Réponse à Tilu

13 mars 2008

«Il a bien raison de s’exprimer…. on lui demande son avis ,il le donne…. enseignement religieux? c’est obligatoire chez vous? ou alors tipiti est dans une école privée?» — Tilu

Chère Tilu, d’une part, laissez-moi répondre à vos questions.

Le Québec est jeune. Comme vous le savez certainement, la ville de Québec, le berceau de l’Amérique française, fête cette année son 400e anniversaire. 400 ans, c’est très jeune! Et, par ailleurs, cette province relève du Canada et de sa constitution.

Ce n’est donc qu’à partir de1997, année de l’abolition d’un article à la Consitution canadienne, que le gouvernement du Québec a pu déconfessionnaliser les écoles. ( Je vous propose à cet effet de lire la page suivante, qui est fort intéressante : confessionnalité et laïcité dans l’histoire du Québec.) Du coup, certes, nous sommes arriérés!

(Et ce n’est qu’à partir de la prochaine année scolaire que l’enseignement religieux sera retiré du programme d’enseignement…)

D’autre part, je dois avouer que j’avais oublié qu’une enseignante faisait partie de mes lecteurs. OUPS!

Alors, ma chère enseignante, soyez assurée que je ne mets nullement en doute le jugement de l’enseignant d’éducation physique (ni celui de n’importe quel autre enseignant), qui ne peut qu’évaluer ce qu’il voit EN CLASSE de la compétence de l’enfant -et je cite- à «se donner les moyens pour adopter un mode de vie sain et actif.»

Toutefois, dans le cas présent, j’étais d’accord avec Tipiti.

D’accord, car il est cet enfant que vous souhaitez ne jamais rencontrer au supermarché si vous avez eu le malheur de céder au sac de croustilles : parfait inconnu, il vous dira tout de même que ce n’est pas bon pour votre santé, car ces trucs graisseux boucheront vos tuyaux.

D’accord, car depuis tout petit, il évalue l’apport nutritif de chaque aliment que l’on met dans son panier : celui-ci a trop de gras, celui-là a trop de sucre. «Maman, est-ce qu’il y a du sucre dans ces pâtes?» À une certaine période, cela en était pratiquement devenu une maladie, et Sonpére et moi avons dû lui calmer les ardeurs par peur qu’il n’ose plus rien manger!

D’accord, car il fait partie de ces enfants bizarres qui préfèrent une tomate ou un coeur de palmier à un biscuit comme dessert; qui n’aiment ni la gomme, ni les boissons gazeuses; qui salivent devant le saumon fumé et les comptoirs à sushis et crachent sur la poutine. (vous connaissez la poutine?)

D’accord, car il est actif, il pratique son sport avec passion, et a à coeur de demeurer en santé…

Et enfin, tout comme vous, d’accord sur le fait que lorsque l’on nous donne le droit de nous exprimer, il faut le prendre!


Oh yoy que ouiiii!

12 mars 2008

Je suis bel et bien la mère d’un enfant de cette lignée . S’il m’arrivait encore d’en douter par souci de justice envers un garçon de 6 ans qui fait ses débuts dans la société, il m’a prouvé ce soir qu’il en était. Une saleté de tête de cochon.

Tipiti a reçu aujourd’hui le bulletin pour la deuxième étape.

Comme à la première :
Mathématiques et sciences? Excellent.
Français? Excellent.
Anglais? Excellent.
Musique? Plus qu’excellent.

Enseignement religieux?
Très bien, mais il faut dire que son commentaire à l’enseignante a certainement influencé le résultat. (Madame, si Jésus vivait sur la Terre et que c’est lui-même qui a créé la Terre… comment il a fait? «Mais, mon enfant, c’est son père, Dieu, qui a créé la Terre.» Mais alors, pourquoi ils ont dit à l’émission Découverte que la Terre avait été créée par le choc entre des caillous dans le ciel, ce qui a créé de la chaleur, et un noyau et tout?)

Arts plastiques? Correct. Bon, il n’y a qu’à voir la rapidité avec laquelle il expédie ses travaux d’arts pour ne pas être surprise.

Éducation physique, volet vie saine? Très ordinaire.

« QUOI???? Mais je suis très bon en éducation physique. Et puis, je fais du patin de vitesse, je mange jamais de bonbons et je surveille mes calorifères sur la bicyclette! C’est pas juste! »

Outragé. Offensé.

Après en avoir fait la lecture, les enfants sont invités par les enseignants à écrire leur appréciation du bulletin. Je retranscris ici, en intégral, le commentaire de ma saleté de tête de cochon de fils :

«Je trouve ça Formidable. Je ne suis pas d’accord avec ma note en éducation physique» Point gros comme la ligne, signature.

Et voilà! Première année primaire, et il monte déjà aux barricades pour faire valoir ses droits.

(C’est Sonpére qui doit être fier…
Comme SaMére, qui est encore plus fière que s’il n’avait obtenu une note excellente.)


Tête de cochon

11 mars 2008

Tête de cochon. Voilà l’épithète accrochée inévitablement à cette famille.

Pas têtus, pas entêtés, pas ti-jos-connaissants. Non, assez têtes de cochon pour vous argumenter à vie sur le fait qu’ils ne sont PAS têtes de cochon.

 Il y a d’abord eu Grand-Maman-L.

Avant d’aller la visiter pour la première fois, on m’avait dit : «Ostine-la pas, c’est tout ce que je te conseille. C’est une ostie de tête de cochon»

Tête de cochon, Grand-Maman-L l’était tellement, qu’elle a fait un pied de nez à la vie en décidant de vivre jusqu’à 106 ans, question de rencontrer tous ses arrière-arrière-petits-enfants.

Tellement tête de cochon que le jour où les dirigeants de son hospice ont décidé de donner sa tâche de confection des tartes à une autre, elle s’est insurgée, la flamme à l’oeil malgré ses cataractes et le poing levé malgré le tremblement : «Alors quoi? Vous allez quand’même pas donner ma job à une tite jeune de 80 ans?»

Il lui ont redonné la tâche.

Puis, il y a eu sa fille, dite Mammie.

Avant ma première rencontre avec Mammie, devinez le conseil?

«Ostine-la pas, c’est tout ce que je te conseille. C’est une crisse de tête de cochon.»

Mammie, en bonne fille, a suivi sa vie durant les traces de Grand-Maman-L sur les voies de la tête-de-cochonceté, débattant avec tout le monde, même avec sa mère.

Puis, malade, les médecins lui ont annoncé qu’il ne lui restait que très peu de temps à vivre, des semaines tout au plus.

Pfft! Si le bon Dieu n’avait pas eu de pouvoir sur Grand-Maman-L, ce ne serait certainement pas des médecins (des jeunots!) qui dicteraient à Mammie quand elle devait mourir. Elle a donc envoyé promener les diagnostics (ainsi que les jeunots qui avaient eu le malheur de les prononcer) pour retourner chez elle.

La maladie, qui est peut-être la seule chose à être aussi tête de cochon que cette famille, a repris le dessus et renvoyé Mammie aux urgences.

(«La maladie, c’est tête de cochon en tabarnak.»)

Mammie a étiré, puis étiré… jusqu’à recevoir des doses de morphine propres à tuer un cheval.

Seulement, Mammie n’était pas un cheval, mais une tête de cochon.

Du coup, elle a étiré encore.

Puis un jour, son coeur s’est éteint. Il a cessé de battre.

Cette femme était tellement tête de cochon que je suis certaine qu’elle est allée au ciel pour botter le derrière de Saint Pierre en lui disant que ce n’était pas encore l’heure…

Car son coeur s’est mis à battre de nouveau.
Puis s’est arrêté.
(Pauvre Saint Pierre.)
Puis a repris.
Puis s’est arrêté.
(…)
Puis a repris.
Puis s’est arrêté définitivement…

Grand-Papa, fils de Mammie.
Ai-je réellement besoin de faire un dessin?

Haut gradés, enseignants à l’université et autres «voix de la vérité», ne vous surprenez pas de voir cette main se lever sans gêne
pour discuter la véracité de vos enseignements : Sonpére est allé à bonne école, celle de la génétique.

Soupir.
Dire que j’élève un enfant de cette lignée!

«Soupir. Et dire que cette lignée ne cesse de se reproduire!» — Saint Pierre

Mes hommages à cette famille à la tête de cochon, mais au coeur d’or;
Mes sincères condoléances à tous pour le départ récent de Mammie;
Mes plus humbles sympathies à Saint Pierre.


Le printemps? Présent!

10 mars 2008

Le soleil a pris son angle, il m’illumine. Malgré la neige qui ne cesse de tomber, et tomber, et tomber encore, je me sens toujours spring.

Plusieurs me disent que le printemps n’est pas encore là, tempêtes de neige répétitives, records provinciaux, centimètres et prévisions météo à l’appui.

 À eux, je réponds toujours de la même façon :

- En mai, diras-tu que c’est le printemps?
- Mais, euh, oui!
- Et s’il neige en mai, diras-tu que l’hiver est de retour?
- Mais, euh, non!
- Alors le printemps est arrivé. Soleil à l’appui.

Toute cette introduction pour ne rien dire et amener un sujet autre…

J’écris! J’ai recommencé à écrire!

Cahier-rouge-donné-par-Monlion à l’appui.