Vendredi, j’ai réalisé que Monsieur Dufayel et l’orginal, Ramaman et le Feng shui avaient raison : j’ai sauté la barrière, j’ai saisi l’occasion au Tour de France, j’ai fait de la place dans mes armoires… Et mon nouvel emploi est entré par la grande porte.
Encore aujourd’hui, à l’ère de l’hyper-branché, de l’instantané, des conférences vidéo et des messageries directes, lorsque la bonne nouvelle s’exclame, on ne veut pas de ces bidules impersonnels.
Au 21e siècle, le téléphone qui sonne est une bonne nouvelle qui se trémousse.
On veut VIVRE sa bonne nouvelle, la signaler sur les boutons du téléphone, la répéter impatiemment dans sa tête à chaque sonnerie, la crier à l’interlocuteur avant de lui dire bonjour, et si possible, oublier de lui demander comment il va.
On voudrait la klaxonner à l’ancien ami à qui on ne parle plus (mais que l’on croise justement ce jour-là), la répéter sur tous les tons aux passants, et finalement la ressasser jusqu’à ce que l’on raccroche la ligne au nez de la dernière personne de notre carnet téléphonique (nous avions évidemment oublié de l’effacer de notre carnet pour cause de Guerre mondiale, celle-là!). Bref, on prendrait bien son porte-voix et ses panneaux d’homme-sandwich pour aller crier son avenir sur la rue!
Quand je suis devenue riche, j’ai tenté de vous appeler. Lorsque l’on a une bonne nouvelle, il n’y a personne pour l’entendre. Soit, j’ai jubilé toute seule, ou vous l’ai crié sur votre répondeur.
Au 21e siècle, les gens qui n’ont pas de répondeur sont des gens qui font patienter la nouvelle.
Vous ne perdez rien pour attendre, n’ayez crainte! Ma nouvelle sera simplement plus fignolée.
Mais… quand je suis devenue riche, mon Tipiti a réalisé que nous étions pauvres.
Nous sommes allés chez une copine de travail qui vit une vie parfaite en banlieue, mesurée à l’équerre, faite de bois teint, de maison quasi-dans-l’arbre et de Kirs d’après-midis sur le balcon géant.
Alors que nous étions seuls, j’ai demandé à Tipiti s’il aimait l’endroit. Il a répondu :
«Ils sont chanceux ; nous, on est pauvres.» — Tipiti
Et bien voilà. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre, il le réalise. Parce que Nous, on est PAUVRES. pauvre… en minuscules et pas de «s», parce qu’on n’a pas les moyens de se l’offrir.
Et même quand je suis devenue riche, vous savez bien que je ne veux pas lui offrir un monde de bois teint et d’équerre de banlieue!
Lui répondre quoi? Que l’argent ne fait pas le bonheur? Même si c’est vrai, il n’y croirait pas. À 6 ans, le bonheur, c’est de posséder une WII. Ouiiiii, une WII!
(Et ça se syndicalise, so-so-so-solidarité, ça découpe des images de Wii en guise de pancartes, ça fait du piquetage de l’autre côté du livre que l’on achève en préparant le souper ensoleillé, ça revendique, parents briseurs de grève «va te laver les mains», ça négocie une convention collective à un seul article intitulé WII et sans avantage en retour pour la partie patronale, ça argumente «Mais, Maman! Je vais te laisser jouer, des fois!»
… Lock-out «C’est l’heure d’aller au lit».)
Lui répondre quoi? Des mots, j’imagine. Seuls les mots arrivent à nous sortir d’un tel pétrin! Tipiti, ils ne sont pas chanceux!
«Apprendre la nuance. Ils sont riches ; nous, on est pauvres.» — Lalionne
Tipiti! Être riche permet uniquement de comprendre que ce n’est pas l’argent qui donne cet air de bonheur aux autres riches…
Mais être riche inquiète aussi. Garderai-je mon emploi? Mes amis m’aiment-ils parce que j’ai une WII? Suis-je en train de pourrir mon enfant? Comment être encore plus riche?
«Le sommeil inquiet est un sommeil de riche, moi, tout peut m’arriver [...]» — Le dictateur et le hamac / Daniel Pennac
Pourrai-je encore dormir sur mes deux oreilles? Aussi solidement, en étoile, en ronflant et en bavant, me permettant même la folie de la minute du matin?
(Vous savez, ce genre de minute où l’on se réveille 60 secondes avant que le réveil-matin ne sonne, où l’on replonge la tête dans l’oreiller en se comptant parmi les 5% d’élus sur Terre qui bénéficient encore d’une «grosse minute à dormir», qui pourrait, la minute, changer le cours de notre vie… On perpètre un vol d’une minute, à vol d’oiseau, un vol de banque à la volée, et l’on s’envole très loin, que l’on est bien, on engourdit, on n’entend plus… Zut, le réveil n’a pas sonné! On est en retard!)
Quand je suis devenue riche, je suis devenue moins soucieuse de mon quotidien (point.)
Mais quand je suis devenue riche, je suis devenue inquiète au quotidien (points de suspension…)
30 mai 2007 à 18:53 |
Que l’argent ne fait pas le bonheur? [...]À 6 ans, le bonheur, c’est de posséder une WII. Ouiiiii, une WII!
Ouaip… semble que le bonheur, à 29 ans, ce soit de posséder un petit hamster mésadapté qui danse et chante «Kung Fu Fighting» en poussant de petits «Yaaaaaa!!»…
Ouaip. Digne d’une rouquine tout ça!
30 mai 2007 à 18:58 |
Ayoye…
Si on cherche “Hamster mésadapté” sur Google.ca, le premier résultat provient directement de mon propre site web…
Vraiment. Même la numérologie ne pouvait prédire ça…
http://www.google.ca/search?hl=fr&q=hamster+m%C3%A9sadapt%C3%A9&meta=
http://img174.imageshack.us/img174/1143/hamstermesadaptervb5.jpg
30 mai 2007 à 22:12 |
Coco,
Tu as oublié d’ajouter le lien vers le vidéo de YouTube!