Le comble!

9 juin 2009

Dring

- Allo, Monlion! J’appelle pour me vanter!

- Allo, ma belle Poule. Je t’écoute!

- Aujourd’hui, c’était remise de diplômes dans la classe de Tipiti.

- À propos…?

- De livrets de lecture. Nommés du moins liseux au dévoreur. 30, 50 livrets… Il y en a même une qui en avait lu 80!

- Et…? Vante-toi, Malionne.

- Et… je cite sans y avoir été, ” Et le champion de la classe est…” Roulement de tambour.

- Tipiti!

- Ouais! Avec 85 livrets!

- Champion, Tipiti, bravo!

- Oui, et dis bravo à sa mère… C’est tout de même un peu grâce à moi! Qui c’est qui lui fait lire ses livrets?

- hmmm hmmm, Malionne.

- Quoi….

- …

- QUOI?

- Un. Tu sais très bien que tu n’as jamais eu à lui tordre le bras pour qu’il lise. Deux, tu n’oublierais pas “Bravo à Sonpére”? T’auras beau dire, il est aussi féru de lecture que toi…

- Ok, BRAVO À SONPÉRE. Mhmmpf Voilà, c’est dit. De toute façon, c’était IM-PLI-CITE.

- Plutôt, ouais!

- Mais n’empêche, une bibliothéceuse dont le fiston est champion de classe en lecture, c’est le comble du bonheur!


La vie d’un gars

8 juin 2009

C’est fou comme un enfant passe par de nombreuses étapes importantes au cours des 9-10 premières années!

Ce week-end,Tipiti a vécu une étape fondamentale. Une étape qui démontre que le GRAND garçon vient de piquer la place du petit.

Un événement tout spécial où l’enfant réalise qu’il peut aider ET que cela peut être vraiment trippant. Avoir des responsabilités est gratifiant.

Le moment dans la vie d’un gars où il réalise qu’il sera un homme. Une vraie job de gars.

Tipiti recevait ses copains pour son anniversaire ce week-end. Il m’a donc aidé à nettoyer la maison et à planifier la fête.

Le jour venu, un Tipiti tout excité a jeté un oeil, puis, gaspilleux, a jeté les deux par la fenêtre avant. Lalionne étant ce qu’elle est, elle avait doucement laissé pousser l’herbe et les pissenlits, se méa-culpant en arguant le désir ardent de nourrir grassement Charlotte la marmotte.Grasse marmotte, grâces à toi.

Tipiti a fait ni une, ni deux… et a traîné de peine et de misère la tondeuse sur le terrain avant.

Après un cours accéléré, mais tout à fait adapté, de la part du voisin qui désirait contribuer à l’événement, après l’avis d’un gars, Tipiti a travaillé d’arrache-pied de pissenlit:

Tipiti et sa tondeuse

Tipiti et sa tondeuse

Le beau quadrillé! Un véritable design paysager!

Il aura fallu tondre la quasi totalité du terrain pour que Tipiti réalise que l’aller-retour est une option intéressante lors d’un voyage en tondeuse.

Quelques touffes, quelques épis subsistent… mais Tipiti ne les a toujours pas remarqués!


Suivi

31 mai 2009

Papistache, Val, amis, récapitulons.

Encore bébé lala sur le marché du travail, je n’avais qu’un soupçon d’idée de ce que pouvait signifier l’attribut «gestionnaire».

L’unique boss que j’avais eu nous laissait libres dans nos dossiers, n’assurait pas de suivi, ne questionnait jamais. J’interprétais son comportement comme étant un signe de confiance, alors qu’il s’agissait d’indifférence… ou de lassitude.

Ce boss ayant obtenu une promotion, je me suis retrouvée sous l’égide de Patron.

Ne voulant pas brusquer les choses, Patron a maintenu l’approche du boss précédent. Néanmoins, sachant qu’il n’agissait pas ainsi avec ses anciens employés,  j’ai pensé qu’il était indifférent à mon travail. Dans mon esprit, le déménagement du Centre de documentation en avait été la preuve irréfutable.

J’ai donc éclaté. Une crise de larmes en bonne et due forme, «je ne suis pas heureuse, et ça va mal, et Perroquète n’arrive pas à faire son travail, et je n’arrive pas à obtenir les rendez-vous avec les autres patrons parce que je ne suis qu’une simple technicienne, et bla blabla.» Unelionne rugissante, qui griffe et blesse au passage, qui grogne et immobilise dans son élan la nature environnante.

Ce qui a sauvé la mise?

Patron est sensible. Il arrive toujours à identifier les points fondamentaux d’un discours afin de bien cerner les besoins réels. Même lorsqu’il a comme interlocutrice une criseuse de larmes qui porte tous les maux de la Terre sur ses épaules.

Ainsi donc, après une autre discussion, sans larmes cette fois-ci, Patron a compris que je désirais un appui de sa part… Ce qu’il a fait, et n’a jamais cessé de faire depuis.

Maintenant, entre nous, le parfait bonheur!

Il souligne mes bons coups, me ramène à l’ordre lorsque je m’égare, me défend envers et contre tous. Sa seule demande : «je veux être au courant. Même si c’est une mauvaise nouvelle, je veux le savoir, et je pourrai répondre lorsque ça éclatera!»

De bébé lala, il m’a guidée jusqu’à mon adolescence du monde du travail. «Prends ta place, Lalionne. Identifie tes alliés. Contourne tes ennemis pour aller chercher l’allié qui est plus haut. Réponds à leur demande si c’est possible, mais n’hésite pas à mettre tes limites. Toujours, toujours, Keep it simple, stupid.»

Et maintenant que son départ à la retraite est imminent, il me regarde devenir adulte dans le monde du travail. «Lalionne, t’as plus besoin que je t’accompagne sur c’coup-là, hein? Lalionne, ça ne fait pas partie de tes dossier, mais j’aimerais bien avoir ton avis sur un de mes dossiers.»

Dernièrement, aux lignes ouvertes à la radio, la question était : «Quelle est la principale qualité d’un bon boss?»

Si j’avais appelé (chose que je ne ferais jamais!) ma réponse aurait été celle-ci : un bon boss est un Patron qui s’assume.

En regard de cette définition, mon patron est un EXCELLENT boss.

  • Patron assume les décisions qu’il prend, qu’elles aient un effet positif ou négatif sur notre moral.
  • Patron assume que son travail consiste aussi à gérer les effets  des ses décisions.
  • Patron assume le travail de ses employés et en répond devant la Direction.
  • Patron assume les décisions de la Direction et en répond devant ses employés.
  • Patron assume qu’il est un boss et qu’il doit gérer différentes personnalités.

Et, plus que tout, Patron assume qu’il joue un rôle important dans la vie de ses employés : celui de les aider à se réaliser.


(pas de titre)

30 mai 2009

Ce billet est sans titre parce que je n’ai rien, mais absolument rien à dire à propos de rien, mais vraiment rien.

J’ai mal aux orteils, les deux gros qui dépassent orgueilleusement tous les autres sont punis : ils saignent par en-dedans de leur ongle.

Et puis, j’ai mal un peu partout, parce que j’ai joué au basket. J’ai à cet effet découvert que sous mes bourrelets dorsaux se cachent des muscles qui désespèrent de grossir.

J’ai appris la mort de Marcel Béliveau et l’anniversaire de naissance des jumelles Dionne.

J’ai osé annuler un dîner avec des collègues parce que je n’avais pas envie d’y participer. Bravo.

Sherlock en est à ses dernières histoires, ça me rend un peu triste. En même temps, j’ai un peu hâte : le dernier de Fred Pellerin m’attend sur la table de nuit!

(Note à Val: en réponse à ton commentaire sur le message précédent : mon milieu de travail étant une bibliothèque portant sur l’agriculture, je me vois mal te proposer, quoique bien intéressante, une monographie traitant des nématodes de la pomme de terre… J’irai donc pour celui qui tu viens peut-être de lire en images, Fred Pellerin! Un peu de folklore québécois  raconté par un amoureux des motes permettra certainement de faire pénétrer le vent d’été par les fenêtres de ton imagination et faire virevolter les rideaux de ton insouciance! Son dernier : L’arracheuse de temps.)


À la bibliothèque

29 mai 2009

(Avis à tous ceux qui affirment que
le bonheur ne se trouve pas dans les livres.)

Adolescente, j’étais impressionnée par Monsieur P-H, le vieux bibliothécaire de l’école.

PP-H arrivait à repérer dans le bon rayon, sur la bonne tablette et à la bonne cote, sans regarder dans son catalogue informatisé, le document que vous aviez demandé ou qui pourrait vous intéresser.

Vous demandiez, le vieux bibliothécaire allongeait le bras (qu’il avait très maigre) et vous sortait sa magie.

Un policier? Tu connais Agatha? Ah, tu as déjà lu… oui, tu as raison, ça se réchauffe assez vite. Tiens, prends ce Mary Higgins Clark. Mais attention! Tu la brûleras après 2 romans!

Virginia C. Andrews? Bof, tu sais, quand tu as lu une série, tu les as toutes lues!

Ah!!! Un connaisseur! Non, nous ne gardons que La peste et L’Étranger. Ces livres ne sortent pas souvent d’ici…

Oui, oui, oui… c’est un vieux roman… attends, il est bleu, le dos est un peu déchiré… Quoi, il n’est pas là? Ahhhh, le voici! Quelqu’un a dû le consulter et le reclasser à la mauvaise place! Ah oui, en effet… Regarde la cote!

En retenue? ET tu n’aimes pas lire? Tiens, prends ce Livre des records Guiness!

Son habileté à retrouver les documents à travers ces codes et ces tablettes me fascinait. Comment faisait-il pour savoir exactement où se cachait chacun des livres de la bibliothèque?

Et bien, vous savez quoi?

Maintenant que c’est moi, Madame P-H;

Maintenant que j’arrive à étirer le bras pour sortir la magie de mes tablettes;

Maintenant qu’à votre demande, je me dirige vers le bon rayon et regarde sur la bonne tablette;

Maintenant qu’à votre demande, je repère  en un seul essai et sans hésiter «le document à reliure spirale qui traite des recommandations du MAAARO pour les grandes cultures…»;

Maintenant que j’arrive à faire comme le vieux P-H, je connais le secret…

Et ça s’appelle Le bonheur au travail!