Le Caïman

31 juillet 2007

Le fou Caïman est de retour sur son blogue!!! J’ai bien hâte de connaître ses folies…

Bonjour, Caïman!


Journal d’une vacancière – Semaine 1

31 juillet 2007

 

31/07/2007
Le ménage se poursuit. Aujourd’hui, c’était le tour des vieux journaux intimes. Tant de beaux cahiers choisis avec soin, qui ont été entamés sans jamais être conclus. Des histoires de coeur racontées avec les émotions de mes 15, 18 ou 20 ans… Je replonge, le temps de ces quelques pages. Quel coeur lourd! Ces feuillets sont empreints d’une tristesse profonde, d’un désespoir qui semblait intrinsèque. 20 ans à me demander où se trouvait ma place.

Puis arrive le temps du Tipiti, où mon journal devient un véritable agent planificateur. J’ai 23 ans, et avec peu de sagesse et une volonté de fer, je gère la patente. Tout y passe : l’heure des boires, la planification des repas, les finances familiales, la gestion de l’amaigrissement. Mon pauvre Sonpére a eu une patience d’ange…

Viennent ensuite, à 26 ans, les lettres à Sonpére -déjà mon ex- lors de son séjour à Kingston. Jamais ne nous sommes aimés comme depuis notre séparation. Chaque phrase dégage notre amitié, notre amour du Tipiti bien fait. Sourire.

Et puis… plus rien. Sinon, des courriels imprimés déposés pêle-mêle, uniques souvenirs de mes sentiments. Quelques années vagues, où je déambule doucement sans trop savoir où je vais.

… Jusqu’à ce blogue, qui fait OFFICE DE, je vous signale. La forme a changé, le fond aussi. 29 ans, et je me sens mieux que jamais. Stable émotionnellement, heureuse dans mon travail, heureuse dans mes relations personnelles. Unlion qui comprend, parce qu’il entend. Sensible, il écoute mes vibrations. Je suis toujours surprise lorsqu’il remarque un changement dans mon état émotif. Nous en discutons, il devient les pages de mon histoire. Avec Unlion comme lui, inutile de tenir un journal!


Laisse pas traîner ton fils

31 juillet 2007

Les vacances sont aussi pour Tipiti!

Je le regarde aller sur sa bicyclette – monture qu’il vient d’apprendre à maîtriser - en me disant qu’il a plus que nous tous besoin de ces vacances. Dans cet ordre : une nouvelle maison pour maman, une année scolaire, un nouvel amoureux pour Maman, une nouvelle amoureuse pour Papa… en plus de continuer l’éternel apprentissage. Je connais certaines personnes adultes qui ont déjà «callé off» pour beaucoup moins…

Sensible Tipiti, émotif Tipiti, bavard Tipiti. Plusieurs me disent que je le couve, que je cède à ses caprices. Ils ont sûrement raison, en regard de leurs propres valeurs. Ils ont même parfois raison en regard des miennes. 

Voici justement une histoire où plusieurs nous ont dit, à Sonpére et à moi, que de l’écouter serait céder à son caprice… 

Tipiti a commencé l’école cette année, en anglais de surcroît. Lui qui était reconnu pour sa douceur («cet enfant deviendra un bouc-émissaire») est devenu en moins d’un mois la véritable terreur de la maternelle : «je vais te casser les jambes».

Ses dessins, toujours romanesques, avec des fleurs, des soleils et des maman-aux-cheveux-rouges qui donne la main à un tipiti-au-grand-sourire qui donne lui-même la main à un papa-au-sourire-plus-grand, étaient devenus des tipiti-au-visage-barbouillé et des maîtresses-je-vais-la-dessiner-fâchée.

Puis, il a commencé à faire des cauchemars, à pleurer et… à encore moins écouter à l’école. Mon fils était-il devenu un monstre?

Rencontre avec les enseignants, les psychologues, la directrice… Sonpére et moi ne savions plus à quel saint nous vouer. «Il faut lui laisser le temps de s’adapter.» «C’est normal, il apprend.»

NON! Pour nous, ce n’était pas normal! Qui sont-ils, ces spécialistes, pour dire que le cheminement est le même pour tous les enfants? Qui sont-ils pour affirmer que TOUS les enfants s’adaptent à un nouveau milieu, à un nouveau mode de vie? NE SONT-ILS PAS CEUX QUI, JUSTEMENT, SAVENT QUE TOUS LES ENFANTS SONT DIFFÉRENTS?

«Mon coeur veut écouter, mais ma tête ne veut pas», disait notre Tipiti.

Le pauvre enfant, encore plus déboussolé que ses parents, était dans un état lamentable : même ses parents ne semblaient plus l’écouter!

Nous l’avons pourtant écouté. Personne n’est plus au fait de la personnalité de l’enfant que SES PARENTS. Ses parents qui, avant même qu’il ne soit capable de parler, comprenaient ses désirs en observant ses mimiques ou en distinguant ses pleurs. Nous n’attendrions certainement pas qu’un miracle se produise simplement pour un privilège linguistique!

Nous avons finalement décidé de le changer d’école : Tipiti a commencé en français au mois de décembre. Il n’aura fallu que 3 jours à Sainte-Madame-Anne pour remettre notre Tipiti sur la bonne route : celle de l’histoire d’amour avec l’école.

La barrière de la langue. Pour un enfant bavard, il ne s’agit pas d’une barrière séparant deux terrains, mais d’un trou noir séparant deux univers distincts.

Tipiti est, comme il se doit à cet âge, tombé amoureux de son enseignante. Voilà qui était pour rassurer mon coeur de mère. La première femme, outre celles de la famille proche, à faire chavirer le coeur du petit garçon DOIT être sa maîtresse. C’est elle qui lui donnera le goût de quitter sa mère et son père pour se rendre à l’école à tous les matins… jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle motivation!

Notre enfant nous parlait, dans son langage encore enfantin. Des signes. Des signes aussi subtils qu’un coup de deux par quatre dans l’front. Ça fesse, ça sonne, mais il faut se relever…

Aurait-il fini par s’adapter? Serait-il redevenu l’enfant doux et câlin qu’il était? Je ne le saurai jamais. Ce que je sais, c’est que jamais je n’ai regretté notre décision. Jamais je n’ai été aussi heureuse d’avoir «cédé aux caprices» de mon enfant de 5 ans.


Journal d’une vacancière – Semaine 1

30 juillet 2007

30/07/2007
Une journée souvenir…

C’est lundi, il est 8 heures du matin. Tipiti sommeille encore, les fesses en l’air, comme gonflées à l’hélium. Je caresse sa joue, elle est douce comme du sucre en poudre dans un pot. Il sourit dans son sommeil. Quand il sourit, ses yeux virent au demi-lune, comme les yeux que nous dessinions encore enfants sur l’éternel coucher de soleil souriant entre deux montagnes.

8h05, j’ai déjà la tête dans le fond du garde-manger, prête à faire un miracle d’un si petit cagibi. On pourrait me croire ayant mes règles, mais non! Je ne suis qu’en vacances…

À preuve, Tipiti se lève aussitôt après, et sans piper mot, attrape un linge et frotte avec moi. Arbeit macht frei? nhaaa! Les vacances rendent libre! (note, les fesses ont dégonflé, parce qu’il est plutôt toujours en train de se reposer dessus…)

Quelques ménages spéciaux de plus, et je repère au fond d’un bac un vieux toutou. Un guerrier. Une relique. Mon premier amour. Tirap. Tirap a été mon premier toutou, que j’ai reçu à l’âge de 3 ans. Ça lui fait… 26 ans. Plus vieux que Boumbette, en fait.

Tirap, un singe, était le commandant en chef d’une expédition intergalactique. Il voyageait à bord de notre sécheuse en compagnie de ses compères peluches. Il a également été champion intercontinental de lutte, mais il a transféré dans les méchants, alors j’étais fâchée contre lui. Je suis tout de même allée à son mariage (il était beau, un tuxedo!) et j’ai signé son contrat. Il était de tous les voyages, de toutes les aventures… Bonjour Tirap! (Bonjour Boumba!)

Boumba m’a suivie jusqu’au cinéma… Les Transformers! Wouahhh… Véritable bouffée d’enfance, coup de vigueur qui nous fait sortir de la salle en pépiant comme l’enfant qui nous accompagne! «tchi-tchu-tchou-tchu-tche-tchit» (entendre ici un Transfomers en pleine mutation)

Et puis, randonnée dans le sentier pédestre qui longe les Plaines d’Abraham. Monlion ouvrait la marche, suivi de Tipiti. Derrière, je regardais mes deux hommes, l’un taciturne, l’autre… bavard, comme toujours. Parfois, le soleil me jouait des tours : cette nuque foncée, cet air dégourdi, ce désir de mener d’un pas leste… n’était-ce pas Boumba, le Boumba de mon enfance, que Tipiti et moi suivions?
Faire du ménage, ça dépoussière les souvenirs, c’est certain.

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Bonne fête!

30 juillet 2007

Vieillir, c’est constater que nous aimons…

Le 27, je me suis levée SANS ÊTRE MARABOUT. J’ai regardé Monlion, et je me suis dit : «je l’aime». Je t’aime, Monlion.

Je suis allée me procurer du tabac. La jeune fille, de toute évidence plus jeune que moi, m’a demandé mes cartes. Aujourd’hui, tu peux me les demander tant que tu veux, ma belle… c’est signe que je ne vieillis pas! Je l’ai aimée ce court instant.

Je suis arrivée au travail, et dans le stationnement, mes collègues m’ont chanté «Joyeux anniversaire». Mes collègues sont gentils et je les aime.

J’ai mis sous tension ma bien-aimée machine, et j’ai lu les courriels de mes autres collègues. Ceux-là aussi, je les aime.

J’ai dîné avec Germaine la capitaine. Elle est hot, Germaine. Je l’aime!

J’ai répondu au téléphone pour le reste de la journée. Ma famille, je vous aime.

Le soir venu, j’ai quitté mon travail. Mes vacances, je vous aime.

J’ai rejoint avec Monlion (Je t’aime encore) mon Tipiti (Je t’aime), Ramama (Je t’aime encore), Boumba y Boumbette (Je vous aime), Caro (Je t’aime), et nous avons soupé au resto (mon bedon, je t’aime).

Enfin, j’ai lu mes mails outre-mer (Fraisinette, je t’aime), encore répondu au téléphone (mes amis, je vous aime).

Et puis…

J’ai fini la soirée exténuée, les jambes surélevées, parce que je faisais de la rétention d’eau.

On se fait «carter» au lever pour notre air de jeunesse; on se fait proposer une pilule au coucher pour notre air de vieillesse.

Vieillir, c’est constater que nous aimons… et que nous vieillissons.