Le beige de l’économie, partie 2

11 juin 2007

Et on poursuit…

Le lendemain, je déprime : couillonne, va! Même pas capable d’annuler un rendez-vous! J’ai pensé faire appel au Programme d’aide aux employés, aller voir la psy de service pour me faire déclarer inapte à la vie sociale. Meuh non!!! Trop franche ou trop honnête pour inventer, incapable de dire non à un estie-d’économiste-à-la-con-de-premier-ordre, de dire que je n’ai pas envie, JE N’AI PAS ENVIE, de gâcher ma soirée avec lui.

Il m’écrit un mail : «J’ai réservé à 19 heures, comme prévu (ça prévaut, j’imagine?)… J’espère que tu seras là à l’heure et de bonne humeur.» DE BONNE HUMEUR! De mémoire de femme, jamais invitation n’a parue si hostile.

À l’heure. De bonne humeur… De bonne humeur! De-bon-ou-MEURS!

À tout le moins, à la dernière minute, j’arrive à rendre ma mort plus douce : Et si on changeait les plans? Si on mangeait de la pizza (j’ai horreur de la pizza… suis-je devenue mon propre bourreau?), effoirés par terre dans mon salon?

La tête de l’économiste! Changer les plans? Sans préavis sur ce qui prévaut? Lourd, lourd, lourd… Je me demande s’il va faire une crise cardiaque. Je me demande s’il fait une crise cardiaque à chaque fois que ses maudites pantoufles d’estie-d’économiste-à-la-con-de-premier-ordre-diplômé ne sont pas là où il croit pouvoir les trouver.

«19 heures?», qu’il me dit. Pfff

Arrivée chez moi (bénies soyons-nous Caro!), l’appart est dans un état désastreux. LE BORDEL. Bien!!!! Et l’angélus de sonner le glas de ma belle vie : plus qu’une heure avant ma descente aux enfers.

Mon amie, le genre d’amie que tout le monde souhaite avoir en de telles circonstances, se pointe sur le dernier son de cloche. Elle parle beaucoup, rit fort, prend de la place, et surtout, surtout, elle ne décolle plus! Bien!!! Très Bien!!!

19 heures moins deux. On frappe à la porte.

«J’avais peur d’arriver en retard, alors j’ai prévu un peu plus de temps.» J’imagine, oui, que t’as prévu. Et il accuse le coup (crise cardiaque) : dans mon salon, qu’il avait prévu vide, se trouve une personne. Qui plus est, cette personne semble bien installée, comme si elle restait. Présentations, salut-salut. Il prévoit qu’elle partira dans combien de temps?

20 heures. L’amie met son manteau.

- Dis, l’amie, on s’en fume une su’l balcon avant que tu partes?
- J’avais pas l’intention de partir tout de suite!
- …
- …
- Hihihihi!


Vos nouvelles

1 juin 2007

Aujourd’hui, 1 juin 2007 :

  • Coco est à NY avec Bébé1 (Et vive la Princesse et son air frais!)
  • Poisson est un riche sans attaches
  • Boumba y Boumbette ont perdu Ruby le lézard dans les méandres de leur appartement
  • Sonpére marche forcément
  • Je quitte Gaétan et le Buffalo Pizza pour un futur vieux touriste riche qui m’emportera sur son vaisseau
  • Madame Bé quittera elle aussi l’édifice (Rififi!!!)
  • La mission I love You (port d’attache : Caracas) avec l’agent Bob a été avortée pour cause de taupe à l’interne
  • Soleil éclaire toujours son Pin et fait pousser une belle petite Rose
  • Le fermier vert croit que j’étais dans la classe des rejets au primaire
  • L’amour, Mon président de section, l’amouuuuur!
  • Caro est toujours aux oiseaux
  • Nos amis les pirates en salle seront-ils vraiment plus en danger? À lire sur Radio-Canada.ca
  • Bonne fête à Dupe, l’autre Akhénaton…
  • Devons-nous craindre une cyberguerre? Consultez à cet effet le commentaire de Tristan Péloquin sur son blogue
  • Ah pis… c’est la vente à 2$ chez Provigo

Tipiti et Maman…TIPITI a 6 ans! Bonne fête mon bébé!


Surnommés (Réponse à Poisson)

24 mai 2007

La majorité des visiteurs de ce site connaissent ma passion pour l’écriture. Or, j’ai fait lire dernièrement le début d’un roman en processus d’écriture à un ami.

Cet ami se questionnait sur la pertinence d’utiliser des surnoms pour mes personnages au lieu de leur donner un prénom.

Et bien, ami Poisson, voici un texte daté d’avant-question. Une réponse antidatée, mais qui représente encore ma façon de penser postdatée (le comble de l’orgueil… se citer soi-même!) :

Pourquoi avons-nous la fâcheuse habitude de toujours donner un petit nom aux gens que nous aimons? Leur prénom, pourtant, leur a été donné dès leur naissance par des gens qui les avaient attendus, chéris et aimés! Ne pourrions-nous pas nous contenter de conserver ce prénom, choisi avec soin, réfléchi, analysé et évalué? 

Mais non! Il faut leur donner un autre nom, un nom que nous avons choisi personnellement. Créer l’intimité. Pennac, dans Comme un roman décrit cette intimité par l’enfant qui apprend à écrire et qui réalise que ces lettres qu’il trace forment des syllabes, puis un mot, et que ce mot représente enfin une idée précise :

«Des petits ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C’est écrit là, devant ses yeux, mais c’est en lui que cela éclôt! Ce n’est pas une combinaison de syllabes, ce n’est pas un mot, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une maman, c’est sa maman à lui, une transmutation magique infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain – et à jamais! – cessé d’être eux-mêmes, de n’être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page […] p46-47

Nous procédons sensiblement de la même façon avec nos animaux domestiques : leur trouver un nom est la première chose que nous faisons, avant même de leur avoir présenté leur nouveau domicile. Entre autres, c’est la seule façon d’en faire l’éducation. De les domestiquer. Dans le cas d’un chien, il est recommandé de trouver un nom à deux syllabes, car l’animal parviendra à le reconnaître très rapidement. Je suis le maître et je t’aime, je te donne donc un nom que tu reconnaîtras à mon intonation et au timbre de ma voix, et auquel tu répondras. «Dodo! Viens ici! »

Et pourtant, à y regarder de plus près, nous débaptisons nos animaux domestiques de la même façon que nous débaptisons nos proches. Combien de chats ont un nom (Patte blanche, Pantoufle, Moquette) qui n’est jamais utilisé, au profit du sempiternel, mais très câlin Minou?. «Il est à qui le minou?» Une fois domestiqué, on l’apprivoise. Toutefois, lorsque Minou fait une bêtise, il redevient Patte blanche ou Pantoufle… Le pauvre Minou, tellement peu habitué à entendre son vrai nom, en vient à ne plus s’y reconnaître.

Idem pour les humains : lors de conflits dans le couple, le Gros loup, Minou, Chéri, Mon amour redevient un Robert Sauvé… (en un élan : robertsauvé! Indissociables, les prénoms et noms, en cas de frustration! Toi! Toi là, que j’identifie avec tous les noms qui figurent sur ton certificat de naissance, toi, robertsauvé, je suis très fâchée contre toi.) «Robertsauvé!!!! Tu m’avais dit huit heures!»

Est-ce à dire que le nom original ne sert qu’à déterminer l’appartenance et à faire l’éducation relationnelle, pour ensuite être remplacé par les jolis petits surnoms démontrant de façon claire l’affection et le statut de la relation? Nous sentons-nous dans l’obligation de donner un nouveau nom, une fois la relation bien établie, afin que l’être aimé ait un sentiment d’appartenance?

Domestiquons-nous nos amours, pour ensuite les apprivoiser réellement?

En somme, les surnoms sont pour moi une façon d’apprivoiser mes personnages, comme mes amis. Votre surnom représente tout ce que je vois en vous. C’est avec ce surnom que je vous imagine, que je vous aime… dans toute ma relativité.

Poisson, Coco, Sonpére, Boumba, Boumbette, Tipiti, Ti-Brin, Tappe-la-brouette, Ramaman, Flemmard, Coolap, Grominou, Frankie-Baby, Mom, Bob, Caro, Jack Bauer et tutti quanti… Pour moi, ces surnoms sont vos prénoms usuels, que j’ai choisis avec autant de soin que vos parents ont choisi l’autre…