Assise dans mon véhicule devant le terrain de soccer, j’attends que les amis du bureau se présentent au rendez-vous qu’ils m’ont donné. 1 heure plus tard, je les croise dans le corridor de notre édifice et ils m’annoncent que la partie a été annulée.
Toujours assise dans mon véhicule, j’observe une dame qui élimine les petits cailloux de son entrée d’asphalte à l’aide du boyau d’arrosage. J’entends à la radio qu’on annonce pour ce soir une pluie torrentielle accompagnée de vents violents. Au mieux, la pluie aurait pu faire le travail à sa place. Au pire, elle devra recommencer après la pluie et les vents.
L’homme arrive avec son nouveau pick-up rutilant. Il habite en ville. Il fait 10 km sur le boulevard pour se rendre au travail, 10 pour en revenir. Il n’a pas de chalet, pas de terre à bois, pas d’ami qui déménage, pas de roulotte à traîner. Sa femme me dit : «Il en voulait un depuis tellement longtemps, alors il s’est gâté.» Elle me fait un clin d’oeil complice, du genre j’ai-cédé-à-son-caprice.
Il est adossé au poteau sur lequel se trouve le cendrier. Il parle, me raconte sa fin de semaine, fume, pompe et pompe. Il termine son discours en laissant tomber le mégot à ses pieds. Il quitte.
La direction nous fait parvenir un courriel. Les points importants sont mis en évidence par l’usage du bleu électrique ET du soulignement… sans hyperlien.
Parfois, je me demande si certains croient qu’ils sont si importants que leur monde est à part.