Surnommés (Réponse à Poisson)

24 mai 2007

La majorité des visiteurs de ce site connaissent ma passion pour l’écriture. Or, j’ai fait lire dernièrement le début d’un roman en processus d’écriture à un ami.

Cet ami se questionnait sur la pertinence d’utiliser des surnoms pour mes personnages au lieu de leur donner un prénom.

Et bien, ami Poisson, voici un texte daté d’avant-question. Une réponse antidatée, mais qui représente encore ma façon de penser postdatée (le comble de l’orgueil… se citer soi-même!) :

Pourquoi avons-nous la fâcheuse habitude de toujours donner un petit nom aux gens que nous aimons? Leur prénom, pourtant, leur a été donné dès leur naissance par des gens qui les avaient attendus, chéris et aimés! Ne pourrions-nous pas nous contenter de conserver ce prénom, choisi avec soin, réfléchi, analysé et évalué? 

Mais non! Il faut leur donner un autre nom, un nom que nous avons choisi personnellement. Créer l’intimité. Pennac, dans Comme un roman décrit cette intimité par l’enfant qui apprend à écrire et qui réalise que ces lettres qu’il trace forment des syllabes, puis un mot, et que ce mot représente enfin une idée précise :

«Des petits ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C’est écrit là, devant ses yeux, mais c’est en lui que cela éclôt! Ce n’est pas une combinaison de syllabes, ce n’est pas un mot, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une maman, c’est sa maman à lui, une transmutation magique infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain – et à jamais! – cessé d’être eux-mêmes, de n’être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page […] p46-47

Nous procédons sensiblement de la même façon avec nos animaux domestiques : leur trouver un nom est la première chose que nous faisons, avant même de leur avoir présenté leur nouveau domicile. Entre autres, c’est la seule façon d’en faire l’éducation. De les domestiquer. Dans le cas d’un chien, il est recommandé de trouver un nom à deux syllabes, car l’animal parviendra à le reconnaître très rapidement. Je suis le maître et je t’aime, je te donne donc un nom que tu reconnaîtras à mon intonation et au timbre de ma voix, et auquel tu répondras. «Dodo! Viens ici! »

Et pourtant, à y regarder de plus près, nous débaptisons nos animaux domestiques de la même façon que nous débaptisons nos proches. Combien de chats ont un nom (Patte blanche, Pantoufle, Moquette) qui n’est jamais utilisé, au profit du sempiternel, mais très câlin Minou?. «Il est à qui le minou?» Une fois domestiqué, on l’apprivoise. Toutefois, lorsque Minou fait une bêtise, il redevient Patte blanche ou Pantoufle… Le pauvre Minou, tellement peu habitué à entendre son vrai nom, en vient à ne plus s’y reconnaître.

Idem pour les humains : lors de conflits dans le couple, le Gros loup, Minou, Chéri, Mon amour redevient un Robert Sauvé… (en un élan : robertsauvé! Indissociables, les prénoms et noms, en cas de frustration! Toi! Toi là, que j’identifie avec tous les noms qui figurent sur ton certificat de naissance, toi, robertsauvé, je suis très fâchée contre toi.) «Robertsauvé!!!! Tu m’avais dit huit heures!»

Est-ce à dire que le nom original ne sert qu’à déterminer l’appartenance et à faire l’éducation relationnelle, pour ensuite être remplacé par les jolis petits surnoms démontrant de façon claire l’affection et le statut de la relation? Nous sentons-nous dans l’obligation de donner un nouveau nom, une fois la relation bien établie, afin que l’être aimé ait un sentiment d’appartenance?

Domestiquons-nous nos amours, pour ensuite les apprivoiser réellement?

En somme, les surnoms sont pour moi une façon d’apprivoiser mes personnages, comme mes amis. Votre surnom représente tout ce que je vois en vous. C’est avec ce surnom que je vous imagine, que je vous aime… dans toute ma relativité.

Poisson, Coco, Sonpére, Boumba, Boumbette, Tipiti, Ti-Brin, Tappe-la-brouette, Ramaman, Flemmard, Coolap, Grominou, Frankie-Baby, Mom, Bob, Caro, Jack Bauer et tutti quanti… Pour moi, ces surnoms sont vos prénoms usuels, que j’ai choisis avec autant de soin que vos parents ont choisi l’autre…


Un bon soda

24 mai 2007

Plus jeune, j’avais un coloc, Ti-Brin.

Ti-Brin était à l’époque aussi fana de la télé que je suis fana de mon ordi. Un jour, la télévision a rendu l’âme, en plein milieu du salon. Ti-Brin en avait eu le coeur brisé. Une véritable peine d’amour! Émotif, il avait écrit sa première chanson : The tv’s broken.

Depuis, Ti-Brin a toujours écrit, il a toujours chanté. Il a aussi beaucoup évolué…

Ti-Brin sort encore une fois de son terrain vacant. Vous pourrez le voir chanter avec DeGrey au Club Soda le 26 mai prochain.


Les araignées

24 mai 2007

Comme chacun le sait, Suzanne et moi sommes unies par des toilettes.

Depuis que j’ai créé mon blogue, Suzanne a débuté le sien. De fait, par le biais de ce blogue, je découvre une autre Suzanne : une douceur, une émotivité beaucoup plus grande que ce que les toilettes peuvent déclancher en elle. Comme une odeur de…

Par contre, elle a des araignées dans le plafond. Elle est présentement en pleine étude afin de vérifier si elle a, justement, des araignées au plafond. Au demeurant, l’acte de se questionner sur un blogue concernant les araignées fait déjà office de preuve…

Visitez son blogue!

Géniale Suzanne


Les aventures de Gaétan

24 mai 2007

Mars 2007 : Armé de ses caméras, Gaétan tente d’identifier un vandaliste.

La cause de ce méfait semble être le savon à mains des salles de bain de l’édifice. Le contrevenant, toujours inconnu à ce jour, avait procédé en plusieurs étapes. Les faits :

  1. Changement de savon dans les différentes salles de bain de l’édifice.
  2. Utilisation du nouveau savon à mains dans les toilettes des hommes du 2e étage. Frustration.
  3. Apposition de mémos sur les miroirs de la salle de bain du 2e étage. Dixit le mémo : «on est tannés du savon qui pue!»
  4. Aucun soutien n’est offert, du genre gestion du changement, aux employés face à ce nouvel élément perturbateur. Où sont les Ressources humaines?
  5. À bout de souffle, déterminé à en finir avec la vie, le contrevenant plonge : il ARRACHE la boîte distributrice de savon (elle était fixée au mur à l’aide de vis), et vide le savon dans une des toilettes disponibles.
  6. Le savon à mains a été changé dans toutes les toilettes de l’édifice.
  7. Gaétan n’a toujours pas résolu cette affaire.

Nous demandons la collaboration du public. Pour fournir des informations, contactez Gaétan.

Avril 2007 : Armé de ses congés, Gaétan commence à pratiquer l’absentéisme.

Et puis… les événements se bousculent.

11 Mai 2007 : Armé de ses caméras, Gaétan observe les arrivants dans l’édifice.

Son objectif : informer l’ensemble des employés que le Buffalo Pizza est maintenant ouvert. Les faits:

  1. Gaétan apprend la bonne nouvelle.
  2. Gaétan répand, selon la tradition orale, la bonne nouvelle.
  3. Gaétant trouve que trop de gens ne savent pas encore la bonne nouvelle.
  4. Gaétan appose des menus sur tous les babillards des différents étages de l’édifice.
  5. Gaétan dépose une pile de menu sur son comptoir.
  6. Gaétan est content.
  7. Gaétan mange un lunch du Buffalo Pizza.

15 Mai 2007 : Armé de ses caméras, Gaétan traque un mauvais garnement.

Les faits :

  1. Dès son arrivée sur les lieux, Gaétan observe les dégats : des belles traces de pneus, traction arrière selon lui, devant l’entrée principale.
  2. Gaétan contacte la police.
  3. Armé de ses caméras, Gaétan fournit des images fixes des actes du méchant conducteur.
  4. À ce jour, Gaétan soupire encore à tous les matins en voyant les traces devant la porte principale.

18 Mai 2007 : Armé de son cellulaire, Gaétan sauve un employé en détresse.

Les faits:

  1. 17h30. Gaétan quitte l’édifice, prenant soin de verrouiller toutes les portes.
  2. Un employé consciencieux décide de travailler après 18h00.
  3. Son boulot terminé, l’employé modèle tente de quitter les lieux sans sa carte d’accès.
  4. Sans succès.
  5. L’employé modèle appelle le chef de service.
  6. Sans succès.
  7. L’employé modèle regarde son menu du Buffalo Pizza.
  8. L’employé modèle appelle Gaétan.
  9. Armé de son cellulaire, Gaétan guide l’employé modèle comme le fait Chloe avec Jack Bauer et lui permet de repérer une carte d’accès.
  10. L’employé modèle sort avec succès.
  11. L’employé modèle devrait payer un lunch au Buffalo Pizza pour Gaétan.

22 mai 2007 : Armé de ses caméras, Gaétan sauve une employée en détresse.

Les faits :

  1. 12h00. L’employée se dirige vers sa voiture pour aller prendre un bon repas.
  2. 12h01. L’employée observe le stationnement.
  3. 12h02. L’employée panique.
  4. 12h02. L’employée n’as plus de voiture!
  5. L’employée retourne à l’intérieur et en discute avec Gaétan.
  6. Armé de ses caméras, Gaétan observe les événements des heures précédentes dans le stationnement Ouest.
  7. La preuve y est : un remorqueur est venu récupérer la voiture. L’employée n’avait pas demandé de remorquage.
  8. Gaétan gère le tout comme un pro, le remorqueur retourne la voiture à son emplacement.
  9. L’employée devrait payer un lunch au Buffalo Pizza pour Gaétan.

24 mai 2007 : Armé de ses congés, Gaétan s’absente encore!

Gaétan mènerait-il une double vie?

Gaétan, agent double.