Au clair de la lune

9 juin 2008

L’envie d’écrire me surprend comme l’envie de fumer, sauf que l’envie de fumer est plus forte. Alors je parle à la lune au lieu de parler à mon clavier. (Je devrais peut-être arrêter de fumer.)

(fumage 101 pour non-fumeurs)

(Aspire) Elle a l’air d’un croissant au beurre;
(Expire) Il y a peu, elle était ronde, femme enceinte de bonheur.

(Aspire) Courte inspiration, passe une idée; 
(Expire) Dans un souffle, elle s’envole en fumée. 

(Aspire) Le voisin a sorti son équipement;
(Expire) Ses plantes tournoient joyeusement.

(Et ainsi de suite, vous n’êtes pas des caves!)
La p’tite No-Mi jolie a quitté pour la banlieue;
Remplacée par une dame voilée fuyant notre bonjour comme notre Dieu. 

Boumba promène son fier-toutou;
Boumbette, la jambe dans une botte-attelle, itou.

Ramama doit certainement dormir;
Car Tipiti, dans son sommeil, soupire.

J’aurais envie de mettre une boîte à fleurs sur la rambarde.
Beau projet.

(Éteindre la cigarette)

Et la lune poursuit son régime bipolaire au rythme de la vie qui suit son cours.

Bonjour à vous tous! Je me suis ennuyée!

 

 

 


Accommodements raisonnables

23 septembre 2007

Ils sont mes voisins. Ils sont les amis de Tipiti. Ils sont mes collègues.

Aujourd’hui, au feu rouge, j’observe les passagers de la voisine-voiture. Musulmans. La femme me regarde, et je sens son insistance : «Allez, honnêtement, que penses-tu de moi, ainsi voilée?»

Ce que j’en pense, ce que j’en pense… Là, tu m’en colles une!

Le regard un peu frondeur, tout comme j’ai pu l’envoyer lorsque, adolescente, je portais des pantalons en vinyle argent. «Vas-y, amuse-toi si tu l’oses! Je te lancerai un de ces regards de dédain…!»

La Commission Bouchard-Taylor se penche présentement sur les accommodements reliés aux différences culturelles. De quelle couleur? De quelle saveur? Et bla, et bla. Penchez-vous, que je vous botte le derrière!

J’avoue ne jamais avoir réfléchi à la nécessité de statuer sur l’état culturel, la couleur ou les téléromans regardés par les gens que je croise… 

Parce que, pour moi, la différence culturelle est partout, même au sein de la sacro-sainte société québécoise. Monlion est un sale punk qui rock ses minous, Boumba est un geek qui vit dans un monde virtuel, Boumbette respire l’art, Sonpére suit les codes militaires, Tipiti est dans la lune, je suis unelionne, Ramaman se couche à 18h30… Parlons-en, de la diversité culturelle! Vive le pâté chinois!

Paraît que MamandeMonlion, elle ne mettait pas de maïs dans son pâté chinois. Monlion a été renversé de sa chaise, lorsqu’il a croisé pour la première fois le maïs dans celui de son ami. N’ayant jamais connu autre chose que le pâté-chinois-sans-maïs, il a considéré comme «différente» cette nouvelle présentation, et s’y est accommodé. Il n’a pas pour autant créé une Commission Monlion sur l’accommodement!

Et puis, depuis cette maudite Commission, j’accorde une attention à des différences qui me laissaient indifférente pour cause de non-différence, parce que je vois ces regards qui me questionnent : «Toi, que penses-tu de mon voile?»

Ce que j’en pense, ce que j’en pense… T’as pas une autre question que celle-là?

En fait, cette satanée Commission a éveillé le sentiment de différence chez ceux qui, comme moi, n’en voyaient pas vraiment. Et ce sentiment est de surcroît signifié et mis en lumière par ceux qui sont théoriquement «accommodés».

Car maintenant, je vois la différence. Maintenant, ces gens dont les pratiques religieuses, le code vestimentaire et le choix de mode de vie sont questionnés en pleine Commission vivent avec un sentiment de paranoïa : le sentiment que tout le monde parle d’eux, au souper, à la télé, à la radio, dans l’auto…

Et je me questionne à mon tour. Cette Commission n’a-t-elle pas comme unique effet que de nous faire TOUS sentir différents?

Avec du ketchup?
Ou de la moutarde!
Oignons…
Tranche de pain beurrée!

Ce que j’en pense, ce que j’en pense… Tu veux vraiment savoir?
Porte ton voile tant que tu veux…
Mais laisse-moi porter mes ailes delionne.


Nos Lumineux

16 septembre 2007

19h00, la soirée bat son plein.

Assise avec Monlion, Ramama, Boumba-y-Boumbette et Tipiti, nous rions de l’inclination de ce dernier pour les poulpes qui traînent au centre de notre table. La musique joue en sourdine -des hits des années 80, pour la plupart- suffisamment forte pour qu’on en reconnaisse l’air; suffisamment basse pour qu’elle ne vienne pas interrompre les conversations.

Les tables voisines sont éclairées par des visages connus. Certains sont quotidiens (je vois justement Chou qui joue avec la chandelle), d’autres annuels ou sporadiques (voici l’homonyme de Trop’tit qui me sourit.)

Planètes d’un même système, nous sommes regroupés autour d’un îlot central, l’astre du jour. Nous avons tous effectué notre ellipse à notre rythme, certains plus rapides que d’autres, pour nous retrouver alignés en ce jour particulier. Réunis pour une raison unique.

Les vedettes de la soirée, charismatiques, souriants, ont le bon mot pour l’un, le geste qui rassure l’autre : «Nous sommes heureux que vous soyez là».

Lumineux, tel est le terme qu’un des orateurs avait utilisé pour les décrire. Solaires, ajouterais-je!

Everything I do, I do it for you

Bryan Adams chante mieux que jamais, alors qu’An’Mar et An’Dy s’offrent le plaisir d’un répit pour se regarder amoureusement. Everything they do, Everything they have done, Everything they will (enfin, vous comprenez le topo.)

Des photos des deux amoureux passent à l’écran et me font réaliser que dans leur cas, «everything» veut vraiment dire beaucoup. Dix ans d’aventures en commun! Des voyages, des réunions, des fêtes entre amis…

Et cette autre aventure qui les a surpris il y a quelques semaines, qui les attend avant la prochaine lune, l’astre de la nuit, qui les verra s’endormir en un pays lointain! L’immunité diplomatique, le travail pour l’ONU, la vie exotique, voilà ce qui les attend.

Cambodge, nouvelle terre d’accueil, nous te les confions. Aime-les comme ils t’aiment déjà! 

Et pourtant (pourtant!), je crois que leur plus grande aventure s’est déroulée il y a un peu plus d’an et se salit justement copieusement de son repas en disant les 2-3 mots qu’il connaît. Un petit B. Un b minuscule à la bouille toute barbouillée.

B-minuscule, regarde le bonheur de tes parents! Ils brillent, ils nous réchauffent, ils nous éclairent.

Unis pour la vie? 
C’est ce qu’ils ont promis. 
(Et même Tipiti sait ce que veut dire le mot «promis»!)

An’Mar, An’Dy, B-minuscule,
Nos Lumineux…
Si loin que vous soyiez, nous graviterons toujours autour de vous!


Journal d’une vacancière – Semaine 3

14 août 2007

14/08/2007

Le Dîner de cons. Boumbette m’avait offert des billets pour cette pièce à mon anniversaire, et la représentation était aujourd’hui.

Monlion et moi sommes donc allés faire les touristes dans le Petit Champlain un peu avant la représentation. Quel magnifique quartier! Je vous l’avoue, je n’y suis allée que de rares fois dans ma vie. Je n’ai même jamais pris le funiculaire (1,75$… la radine que je fais!)

Romantique à souhait, le décor était propice aux regards amoureux. Chanceuse que je suis, mon sensible Lion me jetait justement un de ces regards au moment où je pensais cela.

La pièce était bonne, quoique celui qui a déjà vu le film (en l’occurence, la majorité du public présent) se sente parfois ennuyé : «ils n’ont pas dit cette réplique de la même façon», «ils ont trop joué sur le côté niais de Pignon», etc. À la limite, le spectateur se sent supérieur (du moins, à entendre les commentaires qui fusaient à la sortie du théâtre) : «Moi, j’aurais fait ça autrement.»

Malgré tout, j’ai fort apprécié. Les acteurs étaient très bons. J’ai ri un peu (mais pas aux éclats), souri beaucoup (à en montrer les dents), soupiré à m’en fendre l’âme : Monlion, ne passons-nous pas de merveilleuses journées de vacances? Oui, Malionne… Je t’aime!

Soupir.

Re-soupir.

Merci Boumbette. Pour la pièce… et pour le moment magique (pas la marque de commerce du pouding, bande de caves!)


Journal d’une vacancière – Semaine 1

30 juillet 2007

30/07/2007
Une journée souvenir…

C’est lundi, il est 8 heures du matin. Tipiti sommeille encore, les fesses en l’air, comme gonflées à l’hélium. Je caresse sa joue, elle est douce comme du sucre en poudre dans un pot. Il sourit dans son sommeil. Quand il sourit, ses yeux virent au demi-lune, comme les yeux que nous dessinions encore enfants sur l’éternel coucher de soleil souriant entre deux montagnes.

8h05, j’ai déjà la tête dans le fond du garde-manger, prête à faire un miracle d’un si petit cagibi. On pourrait me croire ayant mes règles, mais non! Je ne suis qu’en vacances…

À preuve, Tipiti se lève aussitôt après, et sans piper mot, attrape un linge et frotte avec moi. Arbeit macht frei? nhaaa! Les vacances rendent libre! (note, les fesses ont dégonflé, parce qu’il est plutôt toujours en train de se reposer dessus…)

Quelques ménages spéciaux de plus, et je repère au fond d’un bac un vieux toutou. Un guerrier. Une relique. Mon premier amour. Tirap. Tirap a été mon premier toutou, que j’ai reçu à l’âge de 3 ans. Ça lui fait… 26 ans. Plus vieux que Boumbette, en fait.

Tirap, un singe, était le commandant en chef d’une expédition intergalactique. Il voyageait à bord de notre sécheuse en compagnie de ses compères peluches. Il a également été champion intercontinental de lutte, mais il a transféré dans les méchants, alors j’étais fâchée contre lui. Je suis tout de même allée à son mariage (il était beau, un tuxedo!) et j’ai signé son contrat. Il était de tous les voyages, de toutes les aventures… Bonjour Tirap! (Bonjour Boumba!)

Boumba m’a suivie jusqu’au cinéma… Les Transformers! Wouahhh… Véritable bouffée d’enfance, coup de vigueur qui nous fait sortir de la salle en pépiant comme l’enfant qui nous accompagne! «tchi-tchu-tchou-tchu-tche-tchit» (entendre ici un Transfomers en pleine mutation)

Et puis, randonnée dans le sentier pédestre qui longe les Plaines d’Abraham. Monlion ouvrait la marche, suivi de Tipiti. Derrière, je regardais mes deux hommes, l’un taciturne, l’autre… bavard, comme toujours. Parfois, le soleil me jouait des tours : cette nuque foncée, cet air dégourdi, ce désir de mener d’un pas leste… n’était-ce pas Boumba, le Boumba de mon enfance, que Tipiti et moi suivions?
Faire du ménage, ça dépoussière les souvenirs, c’est certain.

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