivaut à une cuite (c’est ainsi qu’on le dit?) en France. Ce mot peut être utilisé comme verbe, comme complément du nom, comme nom, comme adjectif…

Usage courant :

  • Hier, j’ai pris une brosse avec les chums.
  • Ça s’annonçait tranquille, mais finalement, on a brossé jusqu’à 5 heures du matin.
  • J’étais sur la grosse brosse quand ma blonde est arrivée de son shift de nuit.
  • Faque à matin, j’me sentais encore lendemain-de-brosse quand je suis parti travailler.

Usage régional :

  • Aye, lui, il est de brosse en cimonac!