Le froid s’installe…
Pour vous, en ce jour festif de bonbons, un conte de Noël que je tire de mes vieux récits et qui vous préparera à la magie des fêtes.
Le temps des fêtes, ça tire du jus.
C’est énergivore.
8h30 am. On frappe à la porte, j’ouvre. Les yeux mi-ouverts, j’observe sans rien dire la cousine d’en haut avec ses yeux mi-clos et ses rejetons envahir sans rien dire mon chez-moi. Cette belle visite aura certainement faim en aprèm, enwoéye le four à fond de train pour la dindoune.
Monte, descend, monte, descend… les 3 mômes s’en donnent à cœur joie dans le lit-terrain-de-jeux.
Caffffffféééé, je veux un café.
9h00. Je n’arrive pas à déterminer avec précision ce que fait cette pantoufle-rose-et-princesses dans mon sapin, mais pour sûr, Pikatchu n’a certainement pas besoin d’être réfrigéré tout près de mon carton de lait, et mes draps n’ont jamais fait office de chapiteau de cirque auparavant.
Monte, descend, monte, descend… les 3 mômes s’en donnent à cœur joie dans l’immeuble.
11h00. Pantoufle-rose-et-princesses est rejointe dans son épineux domaine par un bas-gris-Spiderman. L’ange, au sommet de cette pyramide épineuse, semble approuver le tout d’un air désinvolte. Bonne nouvelle, Pikatchu a tout de même repris le chemin de la chambre à coucher, accompagné de mon carton de lait qui désire voir du pays.
Alors, il vient, ce cafééééé? (Je suffoque)
12h00. Ils étaient trois, ils ne sont plus que deux. La troisième, elle est passée ousque???? Cherche. Monte, descend, monte, descend, les deux mauvaises mères s’en donnent à cœur joie dans le lit-terrain-de-jeux, puis dans l’immeuble, suivies de près par les deux petits.
L’enfant retrouvée (sous le chapiteau de cirque, avec mon carton de lait), un peu de musique s’impose. Ceci évidemment afin de mettre les enfants en sourdine.
12h30. Je n’ai toujours pas réussi à me rendre à la cafetière.
Café, café, café! (Je souffre)
Et puis, parce que les adultes en visite sont nécessiteux, la cousine d’en haut décide de se sécher les cheveux, chez moi d’en bas.
Un enfant, c’est compétitif. Trois enfants, c’est une compétition. Si la musique les met en sourdine, le sèche-cheveux les éteint.
Enfants-rois jusqu’au bout, ils doivent reprendre le plancher! Allez, hop!, la télé dans le piton. Le chat, grimpé à la dernière branche du sapin (juste à côté de l’ange, qui semble maintenant à l’agonie avec sa tête qui pend dangereusement vers l’avant…), observe le tout de cet air niais que seul les chats maîtrisent avec art. Pantoufle-rose-et-princesses et bas-gris-Spiderman, filent le parfait bonheur dans leur nid d’amour.
Bon, une pause! Vite! Au café!
Empressement… (Je jubile)
Je verse l’eau, j’ajoute la dose recommandée (double dose), et puis… j’appuie sur mise en marche.
Poufff!
Plus de lumière!
Plus de lumière????
Bah, il y a pire : plus de four, plus de sèche-cheveux… Plus de cafetière!
Plus de cafetièèèèère. (Je meurs)
Plus rien, mais encore la télé.
Que le party continusse!
Toujours prévoyante, je n’ai évidemment pas de fusibles pour remplacer le fautif. Inverser, inverser… Il reste toujours bien deux fusibles sur trois qui fonctionnent, alors il faut établir les priorités :
- La télé ou le café?
- La bouffe dans le frigo ou la dinde dans le four?
- Le chapiteau ou le FRIGO?
«La télé! la télé! la télé!!!», de scander la gent enfantine… Et hop, les pancartes à slogan et le pied de grue devant la boîtes à fusibles : «so-so-so! so-li-da-rité! La télé pour les congés!»
Regard-sourcils-en-points d’interrogation de la part de la cousine. «Et le sèche-cheveux?», de crier en italique.
13h30. Les syndicats ont certainement du poids, mais une dictature parentale aussi. Leur confiance retrouvée, à l’instar des politiciens, les adultes tranchent. Accommodement raisonnable : la minorité parentale l’emporte.
Zzzioutgrrr.
Plus de télé, en un effet sonore (le zziout), accompagné de ce que l’on pourrait appeler un cri guttural (le grrr). Trois anges enfantins qui fulminent. L’ange du sapin désire changer de métier.
Fusibles inversés.
Mon café coule (fusible 2), la dindoune cuit (fusible 2), la cousine sèche (fusible 2)… et les enfants braillent (l’équivalent de 3 fusibles qui sautent en même temps).
14h00. Un ami m’a déjà dit que Noël sans neige, ce n’est pas la mer à boire.
Il n’a pas d’enfants.
Il n’a pas de cousine d’en haut qui a deux de ces petites bêtes et qui, de surcroît, préfère se sécher chez la cousine d’en bas.
Il n’a certainement jamais eu à choisir entre le café et la télé.
N’en déplaise à cet ami, il y a un Bon Dieu pour les mères ingrates… Dehors la marmaille! Dans la neige sanctifiée! Je-crois-en-Dieu-Seigneur-tout-puissant-créateur-du-ciel-et-de-la-neige.
16h00. La chevelure de la cousine est-elle sèche ou archi-sèche?
Chose certaine, la dindoune oubliée au four est ultra-sèche.
Jette la dinde, inverse les fusibles parce qu’il commence à faire noir, fait rentrer les flots (monte, descend, monte, descend), Caro arrive et met son ordi en marche.
Poufff!
Plus de lumière!
Plus de lumière????
Le temps des fêtes, ça tire du jus. C’est énergivore.
2 novembre 2007 à 09:08 |
Lalionne,
pour faire l’érudit j’ai placé un mot québécois dans mon billet du 2 novembre.
Une lectrice de votre fuseau horaire me signale une anomalie orthographique.
“Flos” ou “Flots” pour désigner les “kids” ?
Si vous trouviez le temps de passer enrichir la conférence sur la francophonie que j’ai lancée dans les commentaires de mon billet je vous en serais gré.
Les sites qui donnent les expressions québécoises ne semblent pas d’accord entre eux.
Il doit être huit heures du matin chez vous, prenez le temps de vous faire un café et dites-moi si je conserve le T ou je dois le remiser en attendant de braver les flots pour traverser cet océan qui sépare nos deux provinces.
J’espère que je ne vous prive pas d’une grasse matinée ; je sais trop l’importance qu’on accorde à ces petites choses-là !
3 novembre 2007 à 04:37 |
Merci Lalionne
d’avoir pris de votre temps pour éclairer ma lanterne.
J’avais bien cru discerner qu’un tel sujet ne pourrait vous laisser indifférente.
Votre réponse dépasse mes espérances et ne croyez pas que j’éviterai à l’avenir de solliciter votre avis, j’adore vous lire et je ne manquerai pas d’appeler au secours quand l’occasion se présentera.
Embrassez vos “flots” pour moi, vous employez décidément une langue délicieuse.