À la demande de Papistache

J’ai longuement hésité à donner ma recette de pâté chinois, car il y autant de recettes de pâté chinois que de familles québécoises. Loin de moi l’idée de faire de la mienne une référence! Toutefois, ne reculant devant rien, je me lance…

Alors, à la demande générale (i.e. celle de Papistache), voici ma recette, langage québécois inclus(!) :

Tu coupes un gros oignon en p’tits dés, question que Tipiti-qui-n’aime-pas-les-oignons s’en rende pas compte.

Tu fais ehrvenir l’oignon à la poêle.

Tu rajoutes 1 livre de steak haché très-ultra-maigre (sinon, une fois frette, le gras fige dans’ viande pis après ça goûte pas bon.)

Faut bien cuire la viande pour ne pas pogner la maladie de la vache folle ou la maladie du hamburger. Yé marqué sur le paquet de viande, ça doit être vrai.

Pendant qu’la viande cuit, tu pèles un sac de patates au complet (crisse que c’est long, mais y’en rest’ra pour les aut’ jours.) 

Fais bouillir tes patates un bon bout d’temps. Faut qu’ça soit mou, pas motonneux. 

Pendant qu’ça bouille, tu rouvres une grosse canne de maïs en grains pis une de maïs en crème.

Une fois qu’la viande est cuite, tu peux éponger le gras, ça enlève encore un peu de liquide dans l’fond du plat. Moi, j’prends des scott-towels, parce qu’y chient pas dans’viande. Faudrait pas qu’y'aille des bouttes de papier dans le pâté!

Après, ben tu piles tes patates, avec du beurre pis du lait. Mais faut pas trop piler, sinon le pâté va s’effouérer. Tu peux saler pas mal, pac’que des patates pilées, c’est bon quand cé salé.

Pis là, ben après, tu pognes le stock pis tu l’étends en couches, comme y disaient dans l’émission «La P’tite vie» :

Steak-blé d’inde-patates

Ton blé d’inde va se mixer tu-seul, fais-toi-zen pas.

Pis mets pas toutes les patatates, là! Y’en a ben trop! T’es mets dans un tupperware pis té content le lendemain.

T’étends les patates pour qu’ça soit plat, pis tu mets des crottes de beurre s’es patates. C’est ça qui donne la tite-croûte brune qui pogne.

Tu mets ça au four, ché pas trop à quel degré. Faut qu’tu checkes. À un moment donné, le blé d’inde va vouloir quitter le navire, tu y fais le coup du broil. Ça va assez le saisir qu’y va rester. (hahaha, est bonne! Tu la pognes-tu?)

Tu laisses ahrfroidir, le temps qu’ça pogne ben comme faut en tas.

Moi j’le sers dans une maudite grosse assiette, pis j’mets du ketchup. Après, j’mélange tout ça pour faire une bouillie dégueulasse ben étalée.

Pour déguster, je fais des chemins dans le pâté avec ma fourchette.

Pis je beurre une tranche de pain, je mets pas mal de pâté dessus, j’la plie en deux… V’là ma marque de commerce : ma fameuse et très reconnue beurrée-au-pâté-chinois.

Faque c’est pas mal ça!

Papistache, travail pratique :
Dans le texte qui précède, essayez de déterminer 2 sens (il y en a beaucoup plus) attribués au très usuel et très courant verbe québécois «POGNER».

Une réponse vers «À la demande de Papistache»

  1. Papistache dit :

    1/ Faut bien cuire la viande pour ne pas pogner la maladie de la vache folle ou la maladie du hamburger.

    1/ Là, les jeunes de banlieue parisienne diraient : “pécho” pour “choper” (attraper en langage commun)

    2/ Fais bouillir tes patates un bon bout d’temps. Faut qu’ça soit mou, pas motonneux.

    2/ Le sens de motonneux m’apparaît un peu brouillé.

    3/ Pendant qu’ça bouille, tu rouvres une grosse canne de maïs en grains pis une de maïs en crème.

    3/ Du maïs en boite, ok, nous connaissons, mais en crème ? On connaît bien la farine de maïs, alors la crème (?) une sauce épaisse ?

    4/Pis là, ben après, tu pognes le stock pis tu l’étends en couches, comme y disaient dans l’émission «La P’tite vie» :

    4/ Tu pognes, même sens que plus haut : “tu prends”

    5/T’étends les patates pour qu’ça soit plat, pis tu mets des crottes de beurre s’es patates. C’est ça qui donne la tite-croûte brune qui pogne.

    5/ qui pogne : qui fait saliver ?

    6/ tu y fais le coup du broil. Ça va assez le saisir qu’y va rester. (hahaha, est bonne! Tu la pognes-tu ? )

    6/Si je pogne ? Pas du tout ! Le coup du broil ? J’entrave que dalle !

    7/Tu laisses ahrfroidir, le temps qu’ça pogne ben comme faut en tas.

    7/ Ici pogner dans le sens de prendre forme, se solidifie, s’affermisse ?

    En tout cas, merci, je commence à deviner l’aspect du plat et si je voyage outre-atlantique je saurai ne pas passer pour un ignare.

    Il suffirait que je trouve de la crème de maïs et je pourrais même tenter la cuisine exotique (je n’ai pas dit diététique, je me doute que ce plat doit connaître quelques détracteurs, non ?)
    Vous ne dites rien des épices : poivre certainement, noix de muscade ? une gousse d’ail pour frotter le plat ?

    Alors comment convaincre le maïs de rester à bord ?

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