Bonne fête!

30 juillet 2007

Vieillir, c’est constater que nous aimons…

Le 27, je me suis levée SANS ÊTRE MARABOUT. J’ai regardé Monlion, et je me suis dit : «je l’aime». Je t’aime, Monlion.

Je suis allée me procurer du tabac. La jeune fille, de toute évidence plus jeune que moi, m’a demandé mes cartes. Aujourd’hui, tu peux me les demander tant que tu veux, ma belle… c’est signe que je ne vieillis pas! Je l’ai aimée ce court instant.

Je suis arrivée au travail, et dans le stationnement, mes collègues m’ont chanté «Joyeux anniversaire». Mes collègues sont gentils et je les aime.

J’ai mis sous tension ma bien-aimée machine, et j’ai lu les courriels de mes autres collègues. Ceux-là aussi, je les aime.

J’ai dîné avec Germaine la capitaine. Elle est hot, Germaine. Je l’aime!

J’ai répondu au téléphone pour le reste de la journée. Ma famille, je vous aime.

Le soir venu, j’ai quitté mon travail. Mes vacances, je vous aime.

J’ai rejoint avec Monlion (Je t’aime encore) mon Tipiti (Je t’aime), Ramama (Je t’aime encore), Boumba y Boumbette (Je vous aime), Caro (Je t’aime), et nous avons soupé au resto (mon bedon, je t’aime).

Enfin, j’ai lu mes mails outre-mer (Fraisinette, je t’aime), encore répondu au téléphone (mes amis, je vous aime).

Et puis…

J’ai fini la soirée exténuée, les jambes surélevées, parce que je faisais de la rétention d’eau.

On se fait «carter» au lever pour notre air de jeunesse; on se fait proposer une pilule au coucher pour notre air de vieillesse.

Vieillir, c’est constater que nous aimons… et que nous vieillissons.


Vos nouvelles

1 juin 2007

Aujourd’hui, 1 juin 2007 :

  • Coco est à NY avec Bébé1 (Et vive la Princesse et son air frais!)
  • Poisson est un riche sans attaches
  • Boumba y Boumbette ont perdu Ruby le lézard dans les méandres de leur appartement
  • Sonpére marche forcément
  • Je quitte Gaétan et le Buffalo Pizza pour un futur vieux touriste riche qui m’emportera sur son vaisseau
  • Madame Bé quittera elle aussi l’édifice (Rififi!!!)
  • La mission I love You (port d’attache : Caracas) avec l’agent Bob a été avortée pour cause de taupe à l’interne
  • Soleil éclaire toujours son Pin et fait pousser une belle petite Rose
  • Le fermier vert croit que j’étais dans la classe des rejets au primaire
  • L’amour, Mon président de section, l’amouuuuur!
  • Caro est toujours aux oiseaux
  • Nos amis les pirates en salle seront-ils vraiment plus en danger? À lire sur Radio-Canada.ca
  • Bonne fête à Dupe, l’autre Akhénaton…
  • Devons-nous craindre une cyberguerre? Consultez à cet effet le commentaire de Tristan Péloquin sur son blogue
  • Ah pis… c’est la vente à 2$ chez Provigo

Tipiti et Maman…TIPITI a 6 ans! Bonne fête mon bébé!


Ninja Jago

25 mai 2007

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Star Wars. 30 ans… Pratiquement la vie entière de Boumba, l’un des plus grands fans. Bonne fête Star Wars, bonne fête Boumba!

Voilà déjà quelques jours que l’idée me turlupine d’écrire à Boumba. C’était son anniversaire le 21 mai, et depuis, je cherche quoi dire!

C’est que Boumba, c’est mon précieux, et je l’ai toujours gardé pour moi. Je peux bien vous le prêter en quelques lignes (un livre serait insuffisant!), mais… je vous le prête uniquement. Top chrono!

Boumba représente pour moi le Monde avec un grand M.

C’est d’abord le grand frère qui me traînait dans toutes ses aventures. C’est des mottes de neige lancées à partir d’un giga-fort, des têtards, des masters du ballon prisonnier, lui-pis-catherine-contre-le-punch, des ti-bonhommes de Star Wars dans la rocaille, ma tite vache a mal aux pattes…

…oh y reste Han Solo dans le bouleau en arrière, des grimpages sur les murs, des biscuits Oreo, des randonnées de ski-doo volées aux cousins ponponneux, des concours d’engloutissage de crêpes, des tunnels de terre, des fusils à rayon lumineux, des toutous dans la chute à linge, du lait au chocolat.

Boumba, c’est la fin de l’enfance qui s’est vue devenir maîtresse au foyer, 

  • qui signait mes devoirs et mes bulletins mais menaçait de préférer un de nos toutous à un autre, 
  • qui s’assurait que je mange tout mon Kraft Diner mais pas tous les biscuits,
  • qui m’apprenait le Commodore 64 et comment faire la lessive,
  • qui lavait la vaisselle pendant que j’essuyais,
  • qui me défendait devant l’ivresse des 5 à 7 prolongés de l’autorité parentale mais me faisait la prise en quatre ou le marteau-pilon pendant ce temps.

Il est aussi son cousin Jipidougne, les amourettes de l’adolescence aux Chevaliers de Colomb, les coups malicieux et les disparitions surprenantes. MAIS où est Jipidougne?

Et puis, c’est Luke Skywalker. Droit comme la justice, il a été tenté une fois, une seule, par le côté obscur : l’appât du gain. Il s’en souviendra.

Il a aussi été le roi Dagobert. 33 soirs en ligne (même les mardis, Boumba?). C’est le raver qui rentrait à la maison au petit matin et qui réveillait sa petite soeur d’une descente du coude à la Hogan pour un rave à deux dans le sous-sol, en pyjama à pattes. (Ou le cégépien qui a préféré abandonner ses cours pour un tournoi de NHL 94.)

C’est aussi Robert Smith, l’homme vêtu de noir qui pleure à tous les films, émotif, aimant, mais qui donne des baisers à sa famille au compte-goutte. C’est celui qui accumule les souvenirs au rythme des Cure.

C’est Ninja Jago qui court de l’arrêt d’autobus à la maison, qui court du travail à la maison, qui court au soccer, qui court au baseball, qui court vite comme Forrest avec ses souliers rouges… Qui court avec une seule litanie en tête : NINJA JAGO.

Boumba, c’est un lunch préparé, un simple sandwich-jambon-moutarde, que l’on apporte à l’école et qui réjouit pour la vie. C’est le jeune adulte qui travaille comme plongeur au salaire minimum en chantant, revient en courant, paye tous les frais de subsistance pour lui et sa soeur… mais ne demande rien en retour, si ce n’est la satisfaction que celle-ci excelle dans ses cours.

Boumba, c’est Ti-men. C’est la concentration de Tipiti sur son ordinateur, son regard sourcils-froncés pendant l’effort, sa logique et ses casse-tête, son envie de jouer seul… même si tout le monde veut toujours jouer avec lui. 

Boumba, c’est une dizaine de colocs, mais une chambre à coucher où rien n’a semblé vivre à part lui et un ordinateur et des bonhommes de WOW, Everquest et NHL…

…jusqu’à Boumbette.

Parce que Boumba, c’est Boumbette. Boumba y Boumbette. Impossible de dire si ces deux-là s’appelaient ainsi avant leur rencontre, ni qui est devenu un Boum avant l’autre, ils vont ensemble, c’est tout. Lorsque l’on demande à Boumba pourquoi il aime Boumbette, voici sa réponse :

«Boumbette, elle est magique.»

Enfin, Arnaque est devenu Boumba. Le chien à l’image du maître, ils marchent la tête bien droite, le dos arqué, la fierté dans l’oeil : «Tu as vu avec qui je suis?»

Boumba, c’est moi, mais en mieux.


Surnommés (Réponse à Poisson)

24 mai 2007

La majorité des visiteurs de ce site connaissent ma passion pour l’écriture. Or, j’ai fait lire dernièrement le début d’un roman en processus d’écriture à un ami.

Cet ami se questionnait sur la pertinence d’utiliser des surnoms pour mes personnages au lieu de leur donner un prénom.

Et bien, ami Poisson, voici un texte daté d’avant-question. Une réponse antidatée, mais qui représente encore ma façon de penser postdatée (le comble de l’orgueil… se citer soi-même!) :

Pourquoi avons-nous la fâcheuse habitude de toujours donner un petit nom aux gens que nous aimons? Leur prénom, pourtant, leur a été donné dès leur naissance par des gens qui les avaient attendus, chéris et aimés! Ne pourrions-nous pas nous contenter de conserver ce prénom, choisi avec soin, réfléchi, analysé et évalué? 

Mais non! Il faut leur donner un autre nom, un nom que nous avons choisi personnellement. Créer l’intimité. Pennac, dans Comme un roman décrit cette intimité par l’enfant qui apprend à écrire et qui réalise que ces lettres qu’il trace forment des syllabes, puis un mot, et que ce mot représente enfin une idée précise :

«Des petits ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C’est écrit là, devant ses yeux, mais c’est en lui que cela éclôt! Ce n’est pas une combinaison de syllabes, ce n’est pas un mot, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une maman, c’est sa maman à lui, une transmutation magique infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain – et à jamais! – cessé d’être eux-mêmes, de n’être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page […] p46-47

Nous procédons sensiblement de la même façon avec nos animaux domestiques : leur trouver un nom est la première chose que nous faisons, avant même de leur avoir présenté leur nouveau domicile. Entre autres, c’est la seule façon d’en faire l’éducation. De les domestiquer. Dans le cas d’un chien, il est recommandé de trouver un nom à deux syllabes, car l’animal parviendra à le reconnaître très rapidement. Je suis le maître et je t’aime, je te donne donc un nom que tu reconnaîtras à mon intonation et au timbre de ma voix, et auquel tu répondras. «Dodo! Viens ici! »

Et pourtant, à y regarder de plus près, nous débaptisons nos animaux domestiques de la même façon que nous débaptisons nos proches. Combien de chats ont un nom (Patte blanche, Pantoufle, Moquette) qui n’est jamais utilisé, au profit du sempiternel, mais très câlin Minou?. «Il est à qui le minou?» Une fois domestiqué, on l’apprivoise. Toutefois, lorsque Minou fait une bêtise, il redevient Patte blanche ou Pantoufle… Le pauvre Minou, tellement peu habitué à entendre son vrai nom, en vient à ne plus s’y reconnaître.

Idem pour les humains : lors de conflits dans le couple, le Gros loup, Minou, Chéri, Mon amour redevient un Robert Sauvé… (en un élan : robertsauvé! Indissociables, les prénoms et noms, en cas de frustration! Toi! Toi là, que j’identifie avec tous les noms qui figurent sur ton certificat de naissance, toi, robertsauvé, je suis très fâchée contre toi.) «Robertsauvé!!!! Tu m’avais dit huit heures!»

Est-ce à dire que le nom original ne sert qu’à déterminer l’appartenance et à faire l’éducation relationnelle, pour ensuite être remplacé par les jolis petits surnoms démontrant de façon claire l’affection et le statut de la relation? Nous sentons-nous dans l’obligation de donner un nouveau nom, une fois la relation bien établie, afin que l’être aimé ait un sentiment d’appartenance?

Domestiquons-nous nos amours, pour ensuite les apprivoiser réellement?

En somme, les surnoms sont pour moi une façon d’apprivoiser mes personnages, comme mes amis. Votre surnom représente tout ce que je vois en vous. C’est avec ce surnom que je vous imagine, que je vous aime… dans toute ma relativité.

Poisson, Coco, Sonpére, Boumba, Boumbette, Tipiti, Ti-Brin, Tappe-la-brouette, Ramaman, Flemmard, Coolap, Grominou, Frankie-Baby, Mom, Bob, Caro, Jack Bauer et tutti quanti… Pour moi, ces surnoms sont vos prénoms usuels, que j’ai choisis avec autant de soin que vos parents ont choisi l’autre…