Visitez-vous!

28 mai 2007

Vous vous retrouverez dans la section «Ça vous obligera à vous mettre à jour». (À droite, en bas complètement.)

Effectivement, ça vous obligera à vous mettre à jour…

N’hésitez pas à me faire part des sites à ajouter!

Le dernier en liste :

Site commercial du fermier vert et copain d’enfance (Copain du primaire! déjà presque 20 ans). Savonnerie artisanale, La Bergerie du Nord offre des savons au lait de brebis : La Bergerie du Nord.

Pour ceux de mon secteur (majoritaires…), vous trouverez leurs produits  à cet endroit :
Le Trousseau d’Antan
19, rue St-Pierre
Québec


Quand je suis devenue riche

26 mai 2007

Vendredi, j’ai réalisé que Monsieur Dufayel et l’orginal, Ramaman et le Feng shui avaient raison : j’ai sauté la barrière, j’ai saisi l’occasion au Tour de France, j’ai fait de la place dans mes armoires… Et mon nouvel emploi est entré par la grande porte.

Encore aujourd’hui, à l’ère de l’hyper-branché, de l’instantané, des conférences vidéo et des messageries directes, lorsque la bonne nouvelle s’exclame, on ne veut pas de ces bidules impersonnels.

Au 21e siècle, le téléphone qui sonne est une bonne nouvelle qui se trémousse.

On veut VIVRE sa bonne nouvelle, la signaler sur les boutons du téléphone, la répéter impatiemment dans sa tête à chaque sonnerie, la crier à l’interlocuteur avant de lui dire bonjour, et si possible, oublier de lui demander comment il va.

On voudrait la klaxonner à l’ancien ami à qui on ne parle plus (mais que l’on croise justement ce jour-là), la répéter sur tous les tons aux passants, et finalement la ressasser jusqu’à ce que l’on raccroche la ligne au nez de la dernière personne de notre carnet téléphonique (nous avions évidemment oublié de l’effacer de notre carnet pour cause de Guerre mondiale, celle-là!). Bref, on prendrait bien son porte-voix et ses panneaux d’homme-sandwich pour aller crier son avenir sur la rue!

Quand je suis devenue riche, j’ai tenté de vous appeler. Lorsque l’on a une bonne nouvelle, il n’y a personne pour l’entendre. Soit, j’ai jubilé toute seule, ou vous l’ai crié sur votre répondeur.

Au 21e siècle, les gens qui n’ont pas de répondeur sont des gens qui font patienter la nouvelle.

Vous ne perdez rien pour attendre, n’ayez crainte! Ma nouvelle sera simplement plus fignolée.

Mais… quand je suis devenue riche, mon Tipiti a réalisé que nous étions pauvres.

Nous sommes allés chez une copine de travail qui vit une vie parfaite en banlieue, mesurée à l’équerre, faite de bois teint, de maison quasi-dans-l’arbre et de Kirs d’après-midis sur le balcon géant.

Alors que nous étions seuls, j’ai demandé à Tipiti s’il aimait l’endroit. Il a répondu :

«Ils sont chanceux ; nous, on est pauvres.» — Tipiti

Et bien voilà. Il fallait bien qu’un jour ou l’autre, il le réalise. Parce que Nous, on est PAUVRES. pauvre… en minuscules et pas de «s», parce qu’on n’a pas les moyens de se l’offrir.

Et même quand je suis devenue riche, vous savez bien que je ne veux pas lui offrir un monde de bois teint et d’équerre de banlieue!

Lui répondre quoi? Que l’argent ne fait pas le bonheur? Même si c’est vrai, il n’y croirait pas. À 6 ans, le bonheur, c’est de posséder une WII. Ouiiiii, une WII!

(Et ça se syndicalise, so-so-so-solidarité, ça découpe des images de Wii en guise de pancartes, ça fait du piquetage de l’autre côté du livre que l’on achève en préparant le souper ensoleillé, ça revendique, parents briseurs de grève «va te laver les mains», ça négocie une convention collective à un seul article intitulé WII et sans avantage en retour pour la partie patronale, ça argumente «Mais, Maman! Je vais te laisser jouer, des fois!»

… Lock-out «C’est l’heure d’aller au lit».)

Lui répondre quoi? Des mots, j’imagine. Seuls les mots arrivent à nous sortir d’un tel pétrin! Tipiti, ils ne sont pas chanceux!

«Apprendre la nuance. Ils sont riches ; nous, on est pauvres.» — Lalionne

Tipiti! Être riche permet uniquement de comprendre que ce n’est pas l’argent qui donne cet air de bonheur aux autres riches…

Mais être riche inquiète aussi. Garderai-je mon emploi? Mes amis m’aiment-ils parce que j’ai une WII? Suis-je en train de pourrir mon enfant? Comment être encore plus riche?

«Le sommeil inquiet est un sommeil de riche, moi, tout peut m’arriver [...]» — Le dictateur et le hamac / Daniel Pennac

Pourrai-je encore dormir sur mes deux oreilles? Aussi solidement, en étoile, en ronflant et en bavant, me permettant même la folie de la minute du matin?

(Vous savez, ce genre de minute où l’on se réveille 60 secondes avant que le réveil-matin ne sonne, où l’on replonge la tête dans l’oreiller en se comptant parmi les 5% d’élus sur Terre qui bénéficient encore d’une «grosse minute à dormir», qui pourrait, la minute, changer le cours de notre vie… On perpètre un vol d’une minute, à vol d’oiseau, un vol de banque à la volée, et l’on s’envole très loin, que l’on est bien, on engourdit, on n’entend plus… Zut, le réveil n’a pas sonné! On est en retard!)

Quand je suis devenue riche, je suis devenue moins soucieuse de mon quotidien (point.)

Mais quand je suis devenue riche, je suis devenue inquiète au quotidien (points de suspension…) 


Ninja Jago

25 mai 2007

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Star Wars. 30 ans… Pratiquement la vie entière de Boumba, l’un des plus grands fans. Bonne fête Star Wars, bonne fête Boumba!

Voilà déjà quelques jours que l’idée me turlupine d’écrire à Boumba. C’était son anniversaire le 21 mai, et depuis, je cherche quoi dire!

C’est que Boumba, c’est mon précieux, et je l’ai toujours gardé pour moi. Je peux bien vous le prêter en quelques lignes (un livre serait insuffisant!), mais… je vous le prête uniquement. Top chrono!

Boumba représente pour moi le Monde avec un grand M.

C’est d’abord le grand frère qui me traînait dans toutes ses aventures. C’est des mottes de neige lancées à partir d’un giga-fort, des têtards, des masters du ballon prisonnier, lui-pis-catherine-contre-le-punch, des ti-bonhommes de Star Wars dans la rocaille, ma tite vache a mal aux pattes…

…oh y reste Han Solo dans le bouleau en arrière, des grimpages sur les murs, des biscuits Oreo, des randonnées de ski-doo volées aux cousins ponponneux, des concours d’engloutissage de crêpes, des tunnels de terre, des fusils à rayon lumineux, des toutous dans la chute à linge, du lait au chocolat.

Boumba, c’est la fin de l’enfance qui s’est vue devenir maîtresse au foyer, 

  • qui signait mes devoirs et mes bulletins mais menaçait de préférer un de nos toutous à un autre, 
  • qui s’assurait que je mange tout mon Kraft Diner mais pas tous les biscuits,
  • qui m’apprenait le Commodore 64 et comment faire la lessive,
  • qui lavait la vaisselle pendant que j’essuyais,
  • qui me défendait devant l’ivresse des 5 à 7 prolongés de l’autorité parentale mais me faisait la prise en quatre ou le marteau-pilon pendant ce temps.

Il est aussi son cousin Jipidougne, les amourettes de l’adolescence aux Chevaliers de Colomb, les coups malicieux et les disparitions surprenantes. MAIS où est Jipidougne?

Et puis, c’est Luke Skywalker. Droit comme la justice, il a été tenté une fois, une seule, par le côté obscur : l’appât du gain. Il s’en souviendra.

Il a aussi été le roi Dagobert. 33 soirs en ligne (même les mardis, Boumba?). C’est le raver qui rentrait à la maison au petit matin et qui réveillait sa petite soeur d’une descente du coude à la Hogan pour un rave à deux dans le sous-sol, en pyjama à pattes. (Ou le cégépien qui a préféré abandonner ses cours pour un tournoi de NHL 94.)

C’est aussi Robert Smith, l’homme vêtu de noir qui pleure à tous les films, émotif, aimant, mais qui donne des baisers à sa famille au compte-goutte. C’est celui qui accumule les souvenirs au rythme des Cure.

C’est Ninja Jago qui court de l’arrêt d’autobus à la maison, qui court du travail à la maison, qui court au soccer, qui court au baseball, qui court vite comme Forrest avec ses souliers rouges… Qui court avec une seule litanie en tête : NINJA JAGO.

Boumba, c’est un lunch préparé, un simple sandwich-jambon-moutarde, que l’on apporte à l’école et qui réjouit pour la vie. C’est le jeune adulte qui travaille comme plongeur au salaire minimum en chantant, revient en courant, paye tous les frais de subsistance pour lui et sa soeur… mais ne demande rien en retour, si ce n’est la satisfaction que celle-ci excelle dans ses cours.

Boumba, c’est Ti-men. C’est la concentration de Tipiti sur son ordinateur, son regard sourcils-froncés pendant l’effort, sa logique et ses casse-tête, son envie de jouer seul… même si tout le monde veut toujours jouer avec lui. 

Boumba, c’est une dizaine de colocs, mais une chambre à coucher où rien n’a semblé vivre à part lui et un ordinateur et des bonhommes de WOW, Everquest et NHL…

…jusqu’à Boumbette.

Parce que Boumba, c’est Boumbette. Boumba y Boumbette. Impossible de dire si ces deux-là s’appelaient ainsi avant leur rencontre, ni qui est devenu un Boum avant l’autre, ils vont ensemble, c’est tout. Lorsque l’on demande à Boumba pourquoi il aime Boumbette, voici sa réponse :

«Boumbette, elle est magique.»

Enfin, Arnaque est devenu Boumba. Le chien à l’image du maître, ils marchent la tête bien droite, le dos arqué, la fierté dans l’oeil : «Tu as vu avec qui je suis?»

Boumba, c’est moi, mais en mieux.


Surnommés (Réponse à Poisson)

24 mai 2007

La majorité des visiteurs de ce site connaissent ma passion pour l’écriture. Or, j’ai fait lire dernièrement le début d’un roman en processus d’écriture à un ami.

Cet ami se questionnait sur la pertinence d’utiliser des surnoms pour mes personnages au lieu de leur donner un prénom.

Et bien, ami Poisson, voici un texte daté d’avant-question. Une réponse antidatée, mais qui représente encore ma façon de penser postdatée (le comble de l’orgueil… se citer soi-même!) :

Pourquoi avons-nous la fâcheuse habitude de toujours donner un petit nom aux gens que nous aimons? Leur prénom, pourtant, leur a été donné dès leur naissance par des gens qui les avaient attendus, chéris et aimés! Ne pourrions-nous pas nous contenter de conserver ce prénom, choisi avec soin, réfléchi, analysé et évalué? 

Mais non! Il faut leur donner un autre nom, un nom que nous avons choisi personnellement. Créer l’intimité. Pennac, dans Comme un roman décrit cette intimité par l’enfant qui apprend à écrire et qui réalise que ces lettres qu’il trace forment des syllabes, puis un mot, et que ce mot représente enfin une idée précise :

«Des petits ponts, des boucles, des ronds… et… maman! C’est écrit là, devant ses yeux, mais c’est en lui que cela éclôt! Ce n’est pas une combinaison de syllabes, ce n’est pas un mot, ce n’est pas un concept, ce n’est pas une maman, c’est sa maman à lui, une transmutation magique infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts… mais qui ont soudain – et à jamais! – cessé d’être eux-mêmes, de n’être rien, pour devenir cette présence, cette voix, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page […] p46-47

Nous procédons sensiblement de la même façon avec nos animaux domestiques : leur trouver un nom est la première chose que nous faisons, avant même de leur avoir présenté leur nouveau domicile. Entre autres, c’est la seule façon d’en faire l’éducation. De les domestiquer. Dans le cas d’un chien, il est recommandé de trouver un nom à deux syllabes, car l’animal parviendra à le reconnaître très rapidement. Je suis le maître et je t’aime, je te donne donc un nom que tu reconnaîtras à mon intonation et au timbre de ma voix, et auquel tu répondras. «Dodo! Viens ici! »

Et pourtant, à y regarder de plus près, nous débaptisons nos animaux domestiques de la même façon que nous débaptisons nos proches. Combien de chats ont un nom (Patte blanche, Pantoufle, Moquette) qui n’est jamais utilisé, au profit du sempiternel, mais très câlin Minou?. «Il est à qui le minou?» Une fois domestiqué, on l’apprivoise. Toutefois, lorsque Minou fait une bêtise, il redevient Patte blanche ou Pantoufle… Le pauvre Minou, tellement peu habitué à entendre son vrai nom, en vient à ne plus s’y reconnaître.

Idem pour les humains : lors de conflits dans le couple, le Gros loup, Minou, Chéri, Mon amour redevient un Robert Sauvé… (en un élan : robertsauvé! Indissociables, les prénoms et noms, en cas de frustration! Toi! Toi là, que j’identifie avec tous les noms qui figurent sur ton certificat de naissance, toi, robertsauvé, je suis très fâchée contre toi.) «Robertsauvé!!!! Tu m’avais dit huit heures!»

Est-ce à dire que le nom original ne sert qu’à déterminer l’appartenance et à faire l’éducation relationnelle, pour ensuite être remplacé par les jolis petits surnoms démontrant de façon claire l’affection et le statut de la relation? Nous sentons-nous dans l’obligation de donner un nouveau nom, une fois la relation bien établie, afin que l’être aimé ait un sentiment d’appartenance?

Domestiquons-nous nos amours, pour ensuite les apprivoiser réellement?

En somme, les surnoms sont pour moi une façon d’apprivoiser mes personnages, comme mes amis. Votre surnom représente tout ce que je vois en vous. C’est avec ce surnom que je vous imagine, que je vous aime… dans toute ma relativité.

Poisson, Coco, Sonpére, Boumba, Boumbette, Tipiti, Ti-Brin, Tappe-la-brouette, Ramaman, Flemmard, Coolap, Grominou, Frankie-Baby, Mom, Bob, Caro, Jack Bauer et tutti quanti… Pour moi, ces surnoms sont vos prénoms usuels, que j’ai choisis avec autant de soin que vos parents ont choisi l’autre…


Un bon soda

24 mai 2007

Plus jeune, j’avais un coloc, Ti-Brin.

Ti-Brin était à l’époque aussi fana de la télé que je suis fana de mon ordi. Un jour, la télévision a rendu l’âme, en plein milieu du salon. Ti-Brin en avait eu le coeur brisé. Une véritable peine d’amour! Émotif, il avait écrit sa première chanson : The tv’s broken.

Depuis, Ti-Brin a toujours écrit, il a toujours chanté. Il a aussi beaucoup évolué…

Ti-Brin sort encore une fois de son terrain vacant. Vous pourrez le voir chanter avec DeGrey au Club Soda le 26 mai prochain.