Calme plat – La suite

29 juillet 2009

Au printemps, une vedette québécoise annonçait la parution d’un livre qui relatait son histoire : elle est bipolaire.

Le lendemain, un collègue m’a dit : «Je crois que je suis bipolaire! Il paraît que t’es bipolaire… tu peux m’aider à déterminer si je le suis?»

Moi, bipolaire? Unelionne dans les montagnes russes? Papistache rirait bien!

Qui avait bien pu énoncer un tel diagnostic? Malgré mon interrogatoire, le collègue n’a jamais voulu répondre.

Histoire tombée dans l’oubli.

Jusqu’au départ de… vous devinez certainement!

Patron!

Évidemment, Patron étant le patron de mon collègue, ce dernier n’a jamais douté que cette affirmation pouvait être fausse : si le boss dit qu’unetelle est bipolaire, c’est qu’elle doit l’être!

À qui d’autre?

Qui, dans mon édifice, pense que je suis bipolaire parce que Patron said so?

Mon nouveau patron?

Le Big Boss?

Et si j’avais des désirs de progresser dans l’organisation? Qui voudrait d’une gestionnaire bipolaire?

Ordinaire.

(Imaginez si j’avais réellement été bipolaire!)

Le pire, c’est que même si je le vois, je ne pourrai jamais lui en parler… Je pognerais les nerfs et, du coup, il dirait : «je vous l’avais dit, qu’elle est bipolaire!»


Calme plat

18 juillet 2009

Lorsque Patron et moi avons discuté avant son départ, il m’a dit «tsé, toi tu es plus comme ça [main qui monte et descend comme une montagne russe]»

Et…?

Et je ne sais pas, parce que la discussion commençait et finissait là. Voulait-il dire qu’il avait de la difficulté à me suivre? Qu’il n’aimait pas les gens émotifs? Qu’il trouvait ça drôle? Désirait-il simplement me dire qu’il avait été assez sensible pour le remarquer?

Dans tous les cas possibles, je ne suis pas d’accord. Pour la forme. Pas d’accord avec son «PLUS» comme ça. Je ne suis pas PLUSSE.

Tout le monde vit des hauts et des bas.

Tout le monde savait que Patron n’aimait pas se faire répondre que ça allait mal. Il détestait ça.  Certains répondaient donc «ça va bien» d’un sourire contrit, puis retournaient pleurer à leur bureau.

Pas moi.

Plusieurs employés de ma direction prennent des antidépresseurs, des antianxiolitiques ou autres médicament stabilisateurs de l’humeur… pas moi.

Je ne suis pas PLUS comme ça, je suis uniquement plus show-off.

Ou moins hypocrite.


Suite et fin

14 juillet 2009

Tu es parti la semaine dernière.

Lundi, tu étais en réunion, puis tu as discuté avec tes anciens collègues et amis sur les étages.

Derniers tests. Je vais tellement m’ennuyer! Il faut que demain soit parfait!

Mardi, tu as été acclamé lors du 5 à 7 que Lamie et moi avions organisé pour toi, et tu as pleuré en regardant la vidéo que nous t’avions préparé.

Te voir heureux a été ma récompense…

Mercredi, je t’ai vu sur mon étage. Tu visitais tes amis du premier pour faire tes adieux. Tu m’as dit : «Si je n’ai pas le temps de venir vous parler avant mon départ, venez me voir à mon bureau. Je pars vendredi à midi.»

Si je n’ai pas le temps? Mais tu prends le temps de visiter tous les autres!

Ce jour-là, j’ai effacé ton nom sur le dossier rouge pour y inscrire le nom du nouveau.

Jeudi, tu es passé au Centre de doc. All-in était là. Tu lui as fait tes adieux.

Puis, à Perroquète et à moi, tu nous as dit : «Si je n’ai pas le temps de venir vous parler avant mon départ, venez me voir à mon bureau. Je pars vendredi à midi.»

On est jeudi pm… Nous sommes là, tu es là. Ne t’en fais pas, nous ne sommes pas regardantes sur le minuit-moins-une : 24 heures avant le départ nous conviendrait parfaitement, comme décompte.

Perroquète a pleuré.

Vendredi, à 10h30, comme tu n’étais toujours pas venu nous voir, je suis allée…

Tu m’as fait asseoir. Tu m’as dit que tu avais lu le billet que j’avais écrit à ton propos sur Pâté chinois. Tu l’as lu, point.

Tu m’as montré en riant le seul dossier qui restait sur ton bureau. C’était le dossier que nous menions ensemble. Le seul dossier que tu n’as pas clos. Pas de temps.

Tu connais Céline? Le dernier dossier qui reste sera le premier sur la pile du nouveau…

Nous avons certainement discuté, parce que ma bouche bougeait.

Plus rien à cirer… À l’image de… Comme il fait beau!

Perroquète est allée te voir à 11h30. Tu n’as pas pris la peine de la faire entrer dans ton bureau.

Amertume.

De retour au Centre de doc, elle a pleuré.

Sais-tu qu’elle a pleuré?

Tu veux savoir?

Pour la consoler, j’ai dit à Perroquète ce que Monlion m’avait dit pour me consoler, moi : «Si c’est le souvenir qu’il désire vous laisser, ça ne vaut pas la peine de pleurer pour lui…»

Bien dit, Monlion.

Je persiste et signe : Patron était un bon patron.

C’est tout.


Du nouveau

10 juin 2009

L’histoire aura pris fin de la même façon qu’elle a débuté : “Dépêche-toi de descendre, Lalionne, le Big Boss [NDLR : le patron de Patron] s’écoute en ce moment discourir à propos du nouveau chef qui remplacera Patron.”

Toujours la même chose : Perroquète et moi sommes les deux seules employées de la direction qui ne travaillent pas au rez-de-chaussée. Résultat : le premier étage manque toujours les réunions.

Pourtant, ce serait facile : comme tout le monde est au rez-de-chausée, tout le monde est là, à portée de voix. Il ne suffirait que de penser aux deux seules personnes à convoquer. FACILE, non?

NON.

Soupir.

Et dire que l’organisation se targue d’avoir un programme extraordinaire de reconnaissance des employés. La reconnaissance d’un employé, ça commence par ne pas oublier qu’il existe!

Dépêche-toi, Lalionne!?

Oublie ça.

Qu’il sèche, le Big Boss du 4e étage, qui prend la peine de descendre de son 4e piédestal pour venir annoncer sa nouvelle, mais ne prend pas le temps de s’assurer que tout le monde est là.

De toute façon, fumeuse que je suis, j’étais déjà au courant du potin DEPUIS LA VEILLE.

Vive la clope.

J’ai même eu le temps de faire mes recherches sur Internet et cerner le profil du nouveau patron. Pas trouvé de photo, par contre.

J’ai donc pris tout mon temps.

Lorsque je suis arrivée, Big Boss terminait son discours, adossé au mur d’un air nonchalant. M’énerve depuis le début, la manie du grand flan mou du 4e de ne pas se tenir droit. “Les murs ont pas besoin de toi pour tenir debout”, que j’ai envie de lui dire. (Sinon, je ne le connais pas. Il est p’têtre ben gentil.)

Dommage, j’ai manqué l’annonce. Bouhouhou

Paraît que le nouveau patron est jeune. 41 ans, c’est jeune, pour diriger une équipe de 20 boomers!

Les trois jeunes de l’équipe, Germaine, Lamie et Lalionne (présente!) sont nerveuses : et si, début de la fin, le nouveau patron était beau? Cauchemar!

Unanimes, nous désirons qu’il soit laid. Trop difficile d’être à l’aise devant un beau mec.

(Lorsque j’ai décrit notre peur à Monlion, il ne comprenait pas. “Nous z’autres, les gars, c’est le contraire : on aime ça, quand la fille est belle. On devient juste un peu plus niaiseux.)


Le comble!

9 juin 2009

Dring

- Allo, Monlion! J’appelle pour me vanter!

- Allo, ma belle Poule. Je t’écoute!

- Aujourd’hui, c’était remise de diplômes dans la classe de Tipiti.

- À propos…?

- De livrets de lecture. Nommés du moins liseux au dévoreur. 30, 50 livrets… Il y en a même une qui en avait lu 80!

- Et…? Vante-toi, Malionne.

- Et… je cite sans y avoir été, ” Et le champion de la classe est…” Roulement de tambour.

- Tipiti!

- Ouais! Avec 85 livrets!

- Champion, Tipiti, bravo!

- Oui, et dis bravo à sa mère… C’est tout de même un peu grâce à moi! Qui c’est qui lui fait lire ses livrets?

- hmmm hmmm, Malionne.

- Quoi….

- …

- QUOI?

- Un. Tu sais très bien que tu n’as jamais eu à lui tordre le bras pour qu’il lise. Deux, tu n’oublierais pas “Bravo à Sonpére”? T’auras beau dire, il est aussi féru de lecture que toi…

- Ok, BRAVO À SONPÉRE. Mhmmpf Voilà, c’est dit. De toute façon, c’était IM-PLI-CITE.

- Plutôt, ouais!

- Mais n’empêche, une bibliothéceuse dont le fiston est champion de classe en lecture, c’est le comble du bonheur!