Je lève mon verre

31 mai 2009

J’m'emmerde. Là-haut sur la montagne de Sonpére, je m’emmerde au point d’avoir passé la matinée à revamper son sous-sol.

Et je suis frue. Chu frue.

Mon problème, c’est que Tipiti a grandi. Il n’a plus besoin de la mère animatrice de terrain de jeu… Maintenant, il me laisse tomber au premier ami venu.

***

Et à 10h45 ce matin, Tipiti est allé chez le premier venu pour jouer avec lui. Il est revenu bredouille, parce que «les parents de Premier venu ne sont pas encore debout.»

Premier venu s’est donc présenté à 12h00. Je sais pas, mais il n’y a pas  comme une règle tacite qui dicte un peu la conduite de visite? Genre qu’à midi, en pleine heure du repas, tu te retiens d’appeler ou d’aller déranger…?

***

Après son dîner, Tipiti est allé rejoindre l’ami en question, qui l’attendait sur le perron. MON perron.

L’ami demeurant au-l’armée, un de ses parents (ou les deux) est forcément militaire. Or, lorsque Tipiti propose d’aller jouer chez lui avec des fusils, Premier venu affirme : «Ma mère dit qu’y'a pas un maudit fusil qui rentre dans sa cour.» Première nouvelle.

Je demande pardon à l’avance à ceux qui sont CONTRE les émissions présentant des scènes de guerre, contre les jeux vidéo portant sur la guerre ou contre les jouets d’enfant à caractère violent (comme les fusils). Je suis capable de comprendre votre point de vue.

Néanmoins, entre vous et moi, lorsqu’un parent est militaire, l’enfant est déjà au courant de l’existence de la guerre. Il DOIT l’être. Cet univers, celui de son parent, doit être démystifié, dédramatisé. C’est illogique de pratiquer un métier dont l’outil par défaut est le fusil, et de nier l’existence de cet outil. Y’a pas comme un paradoxe?

Et à votre avis, ET DE TOUTE FAÇON, que font les enfants? Ils vont chez l’ami chez qui c’est possible de jouer!

***

Plus tard, comme il pleuvait à boire debout, les petits jouaient à l’intérieur. Tipiti a alors proposé à Premier venu de jouer à des jeux vidéo.

«Non, on joue pas. Ma mère veut pas. Elle dit que ça ramollit le cerveau, et qu’après, on n’a pu d’imagination.»

Une autre affaire. Je n’élaborerai pas sur le sujet, parce que je serai vraiment TROP frue.

***

Bref, Premier venu est arrivé chez moi à 12h, est parti à 17h30, est revenu à 17h44, et s’est vu mettre à la porte à 21h00, parce que «mes parents ne me donnent pas d’heure de rentrée.»

9 heures de temps! Et en aucun temps (aucun!), les parents de Premier venu (8 ans) ne sont venus aux nouvelles.

Tout ça pour dire que, ce soir, en état de totale frue…

Je lève mon verre à ces parents d’enfants de 8 ans qui se lèvent à midi

Et qui le laissent traîner dans les rues toute la journée sans se questionner.

À ces parents qui édictent de rigides règles de vie

Et qui laissent le soin aux autres parents de les faire respecter.

Salute, les champions!

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Suivi

31 mai 2009

Papistache, Val, amis, récapitulons.

Encore bébé lala sur le marché du travail, je n’avais qu’un soupçon d’idée de ce que pouvait signifier l’attribut «gestionnaire».

L’unique boss que j’avais eu nous laissait libres dans nos dossiers, n’assurait pas de suivi, ne questionnait jamais. J’interprétais son comportement comme étant un signe de confiance, alors qu’il s’agissait d’indifférence… ou de lassitude.

Ce boss ayant obtenu une promotion, je me suis retrouvée sous l’égide de Patron.

Ne voulant pas brusquer les choses, Patron a maintenu l’approche du boss précédent. Néanmoins, sachant qu’il n’agissait pas ainsi avec ses anciens employés,  j’ai pensé qu’il était indifférent à mon travail. Dans mon esprit, le déménagement du Centre de documentation en avait été la preuve irréfutable.

J’ai donc éclaté. Une crise de larmes en bonne et due forme, «je ne suis pas heureuse, et ça va mal, et Perroquète n’arrive pas à faire son travail, et je n’arrive pas à obtenir les rendez-vous avec les autres patrons parce que je ne suis qu’une simple technicienne, et bla blabla.» Unelionne rugissante, qui griffe et blesse au passage, qui grogne et immobilise dans son élan la nature environnante.

Ce qui a sauvé la mise?

Patron est sensible. Il arrive toujours à identifier les points fondamentaux d’un discours afin de bien cerner les besoins réels. Même lorsqu’il a comme interlocutrice une criseuse de larmes qui porte tous les maux de la Terre sur ses épaules.

Ainsi donc, après une autre discussion, sans larmes cette fois-ci, Patron a compris que je désirais un appui de sa part… Ce qu’il a fait, et n’a jamais cessé de faire depuis.

Maintenant, entre nous, le parfait bonheur!

Il souligne mes bons coups, me ramène à l’ordre lorsque je m’égare, me défend envers et contre tous. Sa seule demande : «je veux être au courant. Même si c’est une mauvaise nouvelle, je veux le savoir, et je pourrai répondre lorsque ça éclatera!»

De bébé lala, il m’a guidée jusqu’à mon adolescence du monde du travail. «Prends ta place, Lalionne. Identifie tes alliés. Contourne tes ennemis pour aller chercher l’allié qui est plus haut. Réponds à leur demande si c’est possible, mais n’hésite pas à mettre tes limites. Toujours, toujours, Keep it simple, stupid.»

Et maintenant que son départ à la retraite est imminent, il me regarde devenir adulte dans le monde du travail. «Lalionne, t’as plus besoin que je t’accompagne sur c’coup-là, hein? Lalionne, ça ne fait pas partie de tes dossier, mais j’aimerais bien avoir ton avis sur un de mes dossiers.»

Dernièrement, aux lignes ouvertes à la radio, la question était : «Quelle est la principale qualité d’un bon boss?»

Si j’avais appelé (chose que je ne ferais jamais!) ma réponse aurait été celle-ci : un bon boss est un Patron qui s’assume.

En regard de cette définition, mon patron est un EXCELLENT boss.

  • Patron assume les décisions qu’il prend, qu’elles aient un effet positif ou négatif sur notre moral.
  • Patron assume que son travail consiste aussi à gérer les effets  des ses décisions.
  • Patron assume le travail de ses employés et en répond devant la Direction.
  • Patron assume les décisions de la Direction et en répond devant ses employés.
  • Patron assume qu’il est un boss et qu’il doit gérer différentes personnalités.

Et, plus que tout, Patron assume qu’il joue un rôle important dans la vie de ses employés : celui de les aider à se réaliser.


(pas de titre)

30 mai 2009

Ce billet est sans titre parce que je n’ai rien, mais absolument rien à dire à propos de rien, mais vraiment rien.

J’ai mal aux orteils, les deux gros qui dépassent orgueilleusement tous les autres sont punis : ils saignent par en-dedans de leur ongle.

Et puis, j’ai mal un peu partout, parce que j’ai joué au basket. J’ai à cet effet découvert que sous mes bourrelets dorsaux se cachent des muscles qui désespèrent de grossir.

J’ai appris la mort de Marcel Béliveau et l’anniversaire de naissance des jumelles Dionne.

J’ai osé annuler un dîner avec des collègues parce que je n’avais pas envie d’y participer. Bravo.

Sherlock en est à ses dernières histoires, ça me rend un peu triste. En même temps, j’ai un peu hâte : le dernier de Fred Pellerin m’attend sur la table de nuit!

(Note à Val: en réponse à ton commentaire sur le message précédent : mon milieu de travail étant une bibliothèque portant sur l’agriculture, je me vois mal te proposer, quoique bien intéressante, une monographie traitant des nématodes de la pomme de terre… J’irai donc pour celui qui tu viens peut-être de lire en images, Fred Pellerin! Un peu de folklore québécois  raconté par un amoureux des motes permettra certainement de faire pénétrer le vent d’été par les fenêtres de ton imagination et faire virevolter les rideaux de ton insouciance! Son dernier : L’arracheuse de temps.)


À la bibliothèque

29 mai 2009

(Avis à tous ceux qui affirment que
le bonheur ne se trouve pas dans les livres.)

Adolescente, j’étais impressionnée par Monsieur P-H, le vieux bibliothécaire de l’école.

PP-H arrivait à repérer dans le bon rayon, sur la bonne tablette et à la bonne cote, sans regarder dans son catalogue informatisé, le document que vous aviez demandé ou qui pourrait vous intéresser.

Vous demandiez, le vieux bibliothécaire allongeait le bras (qu’il avait très maigre) et vous sortait sa magie.

Un policier? Tu connais Agatha? Ah, tu as déjà lu… oui, tu as raison, ça se réchauffe assez vite. Tiens, prends ce Mary Higgins Clark. Mais attention! Tu la brûleras après 2 romans!

Virginia C. Andrews? Bof, tu sais, quand tu as lu une série, tu les as toutes lues!

Ah!!! Un connaisseur! Non, nous ne gardons que La peste et L’Étranger. Ces livres ne sortent pas souvent d’ici…

Oui, oui, oui… c’est un vieux roman… attends, il est bleu, le dos est un peu déchiré… Quoi, il n’est pas là? Ahhhh, le voici! Quelqu’un a dû le consulter et le reclasser à la mauvaise place! Ah oui, en effet… Regarde la cote!

En retenue? ET tu n’aimes pas lire? Tiens, prends ce Livre des records Guiness!

Son habileté à retrouver les documents à travers ces codes et ces tablettes me fascinait. Comment faisait-il pour savoir exactement où se cachait chacun des livres de la bibliothèque?

Et bien, vous savez quoi?

Maintenant que c’est moi, Madame P-H;

Maintenant que j’arrive à étirer le bras pour sortir la magie de mes tablettes;

Maintenant qu’à votre demande, je me dirige vers le bon rayon et regarde sur la bonne tablette;

Maintenant qu’à votre demande, je repère  en un seul essai et sans hésiter «le document à reliure spirale qui traite des recommandations du MAAARO pour les grandes cultures…»;

Maintenant que j’arrive à faire comme le vieux P-H, je connais le secret…

Et ça s’appelle Le bonheur au travail!


À chacun sa routine

28 mai 2009

Aux environs de 20h00, c’est mon heure!

Je prépare du café.

La cafetière est devant la fenêtre.

Lundi, 19h53, il a fait le ménage de son 4*4 noir.

Mardi, 20h04, il a préparé le vélo de sa fillette.

Mercredi, 20h26, il a ciré ses bottes de au-l’armée.

Jeudi, 19h47, il a zigoné sous son 4*4 blanc.

Note à moi-même : vérifier télé-horaire; enquête habitudes télévisuelles de madame; émission entre 19h30 et 20h30; quotidienne.