Je ne suis pas dépressive, ni dans une situation irrécupérable. Néanmoins, et c’est le cas aujourd’hui, il m’arrive parfois de sombrer dans un état passager de tristesse et de mélancolie.
Sans vraiment désirer parvenir à identifier les raisons de mon lamentable statut, je me laisse doucement glisser dans cette ombre, bordée par l’impression nébuleuse que m’y lover quelques heures me soulagerait.
Sans combat, je m’abandonne donc à des pensées négatives, des idées noires, des scénarios catastrophes. Sadique et masochiste à la fois, je me raconte des histoires qui me torturent et me mettent dans un état pitoyable, mais je ne les empêche pas. Je les alimente.
Ray, ma psy, m’a demandé de cesser ce petit manège. Pourquoi?, que je lui ai demandé. Parce que ces pensée négatives t’empêchent d’être heureuse. Les psys voudraient toujours que l’on soit heureux. Selon eux, c’est leur boulot : permettre à l’être humain de se sentir mieux. Et pour être mieux, il FAUT être heureux!
Pauvre Ray!
Heureux… tout le temps? Sans pause café? J’ai seulement envie de pencher du côté obscur pour quelques heures et me prélasser dans la mélancolie, tu comprends?
Être mieux sans être tout à fait, à 100%, heureux… c’est impossible?
Et si, pour une fois, Ray admettait que la tristesse, la peur ou la colère sont partie intégrante de la vie, qu’elles sont nécessaires à la réalisation de l’être? Que les émotions négatives, même imaginaires, doivent également être vécues… et pleinement?
Tant pis pour la psy, je lui ai donné son bleu pour me complaire sans remords dans mes histoires.(Payer pour mentir à sa psy n’est pas un bon investissement. )
Et tant pis si certains me jugent inapte à la vie en société, me croient dépression ou bipolaire, mais il m’arrive de broyer du noir, de me faire peur avec mes histoires inavouables, de me dire que la mort au quotidien aiderait la vie, de pleurer sans raison valable et de me prendre en pitié.
À ces juges, je dirai tout de même ceci :
- Il y a les adolescentes qui écoutent une chanson triste en boucle pour mieux pleurer leur première peine d’amour
- Il y a les films d’horreurs
- Il y a les biographies best-seller de femmes battues, violées, vendues
- Il y a Auschwitz sur la liste du patrimoine mondial de l’UNSECO
- Il y a les sports extrêmes
- Il y a Lalionne qui, par temps gris, se raconte des histoires de peur.
Corneille (le chanteur) complétera :
J’aimerai chaque haine comme si c’était la dernière
Pa la pa, pa!
4 juin 2009 à 12:39 |
Un mien blogami, psy à la retraite, m’a souvent conseillé le contraire:
“Vis pleinement ta peine, douleur, tristesse, plutôt que de les refouler. Il faut savoir accueillir ses sentiments (au lieu de les éviter et les refouler) quels qu’ils soient .”
Depuis qu’il m’a dit ça je me sens mieux.
4 juin 2009 à 19:16 |
Val, ton blogami ne se faisait pas payer pour te conseiller!! hihih M’est avis que plusieurs Ray de ce monde recommandent ce que MA Ray m’a conseillé uniquement dans le but de nous garder dans notre état pitoyable…
Grâce au ciel, certains, comme ton blogami, sont assez gentils pour permettre à des Val et des Lionnes de sourire! bisous