Lettre à Poisson

15 mai 2007

Bonjour Poisson,

Tu te souviens, notre histoire a commencé pas une lettre? Emballée, subjuguée par ta rencontre, je t’avais écrit une lettre, que j’avais même pris la peine de t’envoyer par la poste, avec timbre et tout…

Alors que je m’attendais à une réplique comme  : «Tu es folle?», tu m’avais laissée vivre ma folie. Tu y as même pris part, y ajoutant ta propre excentricité.

Puis, les écrits ont pris une large part dans notre liaison. Nous disions pratiquement plus que ce que nous vivions. J’aimais cette drôle d’union, faite de mots, de métaphores, de contradictions. Et maintenant que je dois te dire adieu, je ne trouve plus de mots… Peut-être ont-ils déjà tous été dits.

Quelle euphorie! Quelle joie, que de t’avoir eu dans ma vie! Élogieuse de la lettre du début à celle de la fin, je n’ai qu’une chose à dire : merci Poisson.

Merci, mon raffiné. 

Jamais fidèle, mais toujours loyale, je reste ici. Je t’aime beaucoup, et je demeure ton porte-avions : reviens me voir, ami Poisson, je naviguerai toujours dans tes eaux.

Lionne xxx

P.S. Qu’est-ce qu’on s’est marrés!


Fais ce que tu voudras (Adieu Poisson)

15 mai 2007

Mère lit peu. Littérature légère, pop psychologie, croissance personnelle, voilà les seuls sujets qui arrivent à la tenir d’une couverture à l’autre. Lis, Mère, lis tout ce que tu voudras. Lis les journaux à potins, lis les publicités, mais lis!

Dernièrement, Mère lisait un livre sur le feng shui. Entres autres choses, elle me disait que pour qu’une chose arrive dans notre vie, il fallait lui faire la place.

Ce que j’ai fait : j’ai fait de la place dans mes relations.

Qu’elle soit amicale, amoureuse ou professionnelle, changer la dynamique d’une relation a toujours ses répercussions.

Je suis passionnée. Coco dirait : «intense, la rouquine», et il aurait bien raison. Lorsque se présente un petit inconfort, je le perçois beaucoup plus intensément que la moyenne des gens : il faut que j’y remédie.

Intense, la rouquine, j’ai décidé d’aérer mes vieux corridors. J’ai débuté avec mes relations professionnelles, pour terminer avec mes relations de coeur. Résultat : aujourd’hui, j’ai demandé à Poisson s’il acceptait de n’être que mon ami, sans plus.

J’avais une relation privilégiée avec Poisson : j’avais confiance en lui, j’aimais ce qu’il était, je l’aimais. Poisson était pour moi un idéal. Beau comme un ange de javel, intelligent, sensible, drôle, intéressant, spontané et ouvert (tellement ouvert!). Il avait su me montrer ses faiblesses, je lui avais même avoué les miennes. Il m’a redonné l’assurance que j’avais perdue. En fait, j’irais même jusqu’à dire que c’est cette assurance qui m’a poussée à effectuer des changements dans ma vie.

Je sais que ce genre de relation est rare, mais je veux l’amour! Je veux faire de la place à une relation amoureuse! Et cela était impossible tant que mon Poisson occuperait toutes mes pensées…

Alors… Poisson a refusé. Changer notre dynamique ne lui convenait pas. Il m’a larguée.

J’étais satisfaite d’avoir pensé à moi… (10/10 pour la pensée égoïste) mais si triste de devoir lui dire adieu!

J’ai pleuré. J’aurais eu envie de lui chanter, comme Céline Dion dans ses premières années:

Fais ce que tu voudras
Fais ce que tu veux
Mais reste ici… 

Puis, je me suis saoulée, comme une belle dinde. Comme si l’alcool allait changer quelque chose à ce malaise que je ressentais! Une seule réelle action possible: écrire…