Le bonheur, ça écoeure.
Ces espèces d’amoureux, qui ont l’impression d’être les premiers amoureux de la Terre (et les derniers), qui soupirent et qui tournent les yeux vers un horizon lointain, comme s’ils pouvaient y rejoindre l’objet de leurs pensées… ça me rend agressive.
Ils nous cassent les pieds avec leur tendre moitié, ils racontent des anecdotes qui n’émeuvent qu’eux-mêmes, ils jouent les supérieurs… soumis à leurs émotions et pulsions. Et que je te parle de lui, et que je te la montre, qu’il est gentil, qu’elle est belle!!! pffff Il sont certains qu’ils ont rencontré la personne de leur vie. Et pourtant, statistiquement, il y a certainement des centaines d’autres personnes avec qui l’union pourrait être possible.
Ils semblent surpris (ils ont l’air de pauvres ahuris) de vivre ce que des milliers d’autres vivent en même temps qu’eux, ce que des millions d’autres ont vécu avant eux. Revenez sur Terre!!!
Et bien moi, je vous le dis en mille : je suis maintenant une de ces énervantes. J’EN SUIS! Je me fais le porte-étendard de ces quétaines, qui se surprennent par tant de coïncidences. J’arbore fièrement la tronche de l’évaporée énamourée!
Allez-y, rationalisez, dites-moi que c’est «tout nouveau, tout beau», dites-moi que ce n’est que réaction chimique… Parlez-moi de statistiques de divorces, énumérez-moi toutes les histoires qui ont si bien commencé, mais qui ont tourné au vinaigre. Regardez-moi avec votre air condescendant et jugez-moi du haut de votre savoir amoureux. Je vous envoie sur les roses que Monlion m’a données et vous offre mon plus profond salut d’indifférence.
Soyez heureux pour moi ou pas, de toute façon, c’est le même tarif : indifférente à votre ennui et à votre manque de temps et/ou d’intérêt, j’ai bel et bien l’intention de vous faire bourdonner les oreilles de toutes les histoires mièvres de mon nouveau répertoire, de vous dire Ô combien il est beau, Ô combien il est gentil, Ô combien je suis la femme la plus chanceuse du Monde!
Je vous bourrerai à satiété, vous en vomirez d’ennui. Et je vous le jure sur mes beignes fourrés à la crème, lorsque vous croirez vous en être enfin tirés, je vous en gaverai à nouveau!
C’est une promesse.
Publié par Lalionne