Je suis timide.
Bah, moi, timide?
Bah ouais. Malade de timidité. Ti-mi-di-té-ma-la-dive.
Tel un calepin Bob l’éponge, mon gros cerveau niaiseux catalogue en RCAA2, indexe plein texte et classifie en LC tous les petits événements qui vous semblent anodins, à vous, les pas timides. Une giga banque de données interne avec recherche intuitive et suggestions de lecture.
Depuis ma naissance.
J’ai dû être gênée le jour où j’ai poussé mon premier cri.
Depuis ce temps…
Réunion réunissant mon boss, mon amie collègue et son boss. Ils disent n’importe quoi, s’emplissent l’un et l’autre sans réaliser qu’ils se font emplir l’un et l’autre. Je me tais. Parce que plus tôt, j’ai pensé (rien que pensé) ouvrir la bouche pour répliquer.
J’en ai tremblé, j’ai manqué d’air, j’ai plaqué rouge. Mon coeur de pomme en compote sans sucre.
Comme des milliers d’autres, ce souvenir me reviendra en mémoire lors de la prochaine réunion pour me farder d’écarlate et accompagner l’orateur d’un halètement moulinet-à-compote-de-pommes. Et je me tairai encore. Une âme plus sensible que les autres aura peut-être compris que je n’étais pas en accord.
Si je n’étais pas timide, je rêverais de rencontrer Robert Lepage. N’est-il pas fantastique?
Si je n’étais pas si timide, je crierais même au génie comme tous les autres.
Je ne figerais pas. Je ne jouerais pas les blasées qui se retient de dire «t’es bon, on t’aime, j’aime ton travail…», parce que je n’aurais pas besoin de le lui dire : il est timide aussi. Entre timides, on se comprend. Sans mots. Sans ces mots, on pourrait discuter.
Si je n’étais pas timide, je rêverais de rencontrer Robert Lepage, et je n’aurais pas peur de gâcher mon rêve en raison de ma ti–mi-di-té.
Compote de pommes.
12 mai 2009 à 00:55 |
Dans votre blogroll (pas mis à jour en dépit de votre gros cerveau niaiseux qui…) se cachent d’autres timides (ma-la-di-ve-ment-ti-mi-des).
J’en ai rencontrée une autre le mois dernier, je vous donnerais bien le lien vers le blog où elle a décrit notre rencontre mais je crains que vous ne vous y rendiez jamais, aussi vais-je m’en abstenir.