Zamoureuses

8 octobre 2007

Je suis plantée là, devant une version blanche d’un billet WordPress. Rien à dire…

Sur son blogue, Martin Petit commente l’effet de l’amour sur les femmes blogueuses : Blogue love alerte!

«Les femmes sont normalement capables de faire du multi-tâche mais l’amour, l’amour, l’amour semble prendre toute la place.»

M’est avis que cette affirmation manque définitivement de nuance. Et je m’explique.

Par définition, une femme parle de sa vie, at TRÈS large. Placoteuses, potineuses, nommez-les, toutes les épithètes en -euses du dico québécois s’adjoignent sans broncher et avec beaucoup de style à la femme. Pléonasmes? Synonymes?

Soit. Nous aimons raconter ce qui nous arrive, nous faisons dans la métadonnée élaborée. Une rapide analyse des blogues de ce monde permet aisément de constater que, plus souvent qu’autrement, une blogueuse «se raconte et se questionne», alors qu’un blogueur «raconte et questionne.» Pronominales, les femmes…

Néanmoins, si nous sommes potineuses -et PARCE QUE nous sommes potineuses aguerries- nous connaissons la valeur de nos racontars. Dans son numéro de «La méchante», Marie-Lise Pilote ne disait-elle pas «Toute vérité n’est pas bonne à dire, mais un potin bien placé, ça fait toujours du bien!»?

Or, qu’arrive-t-il lorsqu’une blogueuse qui se racontait rencontre l’amour? Je vous le donne en mille, elle rencontre quelqu’un à qui se raconter, elle rencontre quelqu’un qui raconte à son tour. Beaucoup d’histoires, qui ne concernent plus souvent qu’autrement que les deux membres du couple, et qui, de fait, n’ont à leurs yeux aucune valeur marchande dans l’économie du potin.

Racontés une fois, ces menus potins n’ont plus à l’être…

Ce qui rend muettes les zamoureuses-blogueuses-potineuses.