Tu es parti la semaine dernière.
Lundi, tu étais en réunion, puis tu as discuté avec tes anciens collègues et amis sur les étages.
Derniers tests. Je vais tellement m’ennuyer! Il faut que demain soit parfait!
Mardi, tu as été acclamé lors du 5 à 7 que Lamie et moi avions organisé pour toi, et tu as pleuré en regardant la vidéo que nous t’avions préparé.
Te voir heureux a été ma récompense…
Mercredi, je t’ai vu sur mon étage. Tu visitais tes amis du premier pour faire tes adieux. Tu m’as dit : «Si je n’ai pas le temps de venir vous parler avant mon départ, venez me voir à mon bureau. Je pars vendredi à midi.»
Si je n’ai pas le temps? Mais tu prends le temps de visiter tous les autres!
Ce jour-là, j’ai effacé ton nom sur le dossier rouge pour y inscrire le nom du nouveau.
Jeudi, tu es passé au Centre de doc. All-in était là. Tu lui as fait tes adieux.
Puis, à Perroquète et à moi, tu nous as dit : «Si je n’ai pas le temps de venir vous parler avant mon départ, venez me voir à mon bureau. Je pars vendredi à midi.»
On est jeudi pm… Nous sommes là, tu es là. Ne t’en fais pas, nous ne sommes pas regardantes sur le minuit-moins-une : 24 heures avant le départ nous conviendrait parfaitement, comme décompte.
Perroquète a pleuré.
Vendredi, à 10h30, comme tu n’étais toujours pas venu nous voir, je suis allée…
Tu m’as fait asseoir. Tu m’as dit que tu avais lu le billet que j’avais écrit à ton propos sur Pâté chinois. Tu l’as lu, point.
Tu m’as montré en riant le seul dossier qui restait sur ton bureau. C’était le dossier que nous menions ensemble. Le seul dossier que tu n’as pas clos. Pas de temps.
Tu connais Céline? Le dernier dossier qui reste sera le premier sur la pile du nouveau…
Nous avons certainement discuté, parce que ma bouche bougeait.
Plus rien à cirer… À l’image de… Comme il fait beau!
Perroquète est allée te voir à 11h30. Tu n’as pas pris la peine de la faire entrer dans ton bureau.
Amertume.
De retour au Centre de doc, elle a pleuré.
Sais-tu qu’elle a pleuré?
Tu veux savoir?
Pour la consoler, j’ai dit à Perroquète ce que Monlion m’avait dit pour me consoler, moi : «Si c’est le souvenir qu’il désire vous laisser, ça ne vaut pas la peine de pleurer pour lui…»
Bien dit, Monlion.
Je persiste et signe : Patron était un bon patron.
C’est tout.
Publié par Lalionne
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