Lalionne aime pelleter. C’est son sport préféré.
- Votre sport préféré?
- Pelleter.
- Héhéhé. Très drôle. Sérieusement?
- Pelleter.
- Et bien! Ça tombe bien, j’ai plein de neige chez moi!
- Alors, invitez-moi!
- Je le ferai!
- Sérieusement?
(Hmpf. Ils disent tous cela, mais je ne les crois plus. Aucune des 341 personnes m’ayant fait cette proposition n’a tenu sa promesse. Bande de menteurs!)
Période chanceuse pour moi, j’entretiens la maison de Sonpére. Or, qui dit entretenir une maison québécoise, dit pelleter la neige québécoise!
Du coup, Lalionne étrenne avec joie sa nouvelle pelle, cadeau de Noël de Boumba.
Dossier à traiter:
Pendant mon gardiennage, je n’arrivais pas à comprendre d’où provenait l’espèce de montagne de neige qui se formait devant l’allée de la maison. Ni celle qui se formait sur le stationnement des visiteurs. Ni celle qui se formait dans l’allée des piétons, normalement nettoyée par les employés de la ville.
J’avais beau pelleter un chemin jusqu’au stationnement, quelqu’un venait irrémédiablement l’emplir.
Toutes ces montagnes à escalader au petit matin pour se rendre au véhicule entraînaient un coup de balai sur Tipiti avant de s’asseoir dans le véhicule. Pauvre Tipiti! À chaque matin, ces montagnes le dépassaient de tête et d’esprit.
Qu’à cela ne tienne, j’ai espionné. ESSSSpionné.
Résultats de l’enquête:
Les voisins de Sonpére, ceux-là même qui ont clotûré leur terrain en empiétant sur son terrain, ceux-là aussi qui ont construit leur cabanon en empiétant encore plus sur le même terrain, déposent leur neige un peu partout.
Leur marde blanche!
Leur marde blanche dans l’allée de Sonpére, dans l’allée des piétons, dans le stationnement des visiteurs. Leur marde blanche partout… sauf sur leur terrain!
Rugissement.
Mesures disciplinaires :
J’ai pris congé du bureau. Pas pire que ceux qui s’absentent pour faire du ski. (À chacun son sport favori.)
L’après-midi m’a donc permis de retourner la marde blanche à son propriétaire.
Chaque flocon.
Tous les flocons.
L’envahisseur me regardait faire par la fenêtre. Elle m’ESSSpionnait à son tour. Je ne voyais pas son visage, mais je distinguais sa silhouette à travers les rideaux.
J’ai pris mon temps, espérant ainsi créer assez de hargne pour la faire sortir de sa tannière. Elle n’est pas sortie, la peureuse. Dommage, car j’avais préparé pour l’occasion un long et édifiant discours sur les bienfaits d’un bon coup de pelle.
J’ai quand même fait un froncement de sourcils vers la fenêtre.
Pour la forme.
Publié par Lalionne
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