Le deuxième jour

19 août 2009

Le deuxième jour, c’est un Tipiti inquiet qui s’est présenté au camp sports.

Ne pas l’alarmer, ne pas l’inquiéter davantage : «Alors, mon Tipiti, tu es prêt pour une autre journée?»

Sourire hésitant.

Encore une fois, j’ai attendu le début des activités avant de quitter, pensant que lors des activités supervisées, il aurait la paix. Le méchant, il est dans le groupe de 12-17 ans, non?

Espèce de méchant de 12-17 ans!

Hmpff. Un groupe de 8-11 ans, l’avais-je oublié?

11 ans.

11 ans, et gros comme une armoire à glace. Deux Tipitis de 8 ans entrent en entier dans ce grand de 11 ans, ce Olivier…

Ce Olivier qui, du haut de ses 11 ans, a vite compris que les moniteurs de sévissaient pas.

Qui a également compris qu’en tapant sur les petits, il aurait le contrôle.

… même, qui a compris que les petits qui avaient été épargnés le premier jour se rallieraient à lui, par peur des représailles.

11 ans, dans ce groupe, c’est la loi du plus gros singe.

Ce deuxième jour, en bon fils de fonctionnaire et pacifique déclaré,Tipiti a (encore!) suivi les étapes de la gestion de conflits :

1. Discuter avec la personne
Aucun résultat.

2. En parler aux autorités
Sa monitrice lui a répondu d’ignorer les remarques des autres et a dit aux petits garnements d’arrêter.

Ce deuxième-soir-là, Tipiti ne m’a pas raconté ce qu’il avait enduré. Était-ce pour ne pas m’inquiéter outre mesure? Était-ce un moyen de défense personnel?

En fait, je crois bien qu’il s’agissait d’espoir.

Un satané foutu gros espoir : vers la fin de cette deuixième journée, le p’tit-gros-singe ne sentait pas bien. Il avait mal au ventre. Il est allé à l’infirmerie, puis a quitté en avance.

HAHAHAHAHAHA!

Aucune pitié!

Qu’il paie, le p’tit gros! S’il ne se sent pas bien; ça nous fait nous sentir mieux. Son mal de ventre dénoue notre ventre!

Tipiti croyait que le p’tit gros ne serait pas là au troisième jour, moi aussi.

La liberté pointait.


Le premier jour

18 août 2009

Il avait hâte d’y aller.

Il était inscrit depuis le mois de mai. Depuis le mois de mai, il nous cassait les pieds avec son camp multi-sports. Il avait tellement hâte!

«Je vais faire du trampoline, du soccer, du golf, des arts martiaux… Il faut que je bouge tout l’été, parce que je dois être en forme!»

Il a attendu. Tout l’été, il a attendu cette semaine. Chaque percée de soleil le voyait sortir, jouer au soccer, au basket-ball… il nageait à tous les jours.

Enfin, au dernier dimanche venu, il avait mal au ventre. Trop excité. S’endormir lui a pris des heures.

Le lundi, je suis allée avec lui au camp.

Anxieux.

Et s’il n’y avait pas d’ami intéressant? Et si…

J’ai attendu avec lui, bien qu’un service de surveillance pour tipitis comme lui soit en fonction. Ensemble, nous avons exploré les lieux. En bonnelionne, j’ai pensé que de connaître le territoire pouvait le rassurer.

À 9h00, je l’ai vu prendre son sac, puis sa cantine, inspirer bien fort, puis suivre son groupe.

Un groupe de 8-11 ans.

Intérieurement, j’ai pensé que c’était une drôle de façon de coupler les jeunes, de couper les groupes. 11 ans, c’est vieux. 8 ans, c’est bébé.

Je suis partie avec un mal de ventre, inquiète de penser qu’il pouvait ne pas aimer…

Le soir venu, mon Tipiti était tout content de sa journée. Il avait fait de l’auto-défense, de la natation, avait joué au ballon. Au souper, il nous a fait une démonstration de quelques prises d’auto-défense.

Puis…

- Tu sais, le garçon avec lequel tu as parlé, le grand de 11 ans, Olivier? Il était avec un ami plus vieux, d’un autre groupe. Son ami, il m’a dit : «Je vais te péter les dents, et ta mère ne te reconnaîtra plus.»

- QUOI????

- Puis il m’a dit : «Je vais t’encastrer les couilles dans la vitre.»

- Et toi, qu’as-tu fait?

- Je lui ai dit d’arrêter. Et je l’ai dit à son moniteur.

- Et qu’a dit le moniteur?

- Il m’a dit de l’ignorer, puis a dit à l’autre de ne plus dire ça.

Bravo pour les moniteurs!

Très inquiète en raison du manque d’action du moniteur, j’ai discuté des options avec mon Tipiti. Nous avons fait le tour du répertoire de gros mots de Sonpére, mais Tipiti ne voulait pas les utiliser. «Je ne veux pas dire de gros mots. Et je ne veux pas me battre. Je suis pacifique, moi!»

Inutile de dire que Lalionne n’a pas très bien dormi…


Calme plat – Le retour (semi)

18 août 2009

Le retour…

Semi.

Semis.

Je sème quelques mots, pour voir si ça prendra.

Je suis en jachère.