Mon sport préféré

30 janvier 2009

Lalionne aime pelleter. C’est son sport préféré.

- Votre sport préféré?
- Pelleter.
- Héhéhé. Très drôle. Sérieusement?
- Pelleter.
- Et bien! Ça tombe bien, j’ai plein de neige chez moi!
- Alors, invitez-moi!
- Je le ferai!
- Sérieusement?

(Hmpf. Ils disent tous cela, mais je ne les crois plus. Aucune des 341 personnes m’ayant fait cette proposition n’a tenu sa promesse. Bande de menteurs!)

Période chanceuse pour moi, j’entretiens la maison de Sonpére. Or, qui dit entretenir une maison québécoise, dit pelleter la neige québécoise!

Du coup, Lalionne étrenne avec joie sa nouvelle pelle, cadeau de Noël de Boumba.

Dossier à traiter:

Pendant mon gardiennage, je n’arrivais pas à comprendre d’où provenait l’espèce de montagne de neige qui se formait devant l’allée de la maison. Ni celle qui se formait sur le stationnement des visiteurs. Ni celle qui se formait dans l’allée des piétons, normalement nettoyée par les employés de la ville.

J’avais beau pelleter un chemin jusqu’au stationnement, quelqu’un venait irrémédiablement l’emplir.

Toutes ces montagnes à escalader au petit matin pour se rendre au véhicule entraînaient un coup de balai sur Tipiti avant de s’asseoir dans le véhicule. Pauvre Tipiti! À chaque matin, ces montagnes le dépassaient de tête et d’esprit.

Qu’à cela ne tienne, j’ai espionné. ESSSSpionné.

Résultats de l’enquête:

Les voisins de Sonpére, ceux-là même qui ont clotûré leur terrain en empiétant sur son terrain, ceux-là aussi qui ont construit leur cabanon en empiétant encore plus sur le même terrain, déposent leur neige un peu partout.

Leur marde blanche!

Leur marde blanche dans l’allée de Sonpére, dans l’allée des piétons, dans le stationnement des visiteurs. Leur marde blanche partout… sauf sur leur terrain!

Rugissement.

Mesures disciplinaires :

J’ai pris congé du bureau. Pas pire que ceux qui s’absentent pour faire du ski. (À chacun son sport favori.)

L’après-midi m’a donc permis de retourner la marde blanche à son propriétaire.
Chaque flocon.
Tous les flocons.

L’envahisseur me regardait faire par la fenêtre. Elle m’ESSSpionnait à son tour. Je ne voyais pas son visage, mais je distinguais sa silhouette à travers les rideaux.

J’ai pris mon temps, espérant ainsi créer assez de hargne pour la faire sortir de sa tannière. Elle n’est pas sortie, la peureuse. Dommage, car j’avais préparé pour l’occasion un long et édifiant discours sur les bienfaits d’un bon coup de pelle.

J’ai quand même fait un froncement de sourcils vers la fenêtre.

Pour la forme.


les oiseaux

8 octobre 2008

Question.

À l’automne, pourquoi les oiseaux se regroupent-ils sur les pancartes des autoroutes? Ils prennent la 40 pour aller dans l’sud?


Automne, automne!

24 septembre 2008

24 septembre 2008

Cher journal virtuel,

Aujourd’hui, l’automne est arrivé. Il faisait chaud, il faisait beau. L’automne s’était fait frère jumeau de l’été. Néanmoins, ce n’était pas l’été, et je le ressentais de tout mon être.

Était-ce cette lumière un peu plus douce, un peu moins tape-à-l’oeil? On aurait dit que le soleil nous regardait la tête penchée, la tête pensive. Il se faufilait sous le pare-soleil, nous rappelant sa présence de la grimace avec laquelle nous lui répondions.

Était-ce la petite laine, ou le manque blanc, ou la disparition des orteils?
Tout ce tissu!
Y’a trop de tissuuuu!

Était-ce le sac d’école sur la banquette arrière, la marelle sur le trottoir, la cloche de la récré?

Non.

C’était seulement cette sensation, ce petit mouvement d’être qui rappelle que le temps des récoltes est maintenant terminé. En retard sur la fourmi, la troupe s’est mis au boulot : dans sa cuisine d’hiver, mon corps fait ses conserves.

Tout plein de couleurs, tu as mis ton costume de carnaval pour venir nous saluer. Salut, l’automne!

Pardonne-moi de ne pas participer à la fête… j’ai chanté tout l’été!


Le printemps? Présent!

10 mars 2008

Le soleil a pris son angle, il m’illumine. Malgré la neige qui ne cesse de tomber, et tomber, et tomber encore, je me sens toujours spring.

Plusieurs me disent que le printemps n’est pas encore là, tempêtes de neige répétitives, records provinciaux, centimètres et prévisions météo à l’appui.

 À eux, je réponds toujours de la même façon :

- En mai, diras-tu que c’est le printemps?
- Mais, euh, oui!
- Et s’il neige en mai, diras-tu que l’hiver est de retour?
- Mais, euh, non!
- Alors le printemps est arrivé. Soleil à l’appui.

Toute cette introduction pour ne rien dire et amener un sujet autre…

J’écris! J’ai recommencé à écrire!

Cahier-rouge-donné-par-Monlion à l’appui.


Le jour de Lalionne

23 février 2008

Il fait beau… ça sent le printemps!

Lalionne ayant pelleté tout l’hiver, elle retrouva en ce 23 février 2008 l’ami de ses pensées, l’amant de ses rêveries, le témoin de ses amours, son balcon-déjà-sur-la-fesse, pour enfin s’y reposer.

«Oh, mon Balcon, comme tu m’as manqué! Je t’ai entendu grincer, je t’ai entendu te plaindre tous les jours des rigueurs de l’hiver! Et toi, m’as-tu entendue, comme tous ces gens qui m’ont soutenue?»

Première séance de la saison 2008-2009, Lalionne désirait souligner. Le pfft de la canette de bière réservée pour l’occasion retentit clairement dans le silence de la rue, se réverbéra sur les murs de brique rouge, puis alla diminuant dans la forêt qui se trouvait juste en face, jusqu’à être étouffé par la lourde neige qui couvrait les branches.

«C’est le printemps!», chantaientles oiseaux, dont le gazouillis faisait le chemin inverse.

Euphorique, Lalionne leva sa canette vers le ciel, songea à tous ceux qui en avaient bavé -pour eux-mêmes ou pour les autres- et s’inclina. «Salute! Bonjour soleil, bonjour printemps, bonjour princesse!»

L’écureuil qui passait sur le fil électrique au même moment sembla surpris. Que cette bizarre de bête à crinière le salue était assez saugrenu pour lui faire rebrousser chemin en secouant la tête. «En voilà une bonne! Les lions et les écureuils deviendraient amis? Le roi de la jungle s’inclinerait devant moi? C’est le voisin corbeau-fromage qui n’en croira pas ses oreilles!»

Pour Lalionne, nul doute que le printemps portait bien son nom anglophone. Un long fil de fer enroulé sur lui-même et rétréci pendant toute une saison qui, sur le coup de la chaleur, reprenait forme et s’élançait : spring!

Seul bémol, Lalionne avait vu une ombre, indistincte et furtive, sur les lames du balcon. Son ombre. Marmotte, Lionne, c’est selon, mais cela signifiait de toute façon que l’hiver durerait encore 6 bonnes semaines. 6 semaine, c’était le mois de mars au complet, avec ses tempêtes de neige et ses problèmes de stationnement. 6 semaines, c’était 3 gardes partagées. 6 semaines…

Néanmoins, elle n’en avait cure : que cet hiver perdure s’il lui chantait, Lalionne chanterait.

Le printemps était à la porte de sa vie, et avec lui, il ramenait le soleil.